Le président de l’Assemblée nationale a rappelé à l’ordre le personnel de l’administration de la Chambre basse du parlement après avoir constaté la tendance au relâchement de l’assiduité au travail des cadres et agents concernés alors qu’ont été améliorées leurs conditions sociales.

L’administration de l’Assemblée nationale a été rappelée à l’ordre par le président de cette institution, Vital Kamerhe, après un constat de relâchement en dépit des efforts qu’il a fournis pour améliorer les conditions sociales et de travail des agents. M. Kamerhe a réuni, en effet, vendredi et samedi, les cadres et agents de cette administration pour un rappel à l’ordre, invitant chaque agent à l’assiduité au travail pour mériter de l’attention que ne cesse de lui prêter le bureau de la Chambre basse du Parlement. Vendredi, le secrétaire général de l’administration de l’Assemblée nationale, Constantin Tshiswaka, avait fait, à l’intention du président de cette institution l’état des lieux de son secteur, samedi. Samedi, c’était le tour de chaque directeur d’en faire autant pour sa direction.
Le président de l’Assemblée nationale avait promis, dès sa prise de fonctions, d’améliorer les conditions de vie et de travail des cadres et agents de l’administration parlementaire face à un travail performant. A l’exercice budgétaire écoulé, il a obtenu une majoration de cent pour cent de leur rémunération et résolu le problème des nouvelles unités qui sont mécanisées et régulièrement payées. Pour améliorer les conditions de travail, des équipements de bureau ont été acquis, tandis que les hauts cadres de l’administration sont véhiculés. En revanche, le président de l’Assemblée nationale a mis en garde tous les absentéistes qui risquent d’être frappés des mesures appropriées.
Députés ragaillardis par des jeeps de luxes et émoluments conséquents
Nous sommes des hommes et, à ce titre, nous aussi avons droit à la vie ». C’est en ces termes qu’un député s’exprimait comme pour justifier certaines évasions devenues aujourd’hui toute une tradition. Surtout le week-end, qui débute le vendredi pour nombre de ces représentants du peuple.
Il suffit de faire un tour le soir sur l’avenue Lokolama dans la commune de Kasa-Vubu, dans un lieu ayant pour nom la première et la dernière lettres de l’alphabet français, pour comprendre que les députés ont aussi droit à la vie. Deux députés, jeunesse aidant, avec visiblement un goût très prononcé pour ces grandes évasions nocturnes à répétition, par des descentes triomphales.
Il nous a été donné, une fois comme par hasard, à assister au « débarquement », Jeeps bien positionnées sur la rue, habillés à la manière des musiciens et avec une bonne fourchette de courtisans comme on en trouve généralement à Kinshasa misère oblige, les deux parlementaires attendaient de faire leur entrée comme un jeune vient prendre sa femme lors de la cérémonie coutumière. Encadrés de leurs courtisans, ils firent leur entrée triomphale, admirés par certains compatriotes qui s’exclamaient: « Ba Honorables basi ba koti ».
Sans s’arrêter sur la terrasse, les deux députés se dirigent ainsi directement vers la boîte sombre. Une fois dedans, il est difficile de croire qu’ils font partie de ceux qui votent des lois et contrôlent l’Exécutif congolais. Pour ce qui est d’exécuter des pas de danses, pratiquement rien à envier aux musiciens congolais qui seraient même étonnés de constater qu’ils s’amusent très bien comme s’ils ne s’agissaient, à tout bout de champ, que de larguer quelques motions dont ils détiennent Seuls le secret.
D’autres députés, eux, se signalent souvent le soir non loin du pont Matete, dans un nid avoisinant l’entreprise BIA sur l’avenue des poids lourds. Une fois riches, ils en sortent un peu plus tard, le temps de trouver leurs comptes. Parfois, ils sèchent le nid précité pour se retrouver un peu plus loin sur le boulevard Lumumba dans un espace faisant face à l’entrée de la commune de Matete.
En tout cas, dans bien des endroits ciblés de la capitale congolaise, les députés nationaux démontrent à suffisance divers avantages issus des voix des électeurs. Quand on pense que certains d’entre ces « viveurs » ne montent même pas sur le podium de l’Assemblée nationale pour faire entendre leurs voix, on comprend où réside leur efficacité. Vive la députation, vive la vie.
(Milor)Acp/Forum des As
Last edited: 05/05/2008 17:01:40