Le sinistre chef rebelle du groupe armé CNDP nargue cette fois la communauté internationale en refusant d’obtempérer à l’injonction de livrer à la CPI son chef d’Etat-major Bosco Ntaganda reconnu sujet rwandais ayant combattu dans l’Armée patriotique rwandaise.

La vérité c’est un grain de maïs. Lorsqu’on l’enfuit dans le sol, il germe. Il donne plusieurs autres grains de maïs. Il en est ainsi de la situation en Rdc. Certaines capitales de certaines puissances n’hésitent pas à accuser l’impuissance de Kinshasa à mettre fin à l’insécurité dans cette partie de la RDC.
D’autres vont plus loin en accusant le pouvoir de Kinshasa de complicité. Avec qui ? C’est la plus grande injure qu’on peut faire à un Etat que de l’accuser de complicité avec ceux qui massacrent et violent au quotidien ses administrés. Joseph Kabila en particulier, massivement élu à l’Est du pays, n’aurait aucun intérêt de voir cette partie du pays se replonger dans la violence. En politique, il semble que tous les coups sont permis. On peut même mettre sur le dos de n’importe qui des charges inimaginables.
Mais mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose. Le dossier Ntaganda à la Cpi démontre combien la communauté internationale applique une politique ambiguë en Rdc.
Des soldats rwandais à l’est de la Rdc
Quand la Cpi a levé le scellé sur le dossier Ntaganda, il a été demandé à la Rdc de coopérer avec la justice internationale en livrant le criminel à la Cpi. On savait pourtant que Ntaganda était chef d’Etat-major de l’armée du Cndp de Nkundabatware. Et Nkundabatware, avec la complicité de la communauté internationale gère un no men’s land en plein territoire congolais. Malgré la signature de l’acte d’engagement de Goma, Kundabarware fait semblant sage. Et il n’y envoie que de menus fretins. Les gros poissons comme Ntaganda pour plusieurs raisons, ne viendront jamais au brassage. La première raison, c’est que beaucoup de soldats, la plupart d’officiers qui sont avec Nkundabatware, ne sont pas de Congolais. Il s’agit des soldats de l’armée rwandaise.
Nous apprenons de sources bien informées que Ntaganda est un soldat rwandais. Il a combattu au sein de l’Apr et a participé à la prise de pouvoir au Rwanda par Paul Kagame. On l’a retrouvé dans l’Ituri aux côtés de Thomas Lubanga. Quand l’Ituri est pacifié et Thomas Lubanga remis à la justice internationale Ntaganda se retrouve au Nord Kivu dans les rangs du Cndp. Voilà qui établit aux yeux de ceux qui en doutaient encore le « tutsi power ». Partout, au Rwanda en Ituri comme au Nord-Kivu, on se bat pour la cause tutsi. Cette identité de Ntaganda complique l’équation relative à son transfert à la Cpi. Ce transfert dépend de Nkundabatware. Des indices démontrent que pour le chef du Cndp, il n’est pas question de transfert de Ntaganda alias Terminator à la Cpi. Car, en effet, Kigali permettra-t-il de livrer un de ses citoyens ? Ce qu’on craignait est en train de se préciser Nkundabatware estime qu’il ne peut livrer Ntaganda sans provoquer une division de son mouvement. Car, avance-t-il certain soldats lui resteraient fidèles. Et le porte-parole du Cndp, va dans le même sens avec une vaine prétention de dire quelque chose de différent et de soutenable. Pour lui, la décision de comparaître devant la Cpi ne dépend pas de Nkundabatware, mais de Ntaganda lui-même. Il ajoute que Ntaganda est libre d’accepter de répondre à la Cpi ou de refuser. Tout est clair que le dossier Ntaganda est en train de se compliquer volontairement.
L’Union Européenne maintient ses contrats avec Nkunda
Tribunal de la Haye avait levé le scellé le 29 avril dernier sur le mandat d’arrêt émis en 2006. Il accuse Ntaganda de crimes contre l’humanité dans l’Ituri.
C’est ici que l’on entend évaluer l’ardeur de tout le monde. Les Ong de défense des droits de l’homme ont lancé un appel à Nkundabatware de livrer Bosco Ntaganda à la Cpi. La réponse du chef de Cndp ne s’est pas fait attendre. Il ne peut le faire afin de préserver l’unité et éviter la crise au sein du Cndp. On s’attendait à ce que les puissances qui crient sur les toits la nécessité de mettre fin à l’impunité au Congo interviennent énergiquement auprès de Nkundabatware. Jusque-là, aucune réaction appropriée dans ce sens. On peut cependant noter la réaction de Roeland van de Geer, Représentant spécial de l’Union européenne pour la région des Grands Lacs. Ce diplomate européen se met à la place de Nkundabatware et estime que sa position est très difficile. Commence alors un marchandage éhonté pour un criminel aux crimes avérés.
Roeland van de Geer qui a rencontré Nkundabatware à ce sujet, a déclaré que « Nkunda réalise que s’il remet son numéro deux, il donnera un puissant exemple. Il gagnera sur le plan moral, mais la question est de savoir s’il aura l’appui ».
Cela ne l’empêche pas de présenter Nkundabatware comme un homme très rationnel qui croit comprendre que les personnes accusées de crimes de guerre doivent faire face en justice nationale et internationale. Le diplomate en révèle que Nkundabatware et Ntaganda étaient au courant du mandat d’arrêt et ils en avaient.
Les griefs précis portés contre milicien de 35 ans, c’est entre autres, l’enrôlement des enfants âgés de moins de 15 ans dans les Forces patriotiques pour la libération du Congo, FPLC, au cours des années 2002 et 2003. Il lui est aussi reproché des arrestations arbitraires, la torture, l’assassinat et la détention illégale. Il avait été aussi impliqué dans l’assassinat d’un Kenyan et d’un Marocain du maintien de la paix en 2004, sans oublier le meurtre de deux travailleurs humanitaires en 2005 et de nombreuses attaques des villages en Ituri.
(Ern.)Joachim Diana G./L’Avenir
Last edited: 03/05/2008 13:53:38