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Bonjour | 17/05/2008 5:15 | English Make DC Home page | RSS feed

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La crise provoquée par le discours fracassant et injurieux du ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht lors de sa visite de travail à Kinshasa continue à empoisonner les relations entre Kinshasa et Bruxelles. La classe politique belge est divisée autour des pro­pos de Karel de Gucht, ministre des Affaires étrangè­res. Il est fort possible que le Premier ministre belge, Yves Leterme, vienne en personne à Kinshasa rencon­trer le Président Kabila pour éteindre le feu. La pro­position a été faite au Parlement belge, jeudi 24 avril, au cours d’une question orale au chef du gouverne­ment. Dans un article intitulé « Karel De Gucht n’a pas dérapé », le quotidien bruxellois La Libre Belgique décortique la situation qui prévaut actuellement entre la Belgique et la RD.du Congo. Un débat a pris corps, à ce propos, au Parlement belge, mettant à nu les discordances manifestes au sein de la classe politique du Royaume.

Certains acteurs soutien­nent que le ministre belge des Affaires étrangères n’a pas dé­rapé et que les propos tenus à Kinshasa reflètent bel et bien le point de vue du gouvernement. Version soutenue par le Premier ministre belge qui se dit préoc­cupé par la situation en RDC, où il dénonce la mauvaise gouvernance et la corruption.

D’autres parlementaires relèvent que la proposition du gouvernement n’a pas été discu­tée au Parlement et qu’il est temps, en Belgique, de mettre un terme à « cette attitude paternaliste et colonialiste ».

En dépit de ce débat, dès lors que le président Kabila es­time qu’il n’y a « pas eu d’inci­dent », plusieurs parlementaires belges ont proposé que leur Pre­mier ministre, Yves Leterme, se rende à Kinshasa pour rencon­trer le président Kabila. Sa mission consisterait à donner une nouvelle impulsion à la coopéra­tion ancienne entre les deux pays. En d’autres termes, il devra saisir cette opportunité pour éteindre le feu afin de dissi­per les nuages qui tentent d’as­sombrir les relations entre Kins­hasa et Bruxelles.

Solidarité gouver­nementale

 Devant le cafouillage que veulent entretenir les acteurs politiques belges, des témoignages accablants donnent un éclaircis­sement sur leur démarche.

Selon Pierre Gilisen, jour­naliste à Libre Belgique, le dis­cours musclé de Karel De Gucht reflète bien la position du gouvernement. Tout avait été concerté la semaine der­nière. Cinq questions dont trois émanant des bancs de la ma­jorité ont été posées jeudi 24 avril après-midi en séance plénière de la Chambre. C’est clair que la politique congo­laise de la Belgique pose ques­tion. C’est Yves Le terme lui-même qui a répondu aux ques­tions. Vlaams Belang excepté, toutes les interventions sont allées dans le même sens, far­ce avec quelques nuances n’est-on pas en train d’enve­nimer inutilement nos relations avec la République démocra­tique du Congo, alors que les Congolais ont besoin de nous ?

Evidemment, la question posée par le président Kabila à la Belgique sur le style de rela­tions à entretenir avec la RDC a provoqué un effet boomerang à la Chambre belge. « Pour moi, 1’essentie1 c’est que la Belgi­que doit se décider à propos du type de relations qu’elle souhaite entretenir avec la Ré­publique démocratique du Congo. Soit de bonnes, de très bonnes relations de partenariat  adulte avec un Etat sou­verain et indépendant, soit de relations de maître à cheval, avait-il déclaré dans l’interview au journal Le Soir.

Le débat, selon Libre Bel­gique, a finalement porté plus sur l’évaluation des progrès engran­gés que sur la question essentielle. C’est-à-dire la manière la plus efficace de faire passer le message. Faut-il privilégier la di­plomatie discrète ou le bâton ?

La classe politique belge divisée

Mais, l’autre préoccupa­tion a été mieux exprimée par Christian Brotcome (CDH) (Les propos de Karel De Gucht reflètent-ils ce qui avait été confié au ministre des Affaires étrangères dans le cadre de cette mission ? « Le journal Li­bre Belgique de préciser: réponse du Premier ministre a été sans ambiguïté: c’est oui. Le message des trois ministres reflète la position de 1’ensem­ble du gouvernement. Il a été fixé la semaine dernière en concertation et on a ample­ment parlé » alors de la teneur du discours de Karel De Gucht.

Cet aveu ne fait pas l’una­nimité. D’autres parlementaires réservent leur avis. Le chef du groupe CDH a suggéré au Premier ministre « d’envisager un voyage sur place pour peut ­être éteindre ce qui ne devrait pas devenir une stérile polémique.

Même invitation de la part de Juliette Boulet (Ecolo), mais saupoudrée de propos plus durs, poursuit La Libre Belgique. Vous devriez aller sur place pour vous rendre compte de ce que les Congolais attendent réellement, suggère la députée. La représentante des Verts a qualifié de « colonialistes et paternalistes » les propos du chef de la diplomatie belge. Elle a évo­qué deux poids et deux mesures par rapport à l’indulgence dont la Belgique fait preuve, à ses yeux, à l’égard de la Chine. « Là, on tarde, on s’en remet à l’Eu­rope, par crainte de sanctions économiques ». Elle s’est enfin plainte de ce que l’on parle au nom des Belges, alors que la note politique de Karel De Gucht n’a pas encore été distribuée et n’a donc pas pu faire l’objet d’un débat au Parlement.

André Flahaut (PS) a d’abord enfourché son dada, la politique de Défense, pour cons­tater, en résumé, que c’est la continuité qui prévaut. Mais lui aussi a poussé Yves Leterne à prendre contact avec le Président de la RDC pour lui repréciser les termes des accords conclus, et enfin à revenir au calme et à des relations normales. Pour lui, un partenariat, ce n’est pas seulement des chiffres, c’est une relation de confiance en­tre des responsables, et cette confiance se gagne dans la durée ».

Leterme sévère mais conciliant

A. Flahaut a estimé que cette relation doit aussi évoluer dans le temps en tenant compte des circonstances nouvelles. « La Belgique est encore accep­tée autour de la table, mais elle n’est plus le partenaire exclu­sif ni même privilégié, qui peut se permettre d’expliquer ce qu’il faut faire en levant le gros doigt ». En résumé, il s’est in­quiété « de l’attaque frontale et peu diplomatique contre les autorités politiques du Congo ». Le Congo qui, a-t-il rappelé, est un Etat souverain.

Yves Leterne viendra-t-il au Congo ? Selon Libre Belgi­que, le Premier ministre belge n’a pas répondu jeudi 24 avril à cette question. Mais sur le fond du problème, il est resté sévère. « La façon dont les choses se déroulent là-bas est préoccupante, en matière de bonne ad­ministration, de l’organisation d’un Etat de droit et de lutte contre la corruption. Il y a trop peu d’avancées. Sans cela, ce pays ne se relèvera jamais.

Il a encore évoqué la si­tuation dans l’Est, « qui est loin d’être normalisée » et rejeté l’ac­cusation de néocolonialisme. Pour lui, « la RDC est un Etat souve­rain avec lequel la Belgique entretient une relation, particu­lière et ancienne, de partenariat ». Il s’est donc montré con­ciliant en minimisant la portée des propos tenus, M. Kabila ayant, selon lui, « estimé lui-même qu’il n’avait pas eu d’incidents.

Bien entendu, l’on attend la suite des événements. Une lecture du climat ambiant qui ne sera vraisemblablement pas par­tagée par tout le monde. Pour preuve, ces réactions des autres journaux belges. En Belgique, cette brusque montée de tension suscite aussi des remous. Bruxelles a « raison de s’inquié­ter du chaudron social qui bout au Congo, de la « violence » et des « pots de vin », estime Le Soir. Mais, les minis­tres belges seraient-ils aussi fermes au Kazakhistan, en Chine ou aux Etats-Unis ? Se conduiraient-ils de manière aussi arrogante et gaffeuse ? », se demande une éditorialiste du journal.

Le quotidien Het Belang Van Liinburg estime pour sa part que c’est « l’orgueil de Kabila qui pose problème ». « Mais l’orgueil, souvent, précède la chute. On peut espérer que cette chute ne se fera plus at­tendre », écrit le journal néerlandophone.

Un autre quotidien fla­mand, Het Laatste Nieuws, ra­mène le problème à des enjeux économiques. « Y’a-t-il encore quelque chose à attendre du « Congo chinois » Face à cette bourrasque rhétorique belgo-belge. Les Congolais se souviennent d’un des leurs qui, en son temps, avait prévenu, dans les mêmes circonstances, qu’il n’est pas facile d’être le Congo ». Nous sommes préve­nus.

(Ern.)

Le Potentiel

Last edited: 26/04/2008 15:35:23

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