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Bonjour | 17/05/2008 5:29 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les langues commencent à se délier après le black out observé mardi par les officiels aussi bien congolais que belges, au terme de deux heures d’échanges, parfois houleux, entre le Chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila et les ministres belges Karel De Gucht des Affaires étrangères, Pieter De Crem de la Défense et Charles Michel de la Coopération. On laisse entendre que Belges et Congolais se sont regardés dans le blanc des yeux, évoquant sans détours tous les sujets liés à la coopération bilatérale, même ceux qui fâchent.

Avec le franc parler qu’on lui reconnaît en ce qui concerne le leadership congolais, Karel de Gucht a parlé en termes sévères de la corruption qui  gangrène tous les secteurs de la vie nationale en République Démocratique du Congo. Le ministre belge des Affaires étrangères a indiqué claire­ment que dans ses relations actuelles et futures avec les Etats de l’Afrique Centrale, Bruxelles allait se montrer fort regardant sur les dos­siers en rapport avec ce fléau.

Le Chef de l’Etat congolais, très à l’aise face à la question, a répliqué que la corruption était un phéno­mène universel. En Belgique comme en RDC où ailleurs, a-t-il fait observer, il n’y a que la justice pour la combattre efficacement. Moralité :  notre pays ne constitue pas un cas spécifique en matière de corruption.

Les analystes des affaires congolaises se rappellent que dans son discours d’investiture, Joseph Kabila avait préconisé la tolérance -zéro contre la corruption. S’agissant d’antivaleurs telles que les détournements des deniers publics, les pillages de ressources naturelles, l’insoumission à l’autorité de l’Etat, il avait utilisé une expression forte: « Finie la récréation: ». Mais pour amener les Congolais à changer de mentalités, il faudra du temps.

Contrats chinois : les Congolais sur la défen­sive

L’affaire des contrats mi­niers négociés par Kinsha­sa avec des investisseurs chinois au cours du second semestre de 2007, en vue du financement des infras­tructures de base, à hauteur des fonds qui dépassent les 10 milliards de dollars continue de fort préoccuper les officiels belges.

Mardi dernier, les ministres De Gucht, De Crem et Char­les ont cherché à avoir des détails sur la hauteur réelle des prêts sollicités auprès des Chinois, la nature des gisements leur concédés, la durée de leur exploitation et la répartition des dividendes entre parties contractantes. A la fois surpris et un peu ir­rités par l’insistance de leurs interlocuteurs belges, les officiels congolais se sont demandés pourquoi des contrats du genre signés dans le passé avec des firmes américaines, fran­çaises, canadiennes, bel­ges, britanniques et autres n’avaient pas suscité tant de passion et de suspicion.

Bref, les Congolais ne sont pas allés plus loin dans les explications que les termes de référence rendus publics en septembre 2007 et large­ment diffusés sur Internet.

Pour Joseph Kabila, la Si­gnature des contrats chinois relève de la souveraineté de notre pays. En principe, les occidentaux ne devraient pas trop s’agiter car la re­cherche des fonds pour la reconstruction nationale re­quiert des partenaires avec tous les Etats ou les particuliers de l’ensemble de la planète désireuse de travailler avec l’Etat Congolais. En d’autres termes, le panier des contrats miniers reste ouvert à quiconque serait disposé à partager avec les Congolais les efforts de dé­veloppement.

Autre question que Joseph Kabila a versé sur le compte de la souverai­neté, c’est celle en rapport avec les droits de l’homme, que les Belges considèrent comme très mal gérée en RDC.

Pour le reste, dit-on, Congolais et Belges se sont réjouis des bénéfices qu’ils tirent mutuellement de leurs relations séculaires. Les Congolais ont eu la polites­se de saluer la participation du gouvernement belge aux nouveaux projets de déve­loppement de la RDC.

(Milor)

Kimp./Le Phare




Last edited: 24/04/2008 14:44:15

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