Loin d’être un tardif poisson d’avril, la nouvelle est pourtant vraie. En effet, une dépêche de l’ACP dont on connaît le sérieux dans le traitement des informations, datée de Bukavu, fait état de la formation politico-militaire à laquelle sont soumis les enseignants congolais au Rwanda.

Détenus au cachot de l’Agence nationale des renseignements (ANR) à Bukavu, ces enseignants sont suspectés d’être en formation politico-militaire avec pour objectif, selon le commandant de la police des frontières, d’agresser la République démocratique du Congo.
Un des détenus qui a requis l’anonymat a indiqué qu’ils suivent cette formation avec leurs collègues rwandais, avant de préciser que les premiers modules ont porté sur la lutte contre le génocide quatorze ans après celui qui avait endeuillé le Rwanda en 1994.
Alors que les formateurs sont tous recrutés parmi les cadres politico-militaires rwandais, la formation elle-même se déroule en kinyarwanda dans les différentes préfectures du Rwanda.
De ces douze enseignants de la communauté congolaise du Rwanda, rapporte l’Acp, cinq ont été arrêtés alors qu’ils s’apprêtaient à traverser la frontière pour se rendre dans la préfecture voisine de Cyangugu, pendant que les sept autres revenaient de la formation au moment de leur arrestation boudin.
Dispositions sécuritaires
Aussi vrai que les frontières congolaises ont la triste réputation d’être poreuses, c’est maintenant que les autorités congolaises aussi bien provinciales du Sud-Kivu que du gouvernement central se doivent de prendre toutes les dispositions d’ordre sécuritaire qui s’imposent pour faire échec à toute nouvelle tentative de déstabilisation de notre pays.
On n’est pas prêt d’oublier la double agression dont la Rd Congo a été victime il y a quelques années de la part du même Rwanda, chaque fois à la faveur de l’effet de surprise. Tout simplement parce que des dispositions sécuritaires appropriées avaient fait défaut, ou tout au moins, parce qu’elles étaient insuffisantes.
Celles-ci, faut-il le souligner, impliquent non seulement le renforcement des éléments des FARDC commis à la sécurité des frontières communes avec le Rwanda, mais aussi et surtout, la mise à leur disposition de matériels de communication performants et de la motivation conséquente susceptible de les mettre à l’abri du besoin.
On se souviendra que plus d’une fois, les troupes des FARDC ont été placées dans la situation de privation ou d’insuffisance de la logistique qui a contraint certains de leurs éléments à décrocher pour les uns et à se faire tuer pour les autres, les plus malchanceux. La formation politico-militaire à laquelle sont soumis les enseignants congolais intervient à un moment où la situation sécuritaire à l’Est (Nord-Kivu et Sud-Kivu singulièrement) est des plus préoccupantes justement sur le plan sécuritaire.
Elle soulève par ailleurs une interrogation de taille qui consiste à rechercher à savoir pourquoi particulièrement, les enseignants ont-ils été ciblés pour suivre cette formation politico-militaire qui plus est, en langue kinyarwanda ?
La réponse paraît simple à première vue. Pédagogues de formation, les enseignants représentent, à coup sûr, le canal approprié par lequel peut être véhiculé le message de conscientisation, de manière efficace, les populations des deux Kivu sur la nécessité d’épouser la thèse et les motivations d’une nouvelle agression rwandaise contre la RDC.
C’est d’autant plus vraisemblable que le retour à une paix définitive au nord et au Sud Kivu, conséquence de la dernière Conférence sur la paix et le développement, n’est pas du goût des autorités de Kigali, dans la mesure où la stabilité retrouvée dans cette partie de la République serait un arrêt brutal du pillage de nos richesses naturelles qui ont requinqué l’économie du Rwanda.
Que ce pays fasse grise mine au rapatriement des ex-FDLR et autres Interahamwe n’est qu’une indication manifeste de sa détermination à voir se perpétuer la période d’instabilité au Nord et au Sud Kivu, quitte à en tirer les dividendes substantielles. D’ou, toutes les initiatives visant le rétablissement des relations diplomatiques rwando-congolaises se heurtent chaque fois à des subterfuges de toutes sortes pour en retarder sinon en empêcher la matérialisation.
Le dernier cas en date est l’échec du sommet Kabila -Kagame qui aurait dû avoir lieu la semaine dernière à New York, aux Etats-Unis, le chef d’Etat rwandais ayant préféré s’y faire représenter par une délégation sans pouvoir réel. Pour des raisons évidentes.
C’est autant dire que c’est toujours la logique d’agression et, au-delà, d’asservissement de la RD Congo qui prévaut à Kigali. La formation politico-militaire des enseignants congolais est à inscrire dans cette logique guerrière du Rwanda. En attendant les conclusions de l’enquête ouverte sur la raison de cette formation après l’arrestation de ces enseignants congolais, il est grand temps pour le pouvoir de prendre toutes les mesures sécuritaires qui s’imposent pour placer nos frontières sous surveillance tous azimuts. Mais aussi extirper le Nord et le Sud Kivu de tous les éléments rwandais déjà infiltrés et congolais acquis à la cause de Kigali, Mieux vaux prévenir que guérir.
(Milor)
Jeef Kalambaie/Uhuru
Last edited: 25/04/2008 16:15:14