Digitalcongo.net 3.0

Home
Bonjour | 16/05/2008 18:25 | English Make DC Home page | RSS feed

Actualite RDC

International

Services

NEWSLETTER 'Basango'
CONNEXION Nom d'utilisateur Mot de passe Rappellez-moi | Vous avez oublié votre mot de passe? | Déjŕ inscrit?
La dégradation du secteur énergétique de la RDC fait l’objet d’une question orale avec débat inscrit à l’ordre du jour des plénières de cette semaine à l’Assemblée nationale où le comité de gestion de la Société nationale d’électricité (Snel) est attendu pour explications. La Société nationale d’électricité doit s’expliquer sur son inaptitude à rationaliser le site hydroélectrique d’Inga et à disponibiliser le courant électrique pour ses nombreux consommateurs de la RDC tout comme du reste de l’Afrique. C’est à la tribune de l’Assemblée nationale que le comité de gestion de la Snel devra se défendre. Ainsi en a décidé la Chambre basse du Parlement au terme d’une question orale avec débat inscrit au cours de cette semaine.

Le gouvernement pensait bien faire en mettant en place, il y a quel­ques mois aux commandes de la Société nationale d’électricité (Snel) le comité Yengo Masanmpu, en remplacement de celui dirigé par Vika di Panzu, dé­fenestré pour l’aptitude à remplir l’objet social de la seule entreprise publique jouissant encore du mo­nopole sur l’ensemble du territoire national dans la production, le trans­port et la distribution du courant électrique.

Sans doute que Jeannine Mabunda, ministre du Portefeuille, et son collègue de l’Energie, Salo­mon Banamuhere, prédisaient une sortie rapide de la zone rouge par juste un changement d’hommes à la tête de l’entreprise.

Mais, les deux membres du gouvernement avaient certaine­ment minimisé les graves dysfonc­tionnements qui continuent à ron­ger cette entreprise publique. Les hommes ont été certes, remplacés, mais les problèmes de la Snel sont restés presque intacts. Qui pis est, ils se sont même aggravés. Car, aujourd’hui, si la Snel n’est pas ab­sente là où on l’attend le plus, elle fait preuve actuellement d’une inaptitude à remplir la mission pour laquelle elle a été créée dans les années 1970 de la fusion d’un cer­tain nombre d’unités de production héritées de la colonisation.

Bref la Snel se meurt. Le gouvernement qui ne trouve en pareille circonstance que la suspen­sion du comité de gestion en place ne sait plus à quel saint se vouer, sa stratégie ayant montré des li­mites, partout où elle a été appliquée, à la Regideso tout comme à la Snel ainsi que dans bien d’autres entreprises publiques. C’est donc en toute passivité que l’on assiste à la descente aux en­fers d’un géant du portefeuille, une entreprise qui a sous sa gestion l’un des plus grands barrages de l’Afri­que, Inga, après éventuellement celui d’Assouan en Egypte.

Aujourd’hui, la Snel a tout l’air d’un parent pauvre, une entreprise en état de banqueroute, car non seulement qu’elle est in­capable de financer son cycle d’exploitation, mais surtout l’entre­prise n’est plus à mesure de ré­pondre efficacement à l’attente la plus légitime de sa clientèle, c’est­-à-dire jouir du courant électrique.

Les grands centres de consommation tels que la ville de Kinshasa et la province minière du Ka­tanga en font les frais. A Kinshasa, le marché des groupes électrogènes est en pleine expan­sion.

Au moment où le monde ré­fléchit sur l’énergie propre pour faire face au réchauffement cli­matique, certains foyers ou orga­nismes bien nantis explorent déjà l’énergie solaire ou l’énergie éo­lienne.

Tout part d’Inga

Mais, le drame est à quel­ques kilomètres de la ville de Kinshasa où se trouve un site hydroé­lectrique, construit dans les années 1970 en vue de balayer en énergie électrique une bonne partie du con­tinent noir. Aujourd’hui, le grand rêve d’Inga s’est effrité.

Tout ré­cemment à Londres au Royaume- Uni, certains experts à l’absence des officiels congolais, hormis quel­ques représentants non experts d’ailleurs de l’ambassade Congo­laise en Grande Bretagne ont ré­fléchi sur le grand projet Inga 3. La question en RDC est évoquée, mais en sourdine, car le plus ur­gent est d’abord de disponibiliser le courant électrique auprès de nombreux consommateurs de la Snel.

Ce sont apparemment tou­tes ces questions, et bien d’autres d’ailleurs qui ont motivé l’Assem­blée à initier au courant de cette semaine une question orale avec débat au comité de gestion de la Snel, et par conséquent au minis­tère de l’Energie et du Portefeuille qui en assument la double tutelle. Avec cette interpellation, il s’agit pour l’essentiel de mettre en exer­gue les faiblesses du comité de gestion Yengo. Pas seulement sur les nombreux dossiers de fiabilisation et de rationalisation du site d’Inga où sont impliqués nombreuses entreprises telles que Mag Energy ou encore BHP Bilition, mais également et surtout les autres dossiers qui démontrent l’incapacité de faire face aux défis de la Snel.

Des points chauds

Sur la table de discussion, l’Assemblée promet de se pencher entre autres sur le dossier des transformateurs de Liminga et de la Funa à Kinshasa, en partie res­ponsables des perturbations que l’on observe actuellement du cou­rant électrique sur une bonne par­tie de la ville. A Liminga, les experts de la Snel ont préféré répa­rer pour un coût, de 200.000 Usd le transformateur défectueux alors qu’il suffisait de déplacer un trans­formateur de réserve qui se trouvait à Maluku. Deux semaines seu­lement après la réparation effectuée par la firme ITS, le transfor­mateur était de nouveau en panne parce que le comité de gestion n’avait pas prévu de mettre en place le système de sécurisation c’est-à-dire les stabilisateurs et autres, tel que proposé par le sous-traitant. A ce jour, ce transformateur doit être réparé une fois de plus, parce que ITS avait averti qu’il fallait bien le protéger pour éviter d’autres avaries de même genre. Mais, pour cette erreur de management, ce sont 200.000 dollars qui sont partis en fumée sans que l’objec­tif de fiabilisation n’ait été atteint.

A la station de Funa, il se pose le même problème de transfo alors que les exploitants ne ces­saient de demander au comité de gestion de verser l’argent pour la réparation même de routine.

Un autre dossier, certaine­ment à débattre à l’Assemblée nationale, est la mort lente du site hydroélectrique de Zongo, toujours dans le Bas-Congo. Le barrage de Zongo est aux arrêts pour des rai­Sons de réparation qui devaient prendre, selon les experts, plus de deux semaines. Par l’inaptitude du comité de gestion de la Snel à pré­céder certains événements, 20 Megawatts ne seront pas sur le réseau parce que la bonne déci­sion n’avait pas été prise à temps réel.

L’autre point sur lequel de­vait se pencher l’Assemblée nationale se rapporte au projet mi­nier de Tenke Fungurume dans le Katanga pour la réhabilitation d’un barrage. Au départ, les études pré­liminaires avaient estimé le coût global des travaux à environ 45 mil­lions de dollars.

Retournement de la situation, quelques jours après la transmission des conclusions de cette étude au comité de gestion, le montant a été sensiblement revu à la hausse pour se fixer à 145 mil­lions de dollars américains. Montant accepté du reste par le comité de gestion sans confrontation préa­lable avec une autre expertise. Et pourtant, des études menées anté­rieurement ont attesté que les tur­bines visées étaient de moindre capacité que celle de Inga II, voire Inga I. Pour Inga II, des études transmises à la Snel ont estimé à 110 millions de dollars la remise en état de quatre turbines de 170 mé­gawatts. Pourquoi alors des turbi­nes de moindre capacité coûte­raient-elles plus ?

Autant de questions qui élu­cideront au niveau de l’Assemblée la grande nébuleuse qui entoure la gestion de la Snel, raison évidente la non incapacité à faire face à son objet social.

(Ern.)

Faustin Kuediasala/Le Potentiel

Last edited: 28/04/2008 17:08:00

Avenue Kabasele Tshiamala No 21 (Ex. Avenue Flambeau No 4)
Kinshasa/Gombe, RD Congo
E-mail: lettres@digitalcongo.net, relapub@digitalcongo.net
Tel.: +2438941010; Fax.:+1 801 665 1067