La présence de trois ministres belges au Congo-Kinshasa est un signal clair de la Belgique envers la population congolaise et les nouvelles institutions du pays.

C’est en ces termes que le chef de la diplomatie belge, Karel De Gucht, s’est exprimé, le lundi 2l avril 2008 dans la résidence de l’ambassadeur de Belgique en RDC, devant les officiels congolais, les diplomates et représentants des organisations internationales en poste à Kinshasa.
Dans son mot d’introduction, le ministre belge en charge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a présenté, au nom du gouvernement belge, ses sincères condoléances et sa sympathie aux familles des victimes du crash qui s’est produit, le 15 avril dernier à Goma dans la province du Nord-Kivu.
Pour ce qui est de la visite de la délégation belge en RDC, Karel De Gucht, a indiqué « Il ne s’agit pas de la visite-éclair que nos agendas chargés nous imposent habituellement. Nous avons décidé de prendre le temps requis par 1’ampleur des défis auxquels la RDC doit faire face. Nous avons prévu de consacrer chacun une semaine pour visiter le pays. Nous suivrons en partie le même programme ». Avant de faire remarquer qu’à la différence avec l’année passée, la délégation actuelle est composée de trois ministres d’un nouveau gouvernement belge, même s’il est vrai que celui-ci a mis du temps à se former.
Sens de la visite
En envoyant ses trois principaux ministres, le nouveau gouvernement a, selon Karel De GUcht, voulu envoyer un signal fort. Il s’agit tout d’abord d’un signal clair de l’engagement de la Belgique envers la population congolaise, qui nous est chère, et envers les nouvelles institutions démocratiques de ce pays, encore fragiles, mais porteuses d’espoir d’un avenir meilleur. Notre visite conjointe est également un signe sans équivoque, que le nouveau gouvernement belge parle d’une seule voix et poursuit une seule politique à l’égard de la RDC, a-t-il ajouté.
Parlant des institutions congolaises de la troisième République, le chef de la diplomatie belge a dit qu’elles ne sont qu’un point de départ. Elles sont porteuses d’espoir et ne le resteront que si l’on est lucide sur l’immensité des défis que doit encore relever la RDC. Avant de noter qu’on est sorti de l’horreur des années de guerre, mais le gouvernement doit encore établir son autorité sur l’entièreté du territoire. Les soubresauts auxquels on assiste dans différentes régions du pays sont souvent l’expression des frustrations de certaines composantes de la population.
Face à une telle situation, l’homme d’Etat belge a préconisé le dialogue qui, à ses yeux, constitue un moyen plus efficace pour un gouvernement d’établir son autorité sur l’ensemble du pays. À ce sujet, le diplomate belge a fait savoir que le Royaume de Belgique a appuyé et continuera à appuyer les initiatives de dialogue prises par les autorités congolaises mais leur demande de faire preuve de la plus grande modération dans l’usage de la force.
Et de poursuivre : « Nous sommes persuadés que la voie de l’intégration et du bon voisinage dans la région des Grands Lacs est la plus sure et est peut-être le seul chemin vers la paix. Par ailleurs, un engagement responsable de construction des lois des acteurs politiques de la région constitue, j’en suis persuadé, un élément essentiel de la pacification et de la stabilité durables dans la région.
Disposer des leviers d’actions
Sur le plan des droits de l’homme, Karel De Gucht a indiqué que le niveau de violence reste très préoccupant en RDC, surtout à l’Est du pays. À ses yeux, cette situation résulte de l’impunité quasi-totale dont jouissent les auteurs de ces crimes. Raison pour laquelle, il demande aux autorités congolaises d’accorder la priorité à cette question. Dans ce secteur, il a déclaré que son pays ainsi que les autres partenaires de la communauté sont disposés à aider la RDC à réformer son appareil judicaire , sa police et son armée.
En ce qui concerne les cinq chantiers du président Joseph Kabila, De Gucht a dit que son pays a pris bonne note de ces priorités et y souscrit pleinement. Mais, pour réaliser ses objectifs, le gouvernement congolais doit, selon lui, disposer des leviers d’action nécessaires. Pour y arriver, il faut remplir les caisses de l’Etat et reconstruire une administration compétente et efficace, capable de mettre en oeuvre ces objectifs politiques.
Par ailleurs, le chef de la diplomatie belge a fait remarquer que « le Congo est riche en ressources humaines et naturelles ». Ce qui est souvent un facteur d’instabilité, de violence et de corruption. Cependant, il faut arriver à canaliser toute cette richesse au bénéfice de l’Etat et du bien-être général, a souhaité Karel De Gucht.
À en croire l’homme d’Etat belge, « le Congo a tous les atouts pour devenir un pays prospère, capable de réaliser en toute autonomie ses propres objectifs. C’est cela la souverain été ».
Au demeurant, il propose aux autorités congolaises un partenariat basé sur des principes clairs de bonne gouvernance. Avant d’ajouter: « Nos actions doivent désormais résolument donner la priorité à la lutte contre la corruption, l’amélioration de la gestion, la planification, la transparence, la sécurité juridiques, la promotion de l’état de droit, le renforcement des institutions ».
(Milor)A.T./Le Potentiel