Le député national qui avait initié la question orale sur les incidents du Bas-Congo se rapportant à l’insurrection de la secte Bundu dia Kongo a été déclaré indésirable dans les villes de Boma et Matadi au Bas-Congo où il avait tenté d’organiser des meetings de sa formation politique.

Le député national Gilbert Kiakwama kia Kiziki, en séjour au Bas-Congo pendant le dernier week-end, a été empêché de parler par des jeunes gens surexcités. Selon une source proche du président national de la Convention pour la République et la Démocratie (CRD) et président du groupe parlementaire des Chrétiens Démocrates (CD), le précité voulait tenir lundi, dans une salle paroissiale de Boma, un meeting à l’intention de sa base.
Mais, avant qu’il ne prenne la parole, des éléments incontrôlés sont entrés en scène, avec des armes blanches, pour lui intimer l’ordre de quitter le lieu et la ville. C’est ce qu’il a fait sans demander son reste.
Croyant trouver un climat plus clément à Matadi, chef-lieu de la province et siège des instituions provinciales, Gilbert Kiakwama a programmé une réunion publique au Ciné Palace mardi. Mais, au moment où il s’est présenté sur le lieu, il a été accueilli par une pluie de pierres et de bâtons, ce qui l’a obligé à rebrousser chemin. Ses pourfendeurs lui demandaient de rentrer dans son Mbanza-Ngungu natal, s’il tenait absolument à faire passer un message politique.
Des témoins des scènes regrettables de Boma et Matadi signalent que des militants de la CRD et des milliers de sympathisants du député Kiakwama, dont la popularité a dépassé les frontières de son district d’origine, les Cataractes, depuis sa brillante prestation au Palais du Peuple dans l’affaire Bundu dia Kongo, étaient prêts à la riposte. Mais, apôtre de la non-violence, ce député national a invité tout son monde au calme et à l’humilité. Que serait-il arrivé s’il avait lancé un mot d’ordre contraire ? Le sang aurait certainement coulé gratuitement dans une province qui a pourtant grandement besoin de paix et de sérénité entre ses filles et fils.
Dans son entourage, on attribue ces manifestations d’hostilité et de violence à une campagne d’intoxication orchestrée contre lui par certains membres du gouvernement provincial. Ceux-ci reprocheraient à l’auteur de la question orale au ministre de l’Intérieur son « déballage » sur les exactions des forces de l’ordre à l’endroit des adeptes de la secte Bundu dia Kongo, lors des événements de janvier/février 2008. Les « vérités » débitées par Kiakwama, indique-t-on, avaient failli couter leurs postes au ministre Kalume lui-même et au gouverneur Mbatshi Mbatshia.
Il est dommage qu’au moment où l’affaire Bundu dia Kongo commence à se tasser et que les esprits se calment progressivement, des pêcheurs en eaux troubles s’emploient à jeter de l’huile sur le feu de l’intolérance politique, ethnique et tribale.
(Yes)Kimp./Le Phare
Last edited: 30/04/2008 17:58:53