Si tel est le cas, Pourquoi alors Antoine Gizenga ne démissionne-t-il pas ?
A mon avis, c’est par sagesse. Démissionner, c’est l’acte le plus facile qui soit. Mais, à quoi servirait-il de démissionner si le successeur va devoir se retrouver dans la même situation ?
L’entreprise étant autant à la fois herculéenne que fort risquée, l’age d’Antoine Gizenga peut se révéler un handicap sérieux…
Procéder par ce raisonnement ou le suggérer, c’est bien là le piège. Vous aurez un moins âgé qui serait peut-être plus bouillant, c’est la catastrophe annoncée !
Faire preuve de sagesse et d’intelligence consiste à obtenir, par voie de concertation, ce qui doit absolument être obtenu dans l’intérêt public. Entre démissionner en laissant les choses en l’état et démissionner après avoir obtenu le résultat recherché, le bon sens ne plaide pas pour la première perspective. Pas du tout...
Reconnaissez tout de même que le Premier Ministre subit le poids de l’âge et que démissionner lui ferait du bien
Est-on sûr que sa démission, aujourd’hui, ne suscitera aucune crise ?
L’expérience renseigne que pour combler le vide, on ira aux négociations entre l’Amp et le Palu. Dans la culture politique congolaise, négociations veut dire partage équitable et équilibré du Pouvoir ». Négociations veut dire tirer les choses en longueur.
Hier, c’était encore facile puisqu’il n’y avait aucune limitation au mandat des Institutions. Ce n’est plus le cas. La législature est quinquennale. Une année est déjà consommée. Théoriquement, avec l’année en cours entamée, il ne reste en définitive que trois ans. Autant dire deux, puisqu’à partir de 2010, on va se jeter de nouveau dans la campagne électorale. Avez-vous remarqué combien, même les Opposants, issus et pourtant du verdict des urnes, s’empoignent pour des postes ministériels autant sinon plus que les membres du camp des vainqueurs qui, eux aussi, continuent de se bousculer pour devenir Ministres, à même quand ils sont déjà. Députés, Sénateurs, Ambassadeurs, ADG ? Ouvrez la brèche, et bonjour les dégâts...
Soit, mais la démission reste la voie indiquée…
Je peux au moins vous l’assurer: ayant toujours cultivé un sens élevé de la dignité et de l’honneur, M. Antoine Gizenga n’hésitera pas de prendre cette voie s’il réalise que physiquement intellectuellement et moralement, il n’est plus en mesure d’exercer ses fonctions. En attendant on devrait plutôt l’aider à atteindre l’un des objectifs majeurs de cette troisième République: l’instauration de l’Etat de droit. Entendez l’application des dispositions constitutionnelles légales et réglementaires pour le fonctionnement du Gouvernement et la bonne marche du pays !
Que faire alors ? C’est la quadrature du cercle...
Il n’y a pas quadrature c’est simplement appliquer ces dispositions. C’est tout. Tenter de les contourner, c’est en définitive induire principalement en erreur le Président de la République, pourtant le seul garant établi de la Constitution.
Par ailleurs, au moment où l’Equateur, Kinshasa et le Bas-Congo posent de sérieux problèmes au Pouvoir, l’évidence est que seul le Bandundu fait exception à l’Ouest. Or, c’est cette Province qui, justement, par et pour les noms d’Antoine Gizenga, d’Olivier KAMITATU, de Théophile MBEMBA, de Marie-Ange LUKIANA, de Christian KAMBINGA, d’André KIMBUTA « HAUT SOMMET » et de moi-même à Kinshasa, a déterminé le succès du Président Joseph Kabila au 2ème tour.
Avec sa forte présence à Kinshasa, la communauté bandundoise joue un rôle décisif dans l’équilibre politico-sécuritaire des Institutions de la République. L’honnêteté commande de l’admettre et de le reconnaître.
Aussi, toute tentative de déstabiliser le Bandundu a t-elle pour effet la consommation de la fracture Est-Ouest!
Je doute fort que le Président de la République soit du côté de ceux qui veulent franchir le Rubicon, en le poussant à un suicide politique qui pourrait lui être fatal en 2011. Bien au contraire, sous Joseph Kabila, le pays a une chance immense d’instaurer la régulation du fonctionnement des Pouvoirs publics.
Nous percevons, nous à l’Arc, la volonté du chef de l’Etat de faire avancer les choses dans ce sens là !
Un mot de la fin ?
Je le formule en trois contextes. D’abord, Le contexte national et international. Ensuite le contexte de la priorité objective pour les Institutions et pour toute la population congolaise. Enfin; le contexte de la responsabilité mutuelle entre, d’une part, le Président de la République et son allié, le Premier Ministre et, d’autre part, la communauté nationale et la Province du Bandundu en particulier...
Allez-y
Le contexte national international est caractérisé par des forces négatives et centrifuges qui ne se sont pas encore départies de l’idée de déstabiliser le Congo. Parmi les armes utilisées, il convient de citer les rumeurs et les conseils malveillants, astucieusement donnés en vue de pousser les responsables du pays à des erreurs et de créer ainsi plusieurs fronts d’opposition et de rébellion difficilement maîtrisables par une autorité de l’Etat en voie d’affermissement.
(Milor)Forum des As
Last edited: 30/04/2008 18:06:41