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La situation sécuritaire au Kivu avec sa recrudescence de violence constatée encore ces derniers temps exige que les parties impliquées dans la pacification de la région se concertent à nouveau pour une requalification des accords et engagements à la paix signés jusqu’à présent. Les confits armés en RDC, notamment dans sa partie Est, font de plus en plus partie du quotidien,  allusion faite aux derniers affrontements à l’arme lourde au Nord Kivu entre l’une des factions Maï-Maï des Patriotes résistants congolais (Pareco) et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (Fdlr) le 16 avril 2008 à Kingi, dans un premier temps, et dans un second, entre ces Pareco et les éléments du Congres national pour la défense du peuple (Cndp). Aussi, le 20 avril dernier, les Forces armées de la République Démocratique du Congo (Fardc) ont eu des accrocs avec quelques éléments Maï-­Maï et des Fdlr dans les localités de Kyala et Mirindi, à quelque 20 Km de Goma dans le district de Rutshuru (Nord Kivu).

A première vue, il est ambigu que l’on apprenne des accrochages entre les Maï-­Maï et les Fardc car, tous Congolais, ont en principe un objectif commun, la pacification de la RDC. Analysés minutieusement dans nos précédentes éditions depuis la signature de l’Accord de Nairobi (Kenya) du 15 novembre 2007 en particulier, ces affrontements, qui inquiètent naturellement, sont en soi la preuve d’une incohérence quelque part.

L’incohérence dont question, et en ce qui concerne les causes profondes, l’incertitude que suscite non seulement la lenteur dans l’application des textes mais aussi quelques prises de position irréalistes, le seul chiffre 6.000 des supposés génocidaires de 1994 avancé par les responsables gouvernementaux rwandais à leurs homologues congolais a suffit pour démonter l’état de certains esprits quant à la suite à  réserver aux accords ! Mais aux côtés de l’accord précité concernant les groupes armés étrangers, il y a l’Acte d’engagement de Goma du 23 janvier 2008 en rapport avec la paix, la sécurité et développement dans les provinces du Nord et du Sud Kivu. Il est plus question ici des groupes armés nationaux.

Ces faits, parmi tant d’autres survenus un peu plus tôt, ont certainement été l’une des raisons principales de la tenue à New York (Usa) de la réunion du vendredi 18 avril 2008 des Envoyés spéciaux du groupe de surveillance mixte.

Les représentants des signataires du communiqué de Nairobi s’y sont donc retrouvés pour une évaluation des progrès accomplis par les groupes armés au Rwanda et en RDC. Sous la présidence du Sous ­secrétaire général de l’Onu en charge des opérations du maintien de la paix, M. Edmond Mulet, et du Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’Onu en RDC, M. Alan Doss, cette rencontre était l’occasion de s’appesantir davantage sur les profondes causes des hostilités. Tel en est le cas des accrochages au moment même où se tenait cette réunion !

Bien qu’il n’y ait eu un communique, il est évident que les participants aient pris la juste mesure de la gravité et de la complexité des faits. Comme pour dire que les prochaines assises prévues à Kigali (Rwanda) seront certainement voulues capitales pour un tournant décisif.

Et avec l’Ituri (Province Orientale) où, tel que l’a indiqué le porte-parole de la Monuc, M. Kemal Saïki, au cours du point de presse hebdo du 23 avril dernier de la Monuc, les rebelles ougandais du Lord résistant army (Lra) refusent de signer un accord de paix avec le gouvernement ougandais, les inquiétudes sont donc fondées, car leur non-retour en Ouganda doit avoir, comme naguère, des conséquences néfastes sur cette partie de la RDC où se permettent déjà n’importe quoi les éleveurs soudanais et centrafricains lourdement armés de l’ethnie Mbororo, déplaçant ainsi les autochtones !

Nous devons également de ce point de presse, l’information sur la signature du Document relatif au programme conjoint des Nations Unies en appui à la réforme du secteur sécuritaire en RDC. A propos, cet acte intervenu le 23 avril 2008 bénéficiera du soutien de 15 millions $ Us des Pays­-Bas, membre de l’Union européenne (Ue).

Ce programme sera mis en œuvre par quelques Systèmes de l’Onu, dont la Monuc, Unops et le Pnud, ce dernier appelé à le coordonner administrativement.

Il sied d’être indiqué, au nombre des principaux objectifs, l’amélioration de la sécurité humaine dans les zones instables de la RDC par un renforcement à court terme des capacités des Fardc, et ce par une approche intégrée qui cible le personnel militaire, leurs dépendants et les communautés d’accueil. Il est également question des cinq lignes de services : l’appui aux Fardc  (hébergement, production pour l’autosuffisance alimentaire, accès à l’eau et aux installations sanitaires viables, équipements et moyens de transport) et la réhabilitation des centres de formation, ainsi que la formation de base du personnel militaire (justice militaire, discipline, droits de l’homme, éducation civique, environnement et stratégies des opérations militaires).

A ceci s’ajouteront l’appui à la réinstallation des dépendants du personnel militaire, le renforcement des capacités des services communautaires dans les communautés environnantes et la matérialisation des projets à impact rapide.

De ce qui précède, le bon sens voudrait qu’une attention particulière soit focalisée sur la présente recrudescence de la violence dans le Nord Kivu, afin que des mesures conséquentes soient prises. Ce qui justifie bien l’argumentaire de la requalification des accords, dont celui de Nairobi. Et que doit-on dire de cette reprise des combats entre les Forces loyalistes burundaises et les rebelles des Forces nationales de libération (Fnl) depuis près d’une semaine ? A-t-on tiré en RDC les leçons du passé ? Que le gouvernement congolais veille à ce que ces choses-là ne se répètent !

(Milor)

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Last edited: 24/04/2008 16:45:43

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