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Bonjour | 04/07/2009 10:17 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les stocks des produits importés disponibles au pays pourraient s’épuiser d’ici deux à trois mois. L’alerte a été donnée mardi par le ministre de l’intérieur, Denis Kalume, en marge de la con­férence des gouverneurs qui se tient à Kinshasa. Aussi a-t-il exhorté les participants à réfléchir sur les stratégies de prévention des pénuries alimen­taires. Ce membre du gouvernement a en fait re­layé les échos en provenance de l’extérieur et faisant état d’une crise généralisée des produits alimentaires à travers la planète, sur fond de su­renchérissement des produits pétroliers, dont le baril a dépassé la barre de 120 dollars USD. A l’image du choc pétrolier de 1973, le pays d’Afrique vont être frappés de plein fouet par la raréfaction des produits alimentaires.

Le gaspillage

Pendant les 32 ans de la Seconde République et les 16 ans d’une interminable transition, la RDC a tourné le dos aux infrastructures de base. En lieu et place d’une politique planifiée de construction des routes, des chemins de fer, d’aéroports, de ports pour la bonne cir­culation des personnes et de leurs biens, les gouvernants ont investi dans l’accumula­tion d’empires immobiliers et des parcs automobiles indivi­duels, des dépenses de pres­tige à Kinshasa, la multiplica­tion des missions ruineuses à l’étranger, l’évasion des capi­taux.

La politique a été transformée en une officine d’enrichissement rapide et sans cause, au détriment du grand nombre. Pendant que le Congolais moyen survit avec moins d’un dollar par jour, le ministre, le député ou le sénateur s’en tire chaque mois avec 5.000 fois plus, sans compter une panoplie de privilèges liés à la fonction. Pour se défendre, certains élus du peuple s’insurgent contre le nivellement salarial par le bas. Une telle logique pouvait tenir la route s’il exis­tait au pays une justice distri­butive du revenu national.
 
Or, le constat de l’heure est qu’il y a une caste de privilégiés qui s’accaparent des riches­ses nationales, mettant la République dans l’incapacité de nourrir ses filles et fils.

La RDC sans stratégie agro-alimentaire
 
La République Démo­cratique du Congo voit venir le danger de la famine, mais se retrouve sans stratégie agro-alimentaire pour y faire face. Pour ne prendre que les dix dernières années de la transition, notre pays a fait le choix de vivre essentielle­ment de la vente de ses pro­duits miniers. C’était, d’une part, pour soutenir l’effort de guerre aussi bien dans la lo­gique du gouvernement de Kinshasa que dans celle des mouvements rebelles, maî­tres des républiquettes de fait créées entre 1998 et 2003 et, d’autre part, pour entretenir la nouvelle bourgeoisie poli­tique congolaise. Beaucoup des moyens financiers de l’Etat et des rébellions ont été engloutis dans des dépenses de prestige, à l’image des « éléphants blancs » de la se­conde république, dans les années du boom du cuivre et du cobalt. L’agriculture, l’éle­vage et la pêche, décrétés priorités des priorités dans les discours officiels, n’ont jamais bénéficié, dans le budget national, des crédits conséquents, indispensables à la création de l’abondance alimentaire. Comme sous la Deuxième République, la RDC a souscrit un abonne­ment permanent aux produits alimentaires importés chin­chards, riz, poulet, viande, sucre, lait, tomate, oignons, huile, sel, poissons salés, haricot, arachide, pomme de terre, eau minérale, charcu­terie, bonbon, chocolat, etc. Ainsi, chaque mois, sinon chaque semaine, des millions de dollars sont affectés aux achats d’aliments à l’étran­ger pendant que les poissons meurent de vieillesse dans les Lacs Albert, Edouard et Tanganyika ; le riz pourrit dans les greniers de l’Equa­teur et du Maniema,  le ma­nioc moisit dans les champs de Bandundu et du Bas-Con­go,  la pomme de terre et la viande cherchent preneurs sur les collines du Nord et du Sud-Kivu ; les palmiers se désagrégent dans la forêt de Bandundu...

A quand la relance de la production intérieure ?

A court terme, si la RDC tient réellement à pré­céder la crise alimentaire, elle devrait rapidement traduire en actes les récentes mesu­res gouvernementales relati­ves à la révision à la baisse des taxes à l’importation des biens de consommation cou­rante. Un tel geste pousserait sûrement les opérateurs éco­nomiques à s’investir dans le renouvellement des stocks, en vue de parer au plus pres­sé. Mais baisser les taxes douanières et administratives signifie: réduire les recettes de l’Etat et, à la longue, faire imploser le budget national. Visiblement, les finances pu­bliques ne sauraient supporter longtemps une telle option de gouvernance.

Le challenge qui vaut réellement la chandelle, c’est celui de la réhabilitation des routes de desserte agricole, du draguage du fleuve Con­go et des principaux cours d’eau navigables, de la modernisation des aéroports et chemins de fer, de l’élargis­sement des pâturages, de la mécanisation de l’agriculture et de la pèche, de l’améliora­tion des semences, etc. Pour cela, il faut que l’Etat consen­te au secteur de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche les fonds compatibles avec les besoins alimentaires du pays. Le pays a besoin d’une grande synergie entre les centres de production et ceux de consommation. Jusqu’ici, l’Etat congolais n’a pas en­core élaboré une réelle poli­tique de production intérieure de ce dont ses populations ont besoin pour s’alimenter en quantité suffisante.

Le train de vie de l’Etat à revoir aussi à la baisse

Parallèlement à la baisse des taxes à l’importa­tion sur les produits alimen­taires et autres de première nécessité, les animateurs des institutions tant nationa­les que provinciales devraient revoir aussi à la baisse leur train de vie. C’est fort inquiétant de voir le Trésor Public congolais canaliser mensuel­lement des fonds monstrueux dans la rémunération des mi­nistres, députes, sénateurs, gouverneurs, ministres et députés provinciaux,  manda­taires publics, alors que les vraies priorités, notamment alimentaires, éducationnel­les, routières, sanitaires, sé­curitaires... ne sont pas sa­tisfaites.

Pour d’aucuns,  au lieu que des millions de dol­lars aillent dans les achats de grosses cylindrées pour les animateurs des institutions nationales et provinciales, cet argent pourrait servir à des travaux de réhabilitation des voies de communication. Car, sans une volonté affirmée de désenclavement de l’arrière ­pays, il n’est pas possible de réaliser l’interconnexion en­tre les centres urbains et les campagnes, pourvoyeuses du pays en denrées alimentaires.

(Milor)

Kimp./Le Phare

Last edited: 09/05/2008 16:32:33

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