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Bonjour | 18/05/2008 19:52 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les choses s’accélèrent en République démocratique du Congo. Plusieurs faits se succèdent comme s’il se prépare un grand événement. Bien sûr que la signa­ture de l’Accord-prêt avec la chine a servi de dédic. La Banque mondiale et le FMI sont montés sur leurs grands chevaux pour brandir leur qualité de « parte­naires privilégiés ». Karel De Gucht s’est fait inviter à Kinshasa pour lâcher ses « vérités ». Kabila répli­que en haussant le ton, allant jusqu’à se faire bien comprendre en s’entretenant avec l’ex-Ciat (Comité international d’accompagnement de la transition) con­duit par le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu et responsable de la Monuc. Les choses de­viennent donc sérieuses.

Entre-temps, la République démocratique du Congo est devant un choix cornélien. Jouer à quitte ou double, entre l’Occident et la Chine. Mais dans tout cela, c’est le président de la République qui joue son va-tout: son avenir politique. Va-t-il convaincre? Se pliera-t-il aux exigences des partenaires tradition­nels? Avec la Journée de l’union européenne marquée par un point de presse ce jeudi à Kinshasa, il faudra prendre son mal en patience pour chercher à lire en­tre les lignes la suite des événements.

La Journée de l’Union euro­péenne interviendra ce vendredi 9 mai. Les pays membres de cette organisation mettront ce jour à profit pour évaluer son parcours et son impact sur l’exa­men de grandes questions euro­péennes et internationales.

L’occasion faisant le lar­ron, les ambassadeurs des pays membres de l’Union européenne près la République démocratique du Congo se retrouveront chez leur collègue de la France, ce pays assumant la présidence de l’Union européenne. Le moment sera tout indiqué pour faire l’éva­luation de la coopération entre les pays de l’Union européenne et la République démocratique du Congo. Cette rencontre diploma­tique se tient quasiment une se­maine après celle d’avec le Pré­sident de la République.

Des partenaires tra­ditionnels et privilégiés

Au fait, ce n’est pas la première fois que les ambassa­deurs européens se retrouvent ensemble pour faire le point de la situation. A des moments im­portants de la coopération avec la République démocratique du Congo, ils se sont toujours imposé cet exercice dans le but de mieux apprécier les efforts fournis par les uns et les autres. Mais que cette rencontre diplomatique se tienne à un moment crucial où la République démocratique du Congo est déterminée à donner une nouvelle impulsion aux initiatives de la reconstruction nationale. Qu’elle se déroule après que la Banque mondiale et le FMI n’aient pas du tout apprécié les termes de 1’accord-prêt avec la Chine, et qu’en plus, la Belgi­que et la RDC se soient permi­ses quelques envolées verbales pour se dire certaines vérités, les choses deviennent très intéres­santes. Le point de presse de ce jeudi ne sera nullement un fait divers. Certaines vérités vont transparaître. Des vérités? Oui, il y en aura. Qu’on ne se fasse pas d’illusion. L’Union euro­péenne demeure un partenaire traditionnel et privilégié de la République démocratique du Congo. A ce titre, il n’est pas surprenant de s’entendre dire que les pays de l’Union européenne ont « l’obligation morale et politique » de s’intéresser à tout ce qui touche à la RDC.

Obligation morale et poli­tique, ils l’ont assumée en sup­portant l’organisation des élec­tions en République démocrati­que du Congo. Près de 500 mil­lions de dollars ont été affectés à cette fin. En outre, les pays de l’Union européenne figurent, à côté des Etats-Unis, parmi les grands bailleurs de fonds de la Banque mondiale et du FMI. Mieux, ce sont eux qui consti­tuent le grand cartel du Club de Paris qui, en 2002, a effacé une partie de la dette de la RDC, en l’occurrence 4 milliards de dol­lars US.

Ce sont des partenaires traditionnels et privilégiés. Ils ne se tairont pas s’ils se sentent frustrés. Et puisqu’il s’agit d’un moment crucial de la reconstruc­tion de la RDC, ils réagiront pour donner leurs impressions. Quant aux « promesses non tenues », ils ne manqueront pas de fournir des explications. Bien entendu, ils s’attarderont sur la bonne gouvernance politique et finan­cière, l’indépendance des institu­tions de la République, la corrup­tion, l’enrichissement illicite et démesuré face à une population paupérisée. Ce sont là les conditionnalités « traditionnel­les » des pays européens qui n’ont que faire des « discours de souveraineté », une fois con­vaincus de toutes ces insuffisan­ces. C’est la bible de la coopé­ration bilatérale et multilatérale. Ils brandiront leur principal ar­gument de tous les jours : « ils ont des comptes à rendre à leurs contribuables ». Par conséquent, ils ne peuvent en aucun cas ver­ser leur argent dans les tonneaux de Danaïdes.

A kabila de gérer avec dextérité l’équation

Mais il ne faut pas aussi se voiler la face pour ne pas re­connaître que la Chine, en bous­culant la «  coopération classi­que », serait en train de marcher sur les plates-bandes occidenta­les. Là, les pays européens qui disent avoir beaucoup donné, et même (plus que les 8 milliards USD des Chinois), ne se laisse­ront pas faire. Ils le diront, même à demi-mot, aux autorités congolaises. Quitte à elles de tirer tou­tes les conséquences politiques, économiques et financières.

Il est vrai que le vent qui souffle dans les relations bilaté­rales et multilatérales entre la RDC et ses partenaires tradition­nels, met sous les projecteurs le chef de l’Etat. Joseph Kabila joue son avenir politique. Sur le front extérieur, il doit parvenir à convaincre ses interlocuteurs de la nécessité de tenir leurs pro­messes, de savoir que la RDC dispose d’immenses opportunités de collaboration pour développer ce pays sans se plaindre de la Chine.

Sur le front intérieur, il de­vra informer ses compatriotes, jusque dans les moindres détails, du contenu desdits accords. Ce souci de transparence lui appor­tera le soutien populaire, dont il a besoin en ces moments. Le suc­cès d’une telle diplomatie dépen­dra de la transparence dans la­quelle elle sera menée.

De toutes les manières, après la Guerre froide et les an­tagonismes des Blocs Est-Ouest, les dirigeants les plus avisés tra­fiquent aujourd’hui avec toutes les bonnes volontés du monde, quitte à savoir exprimer, dès le début, les attentes de leurs populations ainsi que les gains des uns et des autres. En dehors de cette cruelle vérité, point de sa­lut pour une nouvelle voie.

Il revient à Kabila, seul, de gérer avec dextérité cette équa­tion dans l’intérêt supérieur de la Nation. Il lui revient de dégager. des pistes de solution en vue de consolider les relations bilatéra­les et multilatérales avec diffé­rents partenaires. Quoi que l’on écrive, c’est finalement son ave­nir politique qui est ici enjeu.

(Milor)

Le Potentiel

Last edited: 08/05/2008 14:40:30

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