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Bonjour | 16/05/2008 17:40 | English Make DC Home page | RSS feed

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L’incident de la verte critique des autorités congolaises par le chef de la diplomatie belge n’a pas été qualifié d’incident diplomatique et n’affectera en rien les relations entre le Royaume de Belgique et la RDC, ont signifié les ministres belges de retour de leur controversée mission au Congo. A quelque chose, franchise - pardon- malheur est bon. Entre la Belgique et la République démocratique du Congo, certes, le ton est monté d’un cran depuis la semaine passée. Mais à Kinshasa et Bruxelles, per­sonne ne parle « d’incident diplomatique ». A peine rentrés dans leur pays, les trois ministres belges qui viennent de séjourner en RDC l’ont souligné lors d’un débat à RTBF (Radio télévision belge francophone). Une chose est certaine: l’heure n’est pas encore à la rupture. Si « l’incident de Kinshasa »  peut être considéré comme clos, le débat autour de ce qui s’est passé dans la capitale congolaise se poursuit encore en Belgique. Déjà, le Premier ministre belge, Yves Leterme, a été entendu de­vant le Parlement. Il a répondu à des questions portant sur le sé­jour de trois ministres belges au Congo.

Il s’agit de Karel de Gucht, Pieter de Crem et Char­les Michel, respectivement minis­tres des Affaires étrangères, de la Défense et de la Coopération et du Développement.

Lundi matin, c’était le tour de ces ministres de venir s’expliquer devant les médias. « L’entretien était empreint de franchise, il le fallait, car  République démocratique du Congo est un pays ami. Il s agit là d’un élément important pour que l’on se dise les choses franchement. En plus, tout tient de cette nouvelle vision de notre diplomatie, et nous avons  parlé à  Kinshasa d’une même voix, reflétant le point de vue du gouvernement belge. Nous pensons que le message est passé. Un message qui a porté sur la lutte contre la corruption, l’enrichissement démesuré. Tout comme nous pouvons affirmer qu’il n’y a pas eu d’incident diplomatique »  a dit Charles Michel, mi­nistre à la Coopération, d’entrée de jeu.

Charles Michel souligne que cette nouvelle diplomatie tient compte du contexte actuel qui n’est plus le même que celui de quelques années auparavant. Qu’il y a des éléments positifs qui sont intervenus depuis quelque temps. Notamment l’organisation des élections en RDC ainsi que l’installation des institutions légi­times, telles que le Parlement qui fonctionne à la satisfaction des partenaires extérieurs.

« Notre responsabilité consiste à accompagner la RDC dans la mise en marche de différentes reformes. Cela nous amène à nous intéresser de près à ce qui se passe dans ce pays. En outre, la Belgique participe dans certains programmes en cours en Rdc. C’est le cas de la lutte contre les violences sexuelles. Il faut nous impliquer davantage dans l’exécution de ces programmes », a encore dit le ministre belge.

Karel de Gucht persiste et signe

Intervenant à son tour par téléphone, Karel de Gucht, mi­nistre belge des Affaires étran­gères a abondé dans le même sens que son collègue. Il a af­firmé que le message apporté à Kinshasa est bien celui du gou­vernement belge qui a mis un accent particulier sur la misère de la population congolaise, l’enrichissement sans mesure de quelques dirigeants congolais et la corruption qui sévit dans ce pays. « Dans les prochains jours, nos interventions porteront leurs fruits », a-t-il relevé.

Interrogé sur les entretiens qu’il a eus avec le président Kabila, il a reconnu que ces en­tretiens ont été francs. « Le pré­sident Kabila s’était bien pré­paré et sa réplique en témoigne. Mais, tout s’est bien passé pendant notre séjour et les autres dirigeants congolais se sont montrés ouverts en vers nous. Quant au mot arrogance, je ne tiens nullement à polémiquer là-dessus », a dit le minis­tre Karel de Gucht. Et si c’était à refaire, comment se compor­terait-il? A cette interrogation, le ministre belge a répondu sans détours: «  Si c’était à refaire, je le ferai avec les mêmes  mots. Je n’ai pas d’excuses à présenter; car pour moi il ne s’agit que de la vérité et nous devons user d’un langage franc. Quant aux relations de « maître à esclave, on pouvait encore évoquer ce cliché 2 ou 3 ans après l’indépendance du Congo. Or quand ce pays a accédé à son indépendance, je n’avais que 6 ans, mon collègue Charles Michel n’était pas encore, né. Ce sont des accusations sans fonde­ment et le président Kabila est seul responsable de ses propos.

Je reconnais que le Président Kabila a été élu et obtenu 58% des suffrages exprimés. Il a la légitimité démocratique. D’où, cette obligation qu’il a d’évoquer toutes les choses qui ont trait aux droits de l’homme. Sur ce point, il n’y a pas d’avancées significatives.

Les militaires, les FARDC sont accusés de brutalités sexuelles, mais ne sont pas du tout poursuivis devant les tribu­naux.

A la question de savoir si lui, Karel de Gucht, évoquera ce même problème en Chine lors­qu’il se rendra le 23 mai prochain à Pékin, il répond: « La position du gouvernement est claire. C’est peut-être une autre question, mais lors de l’inauguration de cette statue, il est clair que nous évoquerons la situa­tion en Chine et au Tibet.

Intervenant sur ce point précis, Charles Michel rajoute que la question des droits de l’homme n’est pas un problème bilatéral, entre la RDC et la Belgique. « Ce problème est inscrit dans l’agenda international. Nous devons en débattre avec les autorités congolaises, pour combattre ce fléau. Il s’agit d’un problème univer­sel », a-t-il insisté.

Ce n’est pourtant pas l’avis de Pieter De Creme, ministre belge à la Défense,  Karel De Gucht a eu des mot durs, un peu provocateurs. Il a manqué un peu de diploma­tie. On ne s’adresse pas à un ami avec les mots durs. C’est alors qu’il s’est attardé sur la coopération bilatérale dans le domaine de la Défense qui se poursuit. Dans le but d’assurer la sécurité et le développement de la RDC, la Belgique continue sa coopération dans ce domaine de la défense, avec des sessions de formation.

L’offensive Chinoise dérange

Les ministres belges n’ont pas caché leurs préoccupations. Ils ont reconnu qu’ils n’étaient pas préparés à l’afflux des milliards chinois, et bientôt indiens.

« Nous n’étions pas préparés à cela. Mais, seulement voilà, nous recevions des informations de la part de la Banque mondiale et du FMI. La République démocratique du Congo est notre partenaire principal. La Belgique dépense 150 millions d’euros par mois, l’argent de ses contribuables après avoir pesé de tout son poids pour que le Congo retrouve sa place dans l’agenda interna­tional. Avec les richesses congolaises, il est normal que les closes soient clarifiées de ma­nière à éviter un déséquilibre plus tard en puisant largement dans les réserves congolaises. En plus, les populations congolaises vivent dans une extrême pauvreté pendant quun petit groupe de personnes est en train de s’enrichir.

Ce déséquilibre peut se manifester dans le domaine de migration et la stabilité de la Ré­publique démocratique du Congo qui a un rôle important à jouer dans la région des Grands-Lacs.

La Belgique a donc une obligation morale, historique. Bien sûr qu’il y a une coopération où l’on tient également compte de la balance économique avec les relations commerciales. Nous ne le cachons plus. Une chose est vraie,  la coopération entre la République démocratique du Congo et la Belgique repart, maintenant sur une nouvelle base », ont quasiment conclu de la même façon les trois ministres qui viennent d’effectuer un voyage « éprouvant » en Ré­publique démocratique du Congo.

A mieux interpréter toutes ces  vérités belgo-congolaises, Kinshasa et Bruxelles ne sont pas encore arrivés au point de rupture.

(Ern.)

Le Potentiel

Last edited: 29/04/2008 16:02:09

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