Toutes les solutions proposées pour résorber la crise du ciment en Rdc se sont avérées sans conséquences positives. Les approches adoptées par différents ministres de l’Economie nationale semblent ne pas s’attaquer aux causes profondes.
Par conséquent, la spéculation dicte sa loi. Alors que l’offre ne suit même pas une progression arithmétique, la demande, elle, s’accroît au rythme d’une progression géométrique.
Le ministère de l’Economie nationale a lancé en début de semaine une opération baptisée « Spécial vente de Ciment ». L’objectif poursuivi est de mettre un terme à la spéculation sur ce marché caractérisé par une crise persistante. Faisant l’état des lieux, André-Philippe Futa note que « La capacité installée de production du ciment en Rdc est de 600.000 tonnes, alors que les besoins se chiffrent à 1.500.000 tonnes ».
Le ministre de l’Economie est d’avis qu’il faut « une politique adaptée pour satisfaire aux besoins des consommateurs. La stratégie proposée par l’autorité gouvernementale est de mettre en place ces points de vente témoin. De cette manière, croit-on au ministère de l’Economie, on peut réduire la marge de manœuvre de ceux qui provoquent la rareté pour s’adonner à la spéculation. « Il faut casser ceux qui font monter les prix de manière indue et illégale », a martelé le ministre Futa.
Une solution inadaptée
L’approche du ministère de l’Economie étonne plus d’un par son caractère ponctuel et superficiel. Elle n’apporte aucune réponse à la problématique de la rareté du ciment sur le marché congolais. Les consommateurs attendent des mesures structurelles en lieu et place d’une initiative pédagogique sans soubassement substantiel. En effet, créer des points de vente témoin ne répond pas à la demande. L’offre est restée la même, et la demande poursuit sa courbe ascendante. Dans le cadre de grands travaux de construction des infrastructures de base, que comptent mettre en oeuvre les Chinois dans le cadre de « cinq chantiers », l’on devrait inévitablement s’attendre à une importation massive du ciment de la Chine. L’offre locale étant de loin insuffisante pour faire face à cette forte demande.
Bien plus, une option est régulièrement retenue comme susceptible de juguler cette crise. II s’agit de l’implantation massive des cimenteries à travers les provinces. II était question que chaque province soit dotée d’une cimenterie. Malheureusement, l’expérience qui devrait être tenter dans la province Orientale avec les Indiens n’aurait pas abouti, a soutenu un expert. L’investissement ne serait pas rentable d’autant que le gisement ne serait pas pauvre en calcaire.
En attendant, les machines de Cinat sont aux arrêts pour des raisons d’entretien. Par voie de conséquence, l’offre vient de baisser encore sensiblement sur le marché.
Voici quelques sites retenus pour servir de points de vente témoin. Dans la commune de Kimbanseke : Persévérance, Papa Jacob, La Gazelle; Kintambo : MJS Kimpese, Lemba Kilefu Mususa, Espoir, Kajo, Mabu Cite Salongo; Makala : ETS Ahmed ; Limete : Demacio Makengo et Isaac Masina : Suka Kusa, Kalamu, Nsumbu et MK; Matete : MTM et Mak; Selembao : Samba, NOAIL et Kimuini Meso; MontNgafula : MK et FREDDY, Kasa-Vubu : Merveille et Ngonzo; N’Djili : KL et Kimtole, Ngaliema : Ngomak, TRC, Tshamala et Kankala; Barumbu : Albert Wane, Lingwala Prokanus; Ngiri-Ngiri : Ngamuna et Kinshasa : M. Kadam.
Pour ce qui est du site de la Fikin, 54.000 sacs de ciment de 50kg sont postés et seront servis, en raison de 5 sacs par acheteur. Malheureusement, juste à côté, le sac vendu au prix officiel de plus de 13 dollars, soit environ 7.000 francs congolais, est revendu à plus de 9.000 Fc.
Le Potentiel
Last edited: 03/05/2008 14:29:40