La République démocratique du Congo aura passé l’essentiel des années de son indépendance à obéir à la Belgique.

Chaque fois qu’un dirigeant congolais estimait que de ce mariage avec la Belgique, la Rdc ne tirait rien et que par conséquent il fallait trouver d’autres voies de développement, la sentence de la Belgique était sans appel : la mort ou l’humiliation. Pendant que le pays était en guerre, aucun officiel belge n’est venu dénoncer ouvertement la rébellion. Mais il fallait attendre qu’au prix de sacrifices, les Congolais mettent en place un gouvernement qui avait comme objectifs primordiaux à atteindre, la fin de la guerre et l’organisation des élections, pour que le chef de la diplomatie belge estime que c’était le moment d’appeler ce gouvernement à opérer des miracles.
Aujourd’hui, le pays a organisé les élections. Joseph Kabila et toute sa majorité ont fait des promesses au peuple congolais qui a des besoins réels. Il est clair que pour répondre à ces besoins, les miettes que Belges et autres apportent ne peuvent même pas servir de « console-misère ». Si les dirigeants congolais n’étaient pas responsables comme le prétend Karel De Gucht, ils seraient là à attendre. Puisqu’ils se contenteraient de suivre le courant, ils auraient le plein appui de la Belgique… Pendant ce temps, le peuple ne trouverait pas son compte. Puisque le gouvernement perse que l’intérêt du peuple est au-dessous de tout, et cherche à lui offrir les infrastructures dont il a besoin, cela énerve les Belges. Les sentiments anti-Congo se mue en sentiment anti-Kabila.
Les contrats chinois le nerf de la guerre
Cette fois, les Belges estiment qu’ils auraient beaucoup lait pour que les élections aient lieu. Par conséquent, le gouvernement issu de ces élections lui doit obéissance absolue. Puisque tel n’est pas le cas estime-t-on à Bruxelles, il faut mettre la Rdc au ban de la communauté internationale. Ainsi peut-on lire dans la presse belge des abominations du genre : C’est « l’orgueil de Kabila qui pose problème » et d’ajouter qu’il s’agirait d’un orgueil qui précéderait la chute ». Et il émet le souhait qui en fait, justifie la mauvaise humeur belge : « On peut espérer que cette chute ne se fera plus attendre ». Ces propos sont tenus dans un journal d’un pays qui se dit donneur de leçons de démocratie. Comment un chef de l’Etat élu, qui a un mandat précis, peut-il chuter au milieu du mandat parce qu’un pays étranger ne serait pas d’accord avec lui? Et le journal flamand « Het Laatste Nieuws » verse finalement sa bile pour justifier ce qu’il appelle « orgueil de Kabila », ce que son ministre des Affaires étrangères appelle « corruption et mal gouvernance du gouvernement congolais », en s’interrogeant : « Y’a-t-il encore quelque chose à attendre du « Congo chinois » ?
Voilà craché tout l’esprit néocolonialiste belge. Pour que le Congo soit chinois aujourd’hui, au point de provoquer la colère de Bruxelles, c’est que les Belges pensaient jusque hier que nous étions toujours au « Congo belge ». Voilà tout le fond de la politique, mieux de la colère belge que Karel De Gucht a difficilement et maladroitement cherché à dissimuler sous les accusations de « corruption, de mal gouvernance, d’impunité ou encore d’insécurité à l’Est du pays ».
Joachim Diana/L’Avenir
Last edited: 28/04/2008 15:50:18