Les trois bancs de la tripartite sociale gouvernement-employeurs-syndicats des travailleurs ont célébré jeudi la fête du Travail ce 1er Mai 2008 , fête qui a revêtu un cachet spécial avec la bonne surprise du cadeau présidentiel de la promulgation de l’ordonnance fixant le Smig en RDC.

La bonne nouvelle de la promulgation la veille du 1er Mai, le mercredi 30 avril, par le Chef de l’Etat le président Joseph Kabila de l’ordonnance fixant pour la première fois en RDC le Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) a dominé la célébration de la Fête du Travail. La ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale, Mme Marie-Ange Lukiana, ne pouvait que souligner l’opportunité de ce qu’elle a judicieusement « le bouquet du jour, venu particulièrement du Président de la République, avec la promulgation ce jour d’un SMIG décent, après avis du Conseil National du Travail, décision attendu depuis plus de 5 ans. Ce SMIG qui dépasse la barre de 100$ pour le manœuvre ordinaire vient contribuer à redresser le front du Congolais dans le concert des Nations ».
C’est dans cette ambiance et sous ce signe de relèvement longtemps attendu du Smig qu’à été placée la célébration cette année de la Fête du 1er Mai. Il a été remarqué à Kinshasa une forte et impressionnante mobilisation des syndicats et des travailleurs au défilé habituel organisé sur le Boulevard Triomphal. La cérémonie a été présidée par le ministre d’Etat à la présidence, Me Nkulu Kilombe, représentant le Premier ministre Antoine Gizenga.
Grand parterre à la tribune !
A la tribune d’honneur avaient également pris place, outre la ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale, principale organisatrice de la cérémonie, le rapporteur adjoint de l’Assemblée nationale, M. Ngokoso, le 2ème vice-président du Sénat, M. Losembe, ainsi que le Gouverneur de la ville, M. André Kimbuta. Il y avait aussi à la tribune des représentants du BIT, de même que plusieurs autres membres aussi bien de l’Assemblée nationale, du Sénat, du Gouvernement central, que de l’Assemblée et du gouvernement de la province de Kinshasa, de même que Mme Jaynet Kabila, présidente de la Fondation M’Zee Laurent-Désiré Kabila, et différentes notabilités tout comme des responsables d’entreprises publiques et privées.

Deux moments forts ont ponctué la cérémonie, d’abord le temps des discours ensuite celui du défilé de plus de deux heures des forces ouvrières. Le premier intervenant fut le président de l’intersyndicale, M. Symphorien Dunia, qui a présenté le traditionnel cahier des charges des travailleurs dans lequel il a stigmatisé un état des lieux des conditions sociales des travailleurs congolais appelant toujours des améliorations pour redonner espoir à la classe laborieuse de la RDC. L’orateur n’a pas manqué de saluer le grand acquis du jour de la promulgation de l’ordonnance présidentielle fixant le Smig.
Le numéro 1 de l’intersyndicale n’a pas été suivi comme de coutume par le délégué du patronat, de sorte que la ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale, a aussitôt pris la parole pour prononcer son message officiel à la Nation marquant la commémoration de la fête du 1er Mai. La ministre a d’abord rappelé l’histoire à la base de cette fête pour s’étendre sur l’action que les nouvelles autorités élus démocratiquement se sont engagées de mener pour l’amélioration des conditions sociales des travailleurs congolais confrontés à d’énormes contraintes d’une conjoncture peu propice sur plusieurs plans. Mme Lukiana a salué à la fin le premier acquis de la restauration du Smig traduisant la détermination du président de la République et du Premier ministre à concrétiser l’amélioration visée des conditions sociales des travailleurs congolais.
Est venu enfin le tour du ministre d’Etat Nkulu Kilombo qui a lui aussi présenté d’abord les précaires conditions sociales qui ont longtemps été le lot du travailleur congolais pour ensuite indiquer que les efforts d’amélioration de ces conditions doivent être l’œuvre de toute la communauté nationale accompagnée par les partenaires multilatéraux pour gager de la conduite à bonne fin des actions envisagées.

Quant au temps fort de la manifestation, il aura été celui de l’imposant défilé de plus de deux heures de passage devant la tribune des colonnes de différentes catégories des travailleurs.
Le défilé a même été ouvert par quelques membres du gouvernement dans les rangs desquels on pouvait reconnaître aux côtés de la titulaire de l’Emploi, Travail et prévoyance sociale Marie-Ange Lukiana, les ministres des Finances Matenda Kyelu, celui près le Premier ministre, en l’occurrence M. Godefroid Mayobo, et leurs pairs de la Culture Esdras Kambale, de la Santé publique, etc.
Pour leur part, les travailleurs vêtus de képis, T-shirts et pagnes colorés avec des insignes symbolisant le travail paradaient fièrement en arborant des banderoles proclamant leur soutien aux "cinq chantiers" (infrastructures, emploi, éducation, eau et électricité, santé) prioritaires du chef de l'Etat, Joseph Kabila, spectacle fort admiré par l’assistance ainsi que les officiels, membres du gouvernement, des élus et quelques représentants de la communauté internationale particulièrement ravis.
Lubumbashi a vibré avec les exploitants miniers !
Il est rapporté que dans les principales villes du pays, se sont déroulés des défilés similaires sous bon encadrement de la police sans qu’il ne soit signé aucun incident. Dans la capitale du cuivre Lubumbashi et poumon économique du pays, il a été constaté que des agents occidentaux et chinois de compagnies minières ont marché aux côtés de leurs employés congolais.

Un cadre chinois, qui a souhaité gardé l'anonymat, a affirmé que l'exploitation du cuivre était "très rentable" en RDC, mais s'est plaint de multiples "tracasseries des services administratifs" et de "taxes illégales" imposées par les services de renseignements locaux.
De son côté, Ilunga Ngoy, ouvrier de la compagnie minière chinoise Kota Mining, a déploré des conditions de travail très dures, en dépit d'un salaire correct. "On est payé 75.000 francs (environ 130 dollars) par mois. Mais on travaille 7 jours sur 7 sans aucune garantie de sécurité", a déploré cet employé préposé à l'entretien du four de l'entreprise, affirmant que les accidents du travail, notamment les brûlures, étaient fréquents.
A Goma, chef-lieu Nord-Kivu dans la partie Est du pays, le gouverneur de province Julien Paluku a assuré que l'augmentation du salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig), qui doit passer de 1 à 3 dollars par jour en 2009, serait scrupuleusement respectée dans sa province. A Bukavu dans le Sud-Kivu voisin, aucune célébration n'a eu lieu: les autorités avaient renoncé à organiser un défilé faute de moyens et les syndicats avaient appelé à "rester à la maison", pour protester contre l'absence de revalorisation des salaires dans la Fonction publique.
DN/MMC
Last edited: 03/05/2008 13:53:07