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Bonjour | 16/05/2008 18:22 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le député provincial du Nord-Kivu élu des rangs du Pprd et avocat du barreau de Goma, Me Kalinda émet des réflexions et avis pertinents sur la situation du foyer brûlant de l’Est du pays ainsi que sur les enjeux notamment de la dernière brouille entre Bruxelles et Kinshasa. Ce qui se passe à Walikale au Nord-Kivu, notamment la cruciale situation sécuritaire de ce foyer d’affrontements des divers groupes armés opérant dans ce coin de la République, les cinq chantiers du Chef de l’Etat, la menace de chambardement du gouvernement avec décapitation de sa tête actuelle, les remous au Pprd, et, dernière agitation politique ne pouvant laisser quiconque indifférent, la récente brouille entre Bruxelles et Kinshasa, voilà autant de sujets sur lesquels le député provincial du Kivu profond émet des remarques méritant de retenir l’attention. Le représentant du peuple dont question est précisément un élu du patelin de Walikale aux redoutables réalités qu’il connaît très bien. Voici ce qu’il en dit à travers les confidences de l’entretien ci-après à Digitalcongo.net

Bonjour honorable Kalinda, député provincial du Nord-Kivu. Vous êtes un habitué de notre rédaction, mais, « bis repetita placent » (les choses répétées plaisent), pouvez-vous encore une fois vous présenter à nos nombreux lecteurs ?

Merci beaucoup de la nouvelle occasion que vous m’offrez d’intervenir sur Digitalcongo.net. Je me nomme Gilbert Kalinda. Je suis avocat du barreau de Goma, député provincial et cadre du PPRD.

Commençons par parler de votre mandat de député du profond Nord-Kivu, notamment de votre chaud et brûlant patelin de Walikale !

Je suis député provincial, humble fruit des  élections passées en mon pays. Je suis élu de la circonscription électorale de Walikale au Nord Kivu. Mon territoire est le nouveau lieu qui assurera la fierté minière de notre pays. Et, bien sur, ce même territoire demeure également source des convoitises que nous sommes chargés de gérer avec tact et intelligence pour ne pas céder aux pas d’une autoprotection à outrance qui s’apparenterait à un sentiment d’exclusion des autres. Nous croyons que Walikale sera fort avec tout le monde. Ne soutenant pas nous-mêmes une politique traditionnelle d’exclusion des autres, nous mettons en garde tous ceux qui croient et entreprennent quotidiennement d’exclure les enfants de Walikale des affaires de Walikale dont ils sont pourtant les premiers concernés.

Je m’en voudrais de ne donner qu’un cliché minier au territoire de Walikale. En effet, ce vaste territoire est également un véritable grenier, ceci malheureusement en puissance. Nous devons agir pour la réalisation de cette vertu. Nous avons initié des activités agricoles pilotes à Ngora où nous avons planté le manioc de semences améliorées mises à notre disposition par le bureau régional de la FAO. Nous espérons influencer les autres par l’ampleur des nos récoltes.

Walikale demeure également un lieu de protection d’une flore et d’une faune dont l’avenir du monde a besoin. En effet, notre abondante forêt participe aujourd’hui à l’amélioration et au traitement de l’air, de l’oxygène dont l’humanité a besoin. Notre forêt donne la vie à l’humanité. Nous classons toutes tentatives d’éradiquer les forêts de Walikale dans la catégorie des crimes, certes, contre l’humanité. En ce siècle de réchauffement démesuré de notre planète, l’environnement doit être protégé avec révérence. Il y va de l’avenir de l’humanité et Walikale ne souhaiterait pas se dérober de sa mission humanitaire quel qu’en soit le prix du sacrifice.

Walikale signifie pour vous, honorable, les mines, l’environnement et l’agriculture. Est-ce complet pour présenter votre Walikale?

Si Walikale aujourd’hui assume pleinement ses responsabilités dans ces trois secteurs que sont les mines, l’environnement et l’agriculture, nous aurons la fierté de pouvoir participer au rendez-vous des chantiers du Chef de l’Etat, non seulement en recevant mais aussi en donnant. Et vous savez bien la joie de tout rendez-vous du donner et du recevoir !

Votre territoire de Walikale brille malheureusement du renom de l’un des hauts lieux d’insécurité à l’Est du pays, théâtre de pires affrontements guerriers entre les innombrables groupes armés infestant la contrée. Quelle est, au fait, le degré de la situation sécuritaire à Walikale ?

Comme l’ensemble de la province du Nord Kivu, Walikale demeure encore un lieu où des efforts immenses en termes sécuritaires devront encore être menés. Nous sommes confiants en l’avenir.

Cependant, l’abandon dont font objet les éléments Mai Mai qui se sont offerts pour œuvrer à la consolidation de l’unité nationale risque de constituer un grain de sable dans la machine de la pacification. Il n’y a que les éléments Mai Mai qui ne bénéficient pas de possibilités de responsabilités, des grades et même de la reconnaissance dans l’armée. Ils sont là, et si rien de positif n’est fait pour les encadrer et les intégrer comme ils le souhaitent, l’avenir risque encore de subir les drames de nos erreurs actuelles. Les Mai Mai sont des patriotes et ne souhaitent que d’être traités comme le pays doit le faire pour des patriotes. Si c’est l’abandon et l’oubli qu’ils méritent, alors que la Nation n’espère plus en d’autres initiatives patriotiques. Et nous devons donc nous préparer à gérer avec résignation les drames du futur.

Revenons aux chantiers du Chef de l’Etat dont vous avez parlé. Comment, croyez-vous, peut-on y impliquer tout le monde ?
    
Très bien. Nous pensons qu’il est désormais utile de noter que le Chef de l’Etat nous a fait une proposition pour un Congo meilleur. Nous ne devons pas continuer à penser que ce sont les chantiers du seul Président de la République. C’est désormais nos chantiers. Nous avons le devoir, selon notre degrés d’attachement à la Nation de nous approprier les chantiers que Son Excellence Joseph Kabila nous a proposés. Et chacun en ses diverses possibilités doit poser un geste pour conduire le peuple à accueillir comme sien les fruits de la pensé et de la projection que le Chef de l’Etat nous a proposé. Si j’aime mon pays, je dois considérer les 5 chantiers comme mon affaire. Et travailler pour une réussite collective de notre Nation à travers la réalisation des chantiers.

L’actualité politique dans le pays reste dominée par la brouille entre le Chef de l’Etat et la diplomatie belge, entre autres causes inavouées, autour de l’enjeu des cinq chantiers. Quelle est votre perception de cette brouille survenue à nouveau entre Bruxelles et  Kinshasa ?

Dans cette affaire, le Chef de l’Etat n’a eu aucun problème. Disons que c’est plutôt la Nation congolaise qui risquait une dévaluation de sa souveraineté par le discours d’un ministre belge qui n’a pas, du reste, l’unanimité de sa Belgique. Le Chef de l’Etat, avec à l’unisson le peuple congolais, a réajusté la pendule. Voilà tout !

Evoquons maintenant l’autre sujet qui fait couler beaucoup d’encre et même de la salive ces derniers temps, celui d’un éventuel remerciement du chef du gouvernement avec remaniement conséquent de l’actuel organe exécutif de l’Etat. Quelle est votre réaction en votre qualité de député provincial du Congo profond ?

Je dois saluer ici l’effort de l’action de notre Parlement National. Et, ne nous ayant jamais trahi, notre Parlement a notre confiance pour la suite. Il est vrai qu’on ne sent pas de l’intérieur de la République qu’il y a une véritable action du gouvernement. Et par ce déficit, le Chef de l’Etat est parfois obligé d’être là où un membre du Gouvernement devait agir. Et pour éviter le vide, il faudra agir dans le sens de redonner une grande vigueur à la traction du Gouvernement qui nous devons l’avouer compte des nombreux bons ministres.

Il y a aussi des remaniements en vue au sein de votre parti, le PPRD. Que devient Gilbert Kalinda dans le repositionnement qui s’esquisse.

Oui. Le PPRD, notre parti est également lancé dans une série des remaniements. Il y a un Exécutif National nouveau et bientôt, les Provinces seront dotées des nouveaux dirigeants. Gilbert KALINDA a présidé aux destinés du Parti au Niveau du Nord Kivu en qualité de Président Provincial sous le Secrétariat General de l’Honorable VITAL KAMERHE. C’aura été d’heureuses responsabilités et des souvenirs inoubliables que de travailler avec Vital KAMERHE.

Avoir pris avec lui le risque permanent de fondation de la victoire du PPRD. Les Députés Nationaux actuels peuvent témoigner de la joie de travailler avec lui, de sa grandeur de cœur et de la sincérité de son engagement. Il était donc temps pour moi de céder la place à d’autres.

Je n’ai pas été Candidat à ma propre succession au niveau provincial. J’ai bien sur des ambitions beaucoup plus élevées maintenant et de ce fait, je demeure disposé le jour où mon Parti m’invitera à des nouvelles autres responsabilités à répondre présent. Entretemps, je ne peux que souhaiter plein succès à celui qui me succédera et je lui promets tout mon soutien. Je  refais mon serment de fidélité aux idées maitresses de notre parti, le PPRD et je renouvelle tout mon attachement à l’initiateur de notre parti, Son Excellence Joseph KABILA, Président élu de notre pays et Chef de l’Etat.    

Venons-en à la catastrophe aérienne de Goma toujours chez vous au Nord-Kivu. Quelle est votre perception de la tragédie survenue ?

Avant tout, il est opportun d’avoir un regard de piété à l’endroit de tous ceux qui ont péri dans cette catastrophe à cause de la négligence humaine. Tenez, l’aéroport de Goma a subi une réduction de sa longueur à l’occasion aussi malheureuse de la coulée volcanique de Nyiragongo. Tous les Gouvernements en sont informés depuis 2001. Mais qui a agi depuis ? Fallait il attendre la catastrophe pour annoncer des actions qui tardent encore comme toujours ? Et toutes les recettes de la RVA ?

Nous saluons ici la profondeur de l’action de Maman Olive Lembe qui, spontanément, a tenu à intervenir, indiquant ainsi que le peuple du Nord-Kivu en particulier et ceux de la RDC en général peut toujours compter sur l’esprit de compassion de la famille de son Chef de l’Etat. Nous saluons l’esprit de présence permanente et d’écoute de l’honorable Vital Kamerhe qui a suspendu toutes ses intenses activités pour être au chevet de son peuple meurtri à Goma.       
    
S’agissant de toute la situation dramatique du Kivu, vous avez participé à la conférence de Goma sur la paix dans les deux provinces kivutiennes, forum à propos duquel beaucoup d’observateurs redoutaient le suivi qu’on risquait de négliger et donc une direction certaine vers la non réalisation ou concrétisation des résultats escomptés. Apparemment ce qui était redouté est arrivé et ce, en dépit du programme Amani qui tente de sauver les meubles. Qu’en dites-vous ?

La question est pertinente. La paix est aux Kivu ce que l’oxygène est à l’humanité ! La Conférence de Goma a été une initiative qui, au départ, faisait peur à la classe politique de notre pays. Et Vital Kamerhe, à la suite du Chef de l’Etat initiateur du forum, estimait qu’il n’était pas responsable de laisser notre peuple dans l’insécurité. Le prix de l’initiative de Goma était soit apparenté à une trahison, soit relevait d’une illusion. Et, dans un courage habituel, le Chef de l’Etat nous a conduits en conférence. Tenez : la guerre est une nouvelle forme de business. Et les tenants de ce business ne peuvent pas laisser s’ouvrir un chemin de paix. Nous le savons, et nous sommes heureux que le Chef de l’Etat le sait également et même mieux que nous.

Le chemin de la paix est donc lancé et ouvert. Le suivi dans le cadre du programme Amani piloté de mains de prêtre par l’abbé Malu Malu, ce jeune prêtre du Kivu, ne doit pas paraitre comme une panacée. Nous avons tous la lourde tache de participer à la construction de la paix. Et le programme Amani doit donc devenir notre préoccupation collective. La victoire de la paix sera une victoire de la pensée du chef de l’Etat mais dont les bénéficiaires exclusifs seront les populations congolaises. Nous devons donc aider Son Excellence Joseph Kabila à réussir pour notre paix.

Propos recueillis par Daniel Nzuzi/MMC

Last edited: 06/05/2008 15:08:54

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