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Bonjour | 12/05/2008 6:44 | English Make DC Home page | RSS feed

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Après Boma et Matadi, le député Gilbert Kiakwama a essuyé d’une pluie de pierres à Mbanza-Ngungu. Kiakwama accuse nommément le Gouverneur du Bas-Congo, Simon Mbatshi Mbatsha, et son vice Deo Nkusu d’en être les commanditaires. Après avoir été em­pêché de parler il y a une semaine à Boma et Matadi par des inciviques, le député national Gilbert Kiakwama kia Kiziki a subi, samedi dernier, un nouveau revers. Cette fois, il a été agressé et humilié dans son fief naturel, à savoir la cité de Mbanza-Ngungu, à 150 Km de Kinshasa. Alors qu’il voulait restituer à sa base l’essentiel de ses activités parlementaires ainsi que les péripéties de ses meetings manqués à Boma et Matadi, à la permanence de son parti, il a été attaqué à coups de pierres. On a en­registré d’importants dégâts matériels, notamment la mise à sac de ses bureaux et de deux de ses Jeeps.

En réaction à l’in­tolérance politique, dont il venait d’être victime pour la 3ème fois en l’espace de 8 jours, Gilbert Kiakwama a accusé le gouverneur de la province du Bas-Congo, Mbatshi Mbatshia, et son adjoint, Deo Nkusu, d’être les commanditaires de cette montée de barbarie.

Coup dur contre la démo­cratie

Ce qui vient d’arriver à Kiakwama, membre de l’Assemblée Nationale, couvert d’une solide immu­nité dans son rôle de légis­lateur et de surveillant de la « Cité », est de très mauvai­se augure pour la suite de l’expérience démocratique au pays. Pour de nombreux observateurs, l’obstruction à la liberté d’expression qu’il vient de connaître au Bas-Congo porte à croire que les élections municipa­les et locales risquent d’être un long feuilleton de règle­ments de comptes entre « ennemis politiques ».

La question est de savoir si tous les acteurs politiques auront la patience, la sagesse, la lucidité et la tolérance de Gilbert Kiakwama pour se lais­ser marcher sur les pieds à l’occasion d’une réunion publique de leur parti ou re­groupement politique, dans le cadre de la lutte pour le contrôle de la petite territo­riale. Si tel n’est pas le cas, la RDC risque de devenir le théâtre des violences inimaginables entre sympathi­sants des candidats maires, conseillers urbains, bourg­mestres, conseillers communaux, chefs de secteurs et conseillers de secteurs. L’intolérance politique sera telle que ce pays serait coupé en territoires interdits où régnerait la loi du plus fort.

Elections municipales et locales sans objet

L’environnement politique qui commence à se vicier à quelques mois des scrutins municipaux et locaux pousse de nom­breux observateurs à sug­gérer leur annulation pure et simple. En effet, la RDC ne gagnerait rien à ouvrir le chantier des violences, du refus de la liberté de parole dans le débat politique, de la haine tribale et ethnique, de la diabolisation systé­matique entre adversaires politiques, de la montée du terrorisme politico-idéolo­gique, de la corruption de la jeunesse, de l’achat des consciences, etc.

A considérer la diffi­culté des acteurs politiques congolais à accepter leurs différences politiques et idéologiques, il appert clai­rement qu’ils ne seraient pas en mesure de supporter une campagne électorale libre et saine, ni des défai­tes dans les urnes lors des élections municipales ou lo­cales.

En clair, les élec­tions locales, au-delà de la certitude qu’elles seront mal organisées, ne sont pas indispensables au sta­de actuel. D’autant qu’elles vont davantage fracturer la société congolaise alors que le pays a énormément besoin d’un minimum de sérénité pour faire face aux défis qui s’annoncent au plan de la reconstruction, de la crise alimentaire et de la moralisation de la vie tant publique que privée.

Il est important que tous et chacun réalisent que contrairement aux législa­tives dont les vainqueurs vont siéger dans la capitale, loin de leur milieu d’origine, le local désigne les diri­geants que l’on voit réguliè­rement, chaque semaine ou chaque jour. Le cafouillage qui se prépare à ce niveau est de nature à provoquer des frustrations qui peuvent se révéler meurtrières pour la population. Le Congo qui n’a ni routes ni avions ni trains ni nourritures décen­tes à offrir à ses fils n’a pas besoin de cette bêtise de trop.

Nous avons des chantiers annoncés pour re­construire la nation, débattons-nous pour leur donner corps et assurer la renais­sance d’un pays devenu la risée du monde.

Recenser pour mieux sauter

Le principal repro­che fait à la Commission Electorale Indépendante, lors des élections présiden­tielle, législatives (nationa­les et provinciales) était de n’avoir pas recensé la population, de manière à déter­miner avec précision taille du corps électoral. Pour d’aucuns, le chiffre de 25 millions d’électeurs avancé par la CEI ne reflétait pas la réalité, de même que les statistiques fantaisistes faisant état de l’existence de 60 millions de Congolais, depuis la chute de Mobutu en mai 1997.

Compte tenu de l’impérieux besoin d’identifier les Congolais, jusque-là dépourvus de carte d’identité, et de les dénombrer de manière ex­haustive, il serait de bonne politique que les fonds re­tenus pour le financement des élections municipales et locales soient affectés aux opérations de recense­ment de nos compatriotes, sur l’ensemble du pays.

(Yes)

Kimp./Le Phare

Last edited: 05/05/2008 16:41:37

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