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Bonjour | 03/12/2008 21:06 | English Make DC Home page | RSS feed

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« Les uns plantent, les autres récoltent. Nous autres le peuple, nous sommes comme la chaudière. C’est elle qui cuit tout le manger. Mais quand le manger est prêt, on dit à la chaudière, tu ne peux venir à table, tu saliras la nappe », a écrit Jacques Roumain. Le Code forestier élaboré avec le concours financier et technique de la Banque mondiale a respecté jusqu’à ses dernières dispositions cette pensée. Der­nièrement, le panel d’inspecteurs de cette institution a dressé le constat d’une absence de consi­dération envers les autochtones. Les pygmées ont été superbe­ment ignorés dans l’élaboration d’un projet pourtant financé par la Banque mondiale. Dans une précipitation inconsidérée, les fi­nancements ont été accordés

Sans vérifier la participation effective des populations concernées. Jusqu’à ce jour, l’adminis­tration qui devrait être formée pour faire face à la complexité de la gestion de ce secteur ne l’est pas encore. Une contradic­tion que la Banque mondiale aura du mal à justifier d’autant qu’elle sait pertinemment bien que le Code ne produirait aucun effet   avec une administration en déphasage d’avec les nouvelles méthodes.

Pendant ce temps, le Code forestier n’intègre pas l’obligation de répercuter le coût de la pollution sur ses auteurs qui se retrouvent plutôt dans les pays riches. Le pauvre paysan ou en­core le pygmée des forêts tropi­cales supportent la facture de la lutte contre le changement clima­tique provoqué à plus de 8.000 kilomètres sans son consente­ment.

La reformes des entreprises : cerise sur le gâteau

Comme pour refermer le cycle, la Banque mondiale a aussi inspiré des réformes au niveau des entreprises publiques présentées comme l’unique solution à la nécessaire résurrection des canards boiteux congolais.

Même celles qui ne de­mandent que d’avoir un mana­gement visionnaire et entrepre­nant se voient destiner à une pri­vatisation qui ne dit pas son nom. Le désengagement actuel n’étant qu’une étape vers l’objectif ul­time de la privatisation. Pour permettre aux multinationales de contrôler ces sociétés. La pilule à faire avaler a pour nom « ajus­tement structurel » décrié en son temps par l’ensemble de con­golais.

Marie Mazalto, fait le même constat: « les origines du processus de réformes sont clairement reconnues comme, émanant des institutions finan­cières internationales de fi­nancement... Cela pose la question de l’adaptation de la législation aux conditions spé­cifiques du terrain ». L’illustra­tion la plus éloquente est faite en rapport avec la redistribution des redevances minières sur une base décentralisée.

Les réformes que les Con­golais considèrent comme la for­mule améliorée de l’ajustement structurel est « au corps social ce que le virus du Sida est au corps humain », note un obser­vateur. «  En RDc, la Banque mondiale et assimilés ont trouvé un terrain d’expérimentation de l’imposition d’une politique légale de néo-colonisation, à  travers l’occupation, le contrôle de tous les circuits par les multinationales, au détriment de tout un peuple. Un crime parfait, couvert par un arsenal juridique, légalement en vigueur », fait-il remarquer. C’est tout dire.

(Milor)

Le Potentiel

Last edited: 24/04/2008 13:24:29

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