Escalade verbale entre Bruxelles et Kinshasa, le Pprd mobilisé contre Karel De Gucht, le ministre belge des Affaires étrangères.

Le mercredi 30 avril dernier a été la journée choisie par le secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Evariste Boshab, pour animer un point de presse dont le sujet gravitait essentiellement autour de la dernière déclaration du ministre belge des Affaires étrangères, M.Karel De Gucht.
D’entrée de jeu, le secrétaire général du PPRD a d’abord demandé à l’assistance de « soulever les points droits en signe », comme pour protester contre l’ingérence de M.Karel de Gucht dans la politique intérieure de la République Démocratique du Congo.
Rappelant les faits, M.Boshab dit « Dans le cadre, de la coopération militaire, une visite était prévue avec le ministre belge de la Défense avec son homologue congolais. C’était connu et le calendrier accepté par les deux parties.
Alors que le Président de la République se trouvait à New York au conseil de sécurité, deux autres ministres belges se sont greffés sur cette visite. Alors les visiteurs vont demander que le chef de l’Etat les reçoivent avant midi. Et ils savaient bien que le président se retrouvait aux Etats-Unis.
Il faut des contraintes dans son agenda. Et il faut savoir que lorsque l’on demande une visite ou une audience du chef de l’Etat, c’est ce dernier qui détermine l’heure du rendez-vous. Personne ne peut imposer au chef de l’Etat son programme, qui qu’il soit. Et l’on a signifié à la partie belge que la visite ne pouvait avoir lieu que dans l’après-midi. C’est là que commence l’incident. Ils ont dit « nous avons voulu que le président nous reçoive dans l’avant-midi . Pourquoi il va nous recevoir dans l’après-midi? ».
Poursuivant son speech, M.Boshab a affirmé que dans l’après-midi, le chef de l’Etat a bel et bien reçu la délégation belge. Dans leur entretien avec le président Kabila, les Belges relèvent trois points comme quoi: « Au Congo, il y a premièrement mauvaise gouvernance. Deuxièmement, on ne lutte pas assez contre la corruption. Troisièmement, les droits humains ne sont pas respectés dans ce pays et le chef de l’Etat en tant que garant de la nation doit s’efforcer de mettre fin aux violations de droits de l’hommes ». Et Evariste Boshab d’ajouter : « Nous acceptons les remarques parce que notre propre Parlement interpelle les ministres qui ont fait ceci ou cela ».
Mais pour Boshab, le belge Karel a outrepassé les règles diplomatiques qui, elles, sont basées autour de la courtoisie et l’élégance. A fortiori, quand il est question de s’adresser au chef de l’Etat; les manières les plus civilisées sont requises étant donné qu’il est l’élu de tout un peuple et au titre duquel il représente la nation. « Ce que nous exigeons, c’est que le chef de l’Etat soit respecté », a déclaré Evariste Boshab avant de rafraîchir la mémoire de l’audience avec les péripéties qui ont marqué l’assassinat en 2001 de Laurent Désiré Kabila, alors président en plein exercice de ses fonctions.
J.C. Kitete/Forum des As
Last edited: 02/05/2008 17:59:40