Le patenté soldat rwandais Ntaganda, aujourd’hui chef d’Etat-major rwandais du groupe armé CNDP de Laurent Nkunda que ce dernier protège avec obstination, est un criminel de notoriété publique partout à l’Est de la RDC où il a commis les pires atrocités sur les populations congolaises.

On lui reconnaît avoir infligé d’insupportables souffrances aux civils dans l’Est du Congo. Van Woudenberg de HWR soutient qu’il continuait à commettre des crimes. « C’est un homme avec des pistes sérieuses d’un record de violations des droits de l’homme ». Nkundabatware s’est pourtant empressé de déclarer que son chef d’Etat-major est recherché pour des crimes qui n’ont rien à voir avec son passage dans le Cndp. Le contraire nous aurait étonné.
Pour Bukeni Waruzi, directeur du programme Afrique, ONG des droits des témoins, émet les même doutes qu’une certaine opinion nationale et internationale quant à voir Nikundabatware remettre son commandant second à la justice internationale parce que cela peut accroître ses propres chances de répondre à la CPI. Pour lui donc, il revient à la Monuc de s’impliquer, au besoin, de forcer la main à Nkundabatware. Il pense que si on voudrait y aller par des négociations, il faudra des armées avant de rappeler « L’une des tâches de la Monuc est d’empêcher les crimes de guerre ». Pour lui donc, la Monuc a la capacité d’utiliser la force pour ce faire, mais estime-t-il, cela coûtera des vies humaines. Il invite donc la Monuc de réfléchir attentivement. Car, elle ne peut pas facilement avoir Ntaganda comme s’il s’agissait d’un soldat simple.
Quand tout le monde tremble devant le Cndp
Le hic, c’est cette déclaration du Représentant spécial de l’Union européenne pour les Grands Lacs. Pour Van de Geer, une attaque contre Nkundabatware par l’ONU aurait comme résultat une « pleine guerre ». Son avis est que « La MONUC n’a pas la force militaire face aux sept mille hommes du Cndp prêts à mourir ». Cette opinion est partagée par Jean Bosco Habibu de l’ACAT, une Ong contre la torture au Sud-Kivu, il constate à son tour que le gouvernement congolais n’aurait pas également le moyen de combattre Nkundabatware militairement. « Le gouvernement ne possède pas une armée capable de mettre la main sur Ntaganda ». La seule solution c’est la négociation si on veut voir le mandat être effectif. Négocier avec Ntaganda lui-même estime le responsable de cette l’Ong.
Il s’installe un sentiment d’impuissance devant Nkundabatware. La communauté internationale doit s’impliquer propose-t-on, comme Si la Monuc n’est pas déjà la communauté internationale. Encore une fois, cette déclaration du Représentant spécial de l’Union européenne qui sonne comme un encouragement à Nkundabatware à ne pas coopérer avec la Cpi. Pour lui, même si Nkundabatware ne coopère pas avec la Cpi, il ne rompra pas le dialogue avec lui.
Visiblement, Ntaganda est en train d’échapper à la justice internationale. On s’attend à ce qu’il en soit ainsi du Cndp lorsque sonnera son heure. Au finish, c’est avec le Rwanda qu’il faudra négocier. On sait que ce pays a pris soin de ne pas ratifier la charte de la Cpi. Si déjà on ne sait pas livrer Ntaganda, qui livrera Nkundabatware lui même ?
Voilà qui fait que le chef du Cndp refuse de s’intégrer dans un quelconque schéma de paix. Le faire, serait se mettre à découvert, s’engager sur la voie de Thomas Lubanga et autres Katanga. Qui donc mettra un terme à la guerre à l’est de la Rdc ? Question ,angoissante.
(Ern.)Joachim Diana G./L’Avenir
Last edited: 03/05/2008 13:56:35