Le Groupe de la Banque mondiale vient d’approuver une enveloppe globale de 160 millions de dollars américains de don de l’Association internationale de développement (IDA) pour le financement de trois projets en Rdc.
L’appui ainsi fourni a pour but de soutenir la mise en oeuvre du «Contrat de gouvernance » adopté par le gouvernement, et d’établir les bases permettant au pays de parvenir à une croissance durable et à progresser dans le sens des Objectifs de développement pour le millénaire (ODM).
Cette enveloppe se décompose ainsi : 50 millions de dollars à titre de financement additionnel pour le Projet d’urgence de démobilisation et de réintégration; 60 millions de dollars de financement additionnel pour le Projet de compétitivité et développement du secteur privé et 50 millions de dollars pour Ic Projet de renforcement des capacités de gouvernance.
Elle correspond à la Stratégie d’aide-pays que la Banque a définie pour la Rdc, et couvre les grands objectifs prioritaires visés dans le Contrat de gouvernance, à savoir : quatre objectifs de portée intersectorielle (décentralisation, gestion des finances publiques, réforme de l’administration publique, et transparence), et deux objectifs d’ordre sectoriel (réforme des entreprises publiques, et réforme du secteur de la sécurité).
Le financement additionnel pour le Projet d’urgence de démobilisation et de réintégration est complété par un apport parallèle de 22 millions de dollars de la Banque africaine de développement et de 6 millions de dollars d’un fonds fiduciaire multi donateurs, ainsi que par un financement de contrepartie de la Rdc pour 22 millions de dollars. L’objectif est d’aider à mettre en oeuvre l’accord de paix de Goma, élément essentiel au rétablissement de la paix dans l’Est du pays.
Venant en complément des actions menées par d’autres donateurs pour la réforme du secteur de la sécurité, ce financement additionnel contribuera à mener à bien le processus de démobilisation et de réintégration des ex-combattants engagés en 2004 dans le cadre du projet initial.
A ce jour, plus de 102.000 ex-combattants ont été démobilisés (et 69.000 d’entre eux réintégrés dans la société congolaise), et 30.000 enfants enrôlés dans des groupes armés ont été relâchés.
L’objectif consiste à présent à démobiliser 23.000 excombattants de plus, à libérer 9.000 autres enfants encore enrôlés dans des groupes armés, et à assurer la réinsertion de plus de 60.000 ex-combattants (dont certains sont handicapés). Le projet initial a fait l’objet d’une enquête de la part du Service de déontologie institutionnelle de la Banque, et ce financement additionnel a été conçu de manière à tenir compte des enseignements tirés de cette enquête.
Il s’appuie sur les éléments du plan d’actions que le gouvernement doit entreprendre en étroite collaboration avec la Banque afin de minimiser les risques de détournement des fonds publics.
Le financement additionnel pour le Projet de compétitivité et développement du secteur privé doit aider à transposer à une plus grande échelle les résultats obtenus dans le cadre du projet en cours, en cherchant en priorité à améliorer le climat de l’investissement et l’accès aux services financiers, ainsi qu’à accélérer la réforme des entreprises parapubliques.
Ces trois aspects continuent en effet à faire le plus obstacle, en Rdc, à une croissance tirée par le secteur privé un mauvais climat de l’investissement (la RDC était classée en dernière position dans l’édition 2008 du rapport Doing Business). Un faible niveau d’accès aux services financiers (à raison de moins de 100.000 comptes bancaires pour 60 millions d’habitants), et des entreprises publiques peu performantes.
Le Projet de renforcement des capacités de gouvernance vise à mettre en place des pratiques adéquates de gestion des finances publiques, condition nécessaire au rétablissement de la crédibilité de l’Etat en tant que prestataire de services de base dans ce contexte de sortie de conflit. Il établira ainsi le cadre voulu pour la réalisation des quatre objectifs intersectoriels du Contrat de gouvernance, en ce qui concerne notamment la réforme du système de rémunération, la décentralisation budgétaire, et la réforme des mécanismes de gestion des recettes et des dépenses.
La mise en application de ce cadre se fera principalement à l’échelon de projets sectoriels tels que les deux annoncés
aujourd’hui, ainsi que ceux déjà en cours (pour la santé et I’éducation) ou envisagés (pour l’agriculture, la foresterie et le secteur minier). Le projet gouvernance a été conçu en étroite collaboration avec d’autres bailleurs de fonds, notamment le Programme des Nations unies pour le développement, l’Union européenne et la Coopération belge. Bien qu’il soit axé sur trois provinces (Bandundu, Katanga et Sud-Kivu), sa mise en oeuvre s’inscrit dans un programme de portée globale placé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, qui se donne pour but de couvrir I’ensemble du territoire.
Le Potentiel
Last edited: 03/05/2008 14:30:55