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Bonjour | 06/07/2008 2:51 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le MLC de Jean-Pierre Bemba en a marre de ce qu’il qualifie d’insubordination de son membre et député national Yves Kisombe qui avait osé s’attaquer à l’allié leader de la secte Bundu dia Kongo. La sentence est sans appel : Yves Kisombe est radié du MLC avant de perdre sans doute son mandat parlementaire. Il n’avait aucune chance. Yves Kisombe ne pouvait que tomber. Il a tant nargué son Chairman. Il a pourtant tout fait pour se faire pardonner.

Mais c’était mal connaître Jean-Pierre Bemba Gombo par ailleurs engagé dans une lutte contre la mort. En réalité, le fils de feu Kisombe Augustin Kia Ku Mwisi qui s’est laisser piéger lui-même ne paie que pour l’exemple. C’est un message à peu de frais adressé à d’autres, plus importants. En tête Sessanga, mais aussi - et pourquoi pas - à François Mwamba la veille de la désignation du porte-parole de l’opposition.

Après l’avoir radié du parti, jeudi 24 avril, le Bureau politique du MLC entend poursuivre le député Yves Kisombe jusqu’à le faire partir de l’Assemblée nationale. Selon des sources proches du siège de MLC, une lettre dans ce sens va être déposée incessamment (si elle n’a pas été déposée) au Bureau de l’Assemblée nationale que préside Vital Kamerhe.

Les choses sont donc allées très vite. Après la déclaration des députés et sénateurs du MLC, suite aux déclarations fracassantes d’Yves Kisombe, jeudi 27 mars, sur l’affaire BDK à l’Assemblée nationale. Yves Kisombe a, depuis, beau faire acte de contrition.

Son parti, du moins le Bureau politique du MLC, a clos le dossier en prenant enfIn, jeudi 24 avril, à Kinshasa la décision de sa radiation, au motif de « trahison ».

On se souvient, seul organe habilité à exclure un membre en dehors du président du parti, le Bureau politique du MLC, s’était réuni, les 1èr et 2 avril, pour faire le point sur « des problèmes de l’heure », notamment l’élection du porte-parole de l’Opposition politique, le retour de Jean Pierre Bemba au pays, le projet de la loi d’amnistie, les élections locales et le cas Yves Kisombe.

On voyait mal comment la position de cet organe pouvait aller à l’encontre de l’opinion exprimée par le groupe politique du MLC à l’Assemblée nationale, les. députés provinciaux et la base qui obéissent, chaînes aux pieds, aux ordres de JPBG. Leg, lieutenants du Chairman avaient ni plus ni moins clairement demandé l’exclusion de Yves Kisombe, non seulement du parti, mais aussi de l’Assemblée nationale.

Cependant, en cas d’exclusion par son parti, le député ou le sénateur ne perd pas son mandat. La Constitution dit ce ci (article 110): « Tout député national ou tout sénateur qui quitte délibérément son parti politique durant la législature est réputé renoncer à son mandat parlementaire obtenu dans le cadre dudit parti politique ». Avant de prendre cette décision de radiation, les Eléphants du MLC avaient ouvertement interdit à Yves Kisombe de parler en public au nom du parti.
Quand on sait comment fonctionne le MLC, machine politique, il ne faisait l’ombre d’aucun doute que la sentence serait la révocation d’Yves Kisombe. Ce dernier n’a pas voulu anticiper sur son départ, laisse-t-on entendre.

Ce qu’il ne comptait pas faire d’ailleurs -peut-être par crainte de perdre son mandat de député national. Mais maintenant que le MLC l’a dit qu’il va entreprendre auprès du bureau de l’Assemblée nationale le déclenchement du processus de son invalidation au profit de son suppléant, que va-t-il arriver?

Déjà en disgrâce

Yves Kisombe était déjà en disgrâce au sein du MLC. En décembre 2007, par exemple, Jean Pierre Bemba Gombo, lui­même, a refusé de le recevoir à Faro au Portugal, où il vit en exil.

On a reproché à Yves Kisombe d’avoir rencontré la première dame, Olive Lembe Kabila, à Bruxelles, en marge du festival Yambi, avant de se rendre au Portugal. Yves Kisombe s’en défend toujours.

Mais ses interventions à l’Assemblée nationale et même à la presse, jugées pro-pouvoir en place, commençaient à déranger les cercles de réflexion du MLC.

« Le Bureau politique du MLC a pris acte du fait que ce dernier s’est, plus d’une fois, mis en marge de la ligne du parti. Tenant compte des dispositions disciplinaires du règlement intérieur du parti, l’Honorable Yves Kisombe a commis des fautes disciplinaires visées par les articles 14 et 24, notamment: les actes d’insubordination, d’atteinte à l’image de marque du parti, les actes de préjudice aux intérêts du parti et les attitudes contraires aux objectifs fondamentaux du parti », peut-on encore lire dans la déclaration politique du MLC, datée du 2 avril et signée par François Mwamba, le secrétaire général.

Kisombe est tombé en disgrâce bien avant le député Delly Sessanga Hipungu qui a tenté de forcer le MLC à accepter des courants en son sein, pour sortir le parti de la léthargie en prévision des échéances prochaines. Avant eux, Vincent de Paul Lunda Bululu, Alexis Thambwe Mwamba, Olivier Kamitatu Etsu et Valentin Senga ont fait les frais de ce qui pourrait être nommé « intolérance politique », mais que d’autres pourraient également designer comme « discipline du parti ».

En politique, une trahison reste une trahison, explique-t-on au siège du MLC. C’est cela que les députés et sénateurs du MLC reprochent à Yves Kisombe. Il a eu tort de mettre en avant-plan l’intérêt supérieur de la nation et son appartenance régionale au détriment des intérêts politiques de son parti, lors des débats, jeudi 27 mars, sur les derniers événements du Bas-Congo dans l’affaire Bundu Dia Kongo.

(Ern.)

Patence Kimvula & Tshigombe Lukusa/Le Soft

Last edited: 26/04/2008 16:05:47

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