Les cent jours du nouveau comité de gestion placée au début de l’année à la direction de la RVM révèlent un remarquable engagement dans la relance de cette entreprise par un travail que le discret n° 1 et tête de pilotage de l’entreprise tient à effectuer sans tambour ni trompette mais en visant seulement l’efficacité.

Comment se porte la « Gécamines du Bas-Fleuve », en l’occurrence l’unique entreprise publique de ce district de la province côtière, le Bas Congo ? Comme la Gécamines au Katanga autour de laquelle tournoient les vautours de tous les horizons, la RVM est aussi exposée, compte tenu de son intérêt stratégique, à des convoitises de plusieurs profiteurs paradant sous diverses faces. Ce sont souvent ces prédateurs qui se livrent aux virulentes critiques émises plus par malveillance que dans un esprit de construction, pour saper l’action des gestionnaires en poste dans le but inavoué de leur disqualification. Est alors mise en branle la tactique du « ôtes-toi que je m’y mette », afin de tirer le drap de son côté pour bien se servir aux mamelles de l’entreprise.
L’entreprise ne demande pourtant qu’à être bien gérée au mieux de la réalisation de son objet social qui est d’assurer les meilleures conditions de navigation dans le bief inférieur du fleuve Congo, tronçon d’accès de gros bâtiments navals aux ports maritimes congolais de Boma et Matadi. Si la RVM tourne bien, c’est le trafic maritime qui tirerait son plein rendement et celui du commerce maritime surtout à l’heure actuelle de très bonnes perspectives de reprise du flux commercial pour la RDC. Où en est donc la RVM que l’on sait avoir traversé difficilement la basse conjoncture vécue par le pays ces dernières années ? Il n’est un secret pour personne que de nombreuses années de mégestion et de prédation ont mis au rouge tous les indicateurs financiers, sociaux et techniques de cette entreprise stratégique, non seulement pour le Bas Fleuve mais également et surtout pour l’économie de la République Démocratique du Congo.
A la prise des fonctions par l’actuel comité de gestion, le 29 janvier 2008, le constat était tout simplement alarmant. L’équipe qui venait d’être installée s’est retrouvée, en effet, devant des caisses vides, au propre comme au figuré, avec une trésorerie négative, un passif lourd d’un endettement de plus de 36 millions de dollars américains. Tous les comptes bancaires croupissaient sous le régime des saisies-arrêts, tout comme l’outil de production, les factures auprès des clients, les immeubles et le matériel roulant, objets des saisies judiciaires. Au niveau de l’exploitation, on ne pouvait compter que sur une seule drague opérationnelle sur les quatre dont dispose l’entreprise, pour ne citer que ces quelques cas, sans oublier la complicité interne d’une poignée d’agents et cadres, tireurs des ficelles dans l’ombre dans le but machiavélique de plomber l’entreprise et de gêner les initiatives du comité. Attention au ver dans le fruit !
Actions remarquables

Trois mois seulement après l’installation du nouveau comité, des résultats de son action se remarquent. Quelques preuves l’attestent tels les énormes arriérés auprès des fournisseurs de carburant et lubrifiant à ce jour totalement épongés tandis que la facture mensuelle de 150.000$ US (soit 200.000 litres de carburant) est payée dans le délai.
Par rapport aux obligations dues à l’Etat propriétaire et aux organismes publics, la politique du nouveau comité consiste à payer tous les impôts et taxes courants qui représentent prés de 50.000 $ US le mois pour la D.G.I., contre près de 15.000 $ US pour les autres organismes tels que la DGRAD, l’INSS et l’INPP. En ce qui concerne les arriérés, le comité Mbwinga a négocié, tant avec ces organismes que les fournisseurs, des échéanciers réalistes pour leur apurement.
Dans le domaine social, les agents et travailleurs de la RVM sont manifestement « aux anges », et comment le dire autrement devant des actes sociaux qui leur tombent un intervalle de temps si court ! Une ambulance vient d’être mise à la disposition du centre médical de la RVM / Boma. Un nouveau barème salarial, conforme à la fois aux textes légaux et à la convention collective, vient d’être accordé ! C’est une première depuis la création de l’entreprise.
Les arriérés de salaires des agents actifs, tels que hérités du comité sortant, sont totalement résorbés et aujourd’hui les salaires sont payés régulièrement. Par contre, les arriérés des salaires des agents inactifs sont passes de 9 à 6 mois aujourd’hui, en attendant leur résorption totale.
Toujours dans le domaine social, le Comité de gestion actuel, dans son souci de mettre ses techniciens à niveau, vient de réactiver les programmes de formation, notamment par l’envoi en formation à Anvers (Belgique) de 15 de ses agents hydrographes.
Les volets exploitation et investissement ne sont pas en reste, car en effet d’une seule drague opérationnelle à son arrivée, le comité Mbwinga a pu réhabiliter deux autres unités, de sorte que la RVM compte à ce jour trois dragues disponibles pour les travaux de dragage. C’est ainsi que ces travaux de dragage qui ne s’effectuaient plus ont pu reprendre depuis peu. Les cent jours du dynamique comité de gestion auront été un incontestable coup de pouce de relance de l’entreprise qui est en mesure notamment de rencontrer de nouveau le niveau de calaison optimum fixé à 23 pieds pendant 2 mois et à 26 pieds pendant 10 mois.
Le sarclage (balisage) sur le bief maritime étant l’un des chevaux de bataille du comité Mbwinga, des travaux de fabrication des bouées se poursuivent en vue d’atteindre le nombre de 81 bouées contre 54 actuellement en service. Avec le rythme de 8 bouées le mois, le comité de gestion atteindra l’objectif (81 bouées) qu’il s’est fixé dans quelque 4 mois.

Sensible aux difficultés d’engorgement rencontrées aux ports de Matadi et de BOMA, l’actuel comité de gestion de la RVM vient de faire accélérer les travaux de réhabilitation de son quai de servitude, le plus moderne de tout l’Ouest et qu’il se propose de mettre à la disposition de 1’ONATRA pour des déchargements commerciaux.
Dans le volet investissements, l’opinion doit savoir que la RVM est confrontée au problème du renouvellement de ses unités flottantes dont l’âge moyen tourne autour de 40 ans. Et pour ne pas vivre un jour une « catastrophe maritime » du genre Antonov de Kingasani à Kinshasa, le Comité Mbwinga a élaboré et introduit quelques projets auprès des divers organismes de financement et de coopération. Avec l’appui du Gouvernement de la République, dans le cadre des 5 chantiers prioritaires définis par le Chef de l’Etat, ces projets ont été retenus et permettront de renouveler l’outil de production (drague, baliseurs, dock flottant, petites unités flottantes, véhicules de service, etc.).
Le volumineux contentieux judiciaire trouvé dans le passif de la RVM a tendance à prendre du recul grâce à l’engagement, la fermeté et la capacité de négociation du Comité de gestion actuel. Ainsi, comme à la sortie d’un long tunnel, les lueurs d’espoir sont nettement perceptibles ! De quoi admettre que, sans ambages, le COPIREP a vu juste dans l’appréciable choix opéré. Qui dit mieux ?
Les natifs du patelin en quête de leur compte
Dans le contexte de regain d’espoir qui s’observe, il y a un public en droit de savoir de quoi sera fait le rayonnement de la Régie des Voles Maritimes dans son milieu d’implantation, le Bas Fleuve. Il attend une plus grande matérialisation des actions menées dans le vécu quotidien, tant sur l’environnement direct que dans d’autres avantages à tirer d’une entreprise du patelin. Il y a, par exemple, le tronçon resté impraticable reliant la Direction Générale à la Direction Administrative que l’entreprise peut réhabiliter. La population locale attend donc du comité Mbwinga des signaux encore plus forts, tels sur l’emploi des filles et des fils Ne Kongo. Tant cette population tient à extirper les frustrations, du reste fondées, qu’elle n’a cessé d’évoquer, tel le sentiment de ne pas retrouver suffisamment son compte dans la gestion au quotidien, de sa «GECAMINES » du Bas-Fleuve, la R.V.M.
DN/MMC
Last edited: 03/05/2008 13:54:01