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Bonjour | 12/05/2008 6:47 | English Make DC Home page | RSS feed

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Sous les auspices du Premier ministre Antoine Gizenga Fundji, les gouverneurs des provinces, des ministres du gouvernment central, des représentants de la présidence de la République ainsi que des ministres provinciaux chargés de l’Administration du Territoire et du Développement agricole sont en réunion de travail depuis mardi 6 mai 2008 à l’Hôtel du Gouvernement. A l’ouverture des travaux, Antoine Gizenga a souli­gné que ceux-ci devraient permettre non seulement de faire le point sur les pro­grès accomplis dans le pro­cessus de décentralisation, mais aussi d’accroître la compréhension et les con­sidérations mutuelles dans le respect des prérogatives
légales de chacun.

« Nous sommes tous au service d’un seul et unique peuple qui nous a placés comme ses dirigeants pour le conduire vers un destin meilleur », a-t-il exhorté.

Pour sa part, Dénis Kalume, ministre de l’inté­rieur, a indiqué que cette conférence des gouverneurs a été décidée lors du Conseil des ministres tenu à Matadi il y a un mois. Selon lui, ce rendez-vous est motivé par trois raisons fon­damentales.

D’abord, relever les expériences vécues et le chemin parcouru depuis l’amorce du processus de décentralisation. Ensuite, prendre des dispositions pratiques pour sécuriser les personnes et les biens afin de mieux rétablir l’autorité de l’Etat mis à mal par la période des conflits. Enfin, prendre des mesures d’ur­gence face à la crise alimen­taire qui frappe le monde et surtout les pays en dévelop­pement qui dépendent de l’importation des biens de première nécessité.

« Lors du dernier Conseil  des ministres, le gouverne­ment avait pris des résolu­tions pour que la RDC soit indépendante durant cette crise », a-t-il indiqué.

Concernant l’épi­neuse question de rétention des 40% de la production nationale à la source, De­nis Kalume a déclaré que ce point fait partie de l’éva­luation de la décentralisa­tion financière. « C’est toute une politique qu’il faut met­tre en place pour parvenir à décentraliser une partie des recettes mobilisées. Personne ne s’oppose à ce principe de rétrocession, mais on doit s’accorder sur les mesures d’application ou de mise en œuvre ».

Les attentes des gouverneurs

A l’issue de la Cé­rémonie d’ouverture, quel­ques gouverneurs de pro­vinces se sont confiés à la presse.

Ngoyi Kasanji, nu­méro 1 du Kasaï Oriental, espère que les solutions qui en sortiront seront bénéfi­ques pour les populations de l’intérieur, car tous les points inscrits à l’ordre du jour sont pertinents. Parmi les problèmes spécifiques qu’il va exposer, il évoque ceux liés au découpage et à la prise en charge des com­pétences et à la loi financiè­re.

Le nouveau gou­verneur du Sud-Kivu, Louis Léonce Muderhwa Chirim­wami, a pour sa part rap­pelé le problème sécuritaire assez récurrent dans sa province, tout en soulignant qu’il y a un planning d’ap­proche consistant à occu­per davantage les espaces qui ne connaissaient pas la présence de l’autorité de l’Etat. Ce, à travers la poli­tique de gouvernance et de concertation avec toutes les forces sociales, par une politique de communication de proximité avec les couches sociales etc. Par ailleurs, il exprime sa conviction de voir, en amont, la réforme rapide de l’armée et de la police, préalable à réaliser rapidement pour remettre les habitants du Sud-Kivu au travail.

Son homologue du Nord-Kivu, Julien Paluku, a indiqué que c’est une occasion lui donnée pour exprimer les difficultés ren­contrées durant les 12 pre­miers mois de l’exercice de son premier mandat. Il con­sidère qu’à partir de cette réunion devront sortir des réflexions par rapport aux prochaines réalisations par­ce que les gouverneurs ne doivent pas, même s’ils sont au début, continuer à tâtonner ». Ainsi, il invite l’Assemblée nationale à mettre rapidement en place les instruments juridiques qui devraient régir les rapports entre les provinces et le gouvernement central.

Enfin, Richard Ndambu du Bandundu a fait un état des lieux où la priorité est la construction des infrastructures routiè­res, l’éducation, la santé et l’énergie.

48 ans après, la crise alimentaire aux portes de la RDC

La République dé­mocratique du Congo, un des plus grands exporta­teurs africains des produits agricoles vers le Marché commun, l’ancêtre de l’Union euro­péenne, est ce géant aux pieds d’argile qui s’est ef­fondré 48 ans plus tard.

Une incursion dans ce passé glorieux rappelle que notre pays produi­sait avant l’indépendance, 120.000 tonnes de maïs, 100.000    tonnes de riz, 1.500.000    tonnes de ma­nioc et 143.000 tonnes de coton-graine.

Sur le plan des ex­portations, la RDC réalisait d’importantes recettes qui contribuaient à son produit intérieur brut. C’est le cas de l’huile de palme avec 165.000 tonnes. Et pour ses principales exportations, elle empochait 25 milliards de FB.

Cinq ans plus tard, ce fut le début de la descente aux enfers du géant africain. En effet en 1965, la production agricole a connu une chute vertigineuse: 50.000 tonnes de maïs, 20.000 tonnes de riz, 500.000 tonnes de ma­nioc, 15.000 tonnes de co­ton-graine et 85.000 tonnes d’huile de palme. Les ex­portations connaîtront cette même baisse avec 17 mi­lliards de FB.

Ces quelques chif­fres illustrent la santé flo­rissante du secteur agricole qui, après les mines, partici­pait à la stabilité de la situa­tion économique du pays et au budget de l’Etat.

A cette époque, la production agricole parve­nait à répondre à la deman­de de la consommation lo­cale, au point que le sur plus était destiné à l’exportation.

48 ans plus tard, le tableau est sombre. Non seulement les routes sont presque toutes détruites, la production agricole moisit dans la plupart des coins enclavés, la démotivation des paysans, et le détour­nement de la main-d’œuvre vers les mines, avec l’exploitation artisanale du diamant, de l’or et d’autres substances précieuses et semi-précieuses.

Le secteur a connu une léthargie telle que pour son alimentation, le Con­golais dépend des importa­tions. En effet, on importe le riz, le poisson, la viande, le poulet, la farine de manioc et tant d’autres denrées ali­mentaires. Même les oeufs de poule sont importés. De nouvelles habitudes alimen­taires se sont ainsi créées, imposant de nouveaux be­soins. Il est curieux de re­trouver dans l’assiette du Congolais des éléments comme des croupions de dindes, des abats de bœuf et ce fameux mpiodi que le Congolais refusait de con­sommer jusqu’à la fin des années Adoula. Le secteur est à l’abandon, les indus­tries agroalimentaires fer­ment une à une, les plan­tations dépérissent et tout s’écroule au profit des im­portations qui améliorent l’assiette financière des « malins ».

C’est tout cela qui explique aujourd’hui notre descente aux enfers. Il faut réagir. Vite et bien.

(Milor)

J.R.T./Tshieke Bukasa/Le Phare

Last edited: 08/05/2008 17:07:20

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