« Les uns plantent, les autres récoltent. Nous autres le peuple, nous sommes comme la chaudière. C’est elle qui cuit tout le manger. Mais quand le manger est prêt, on dit à la chaudière, tu ne peux venir à table, tu saliras la nappe », a écrit Jacques Roumain.

Le Code forestier élaboré avec le concours financier et technique de la Banque mondiale a respecté jusqu’à ses dernières dispositions cette pensée. Dernièrement, le panel d’inspecteurs de cette institution a dressé le constat d’une absence de considération envers les autochtones. Les pygmées ont été superbement ignorés dans l’élaboration d’un projet pourtant financé par la Banque mondiale. Dans une précipitation inconsidérée, les financements ont été accordés
Sans vérifier la participation effective des populations concernées. Jusqu’à ce jour, l’administration qui devrait être formée pour faire face à la complexité de la gestion de ce secteur ne l’est pas encore. Une contradiction que la Banque mondiale aura du mal à justifier d’autant qu’elle sait pertinemment bien que le Code ne produirait aucun effet avec une administration en déphasage d’avec les nouvelles méthodes.
Pendant ce temps, le Code forestier n’intègre pas l’obligation de répercuter le coût de la pollution sur ses auteurs qui se retrouvent plutôt dans les pays riches. Le pauvre paysan ou encore le pygmée des forêts tropicales supportent la facture de la lutte contre le changement climatique provoqué à plus de 8.000 kilomètres sans son consentement.
La reformes des entreprises : cerise sur le gâteau
Comme pour refermer le cycle, la Banque mondiale a aussi inspiré des réformes au niveau des entreprises publiques présentées comme l’unique solution à la nécessaire résurrection des canards boiteux congolais.
Même celles qui ne demandent que d’avoir un management visionnaire et entreprenant se voient destiner à une privatisation qui ne dit pas son nom. Le désengagement actuel n’étant qu’une étape vers l’objectif ultime de la privatisation. Pour permettre aux multinationales de contrôler ces sociétés. La pilule à faire avaler a pour nom « ajustement structurel » décrié en son temps par l’ensemble de congolais.
Marie Mazalto, fait le même constat: « les origines du processus de réformes sont clairement reconnues comme, émanant des institutions financières internationales de financement... Cela pose la question de l’adaptation de la législation aux conditions spécifiques du terrain ». L’illustration la plus éloquente est faite en rapport avec la redistribution des redevances minières sur une base décentralisée.
Les réformes que les Congolais considèrent comme la formule améliorée de l’ajustement structurel est « au corps social ce que le virus du Sida est au corps humain », note un observateur. « En RDc, la Banque mondiale et assimilés ont trouvé un terrain d’expérimentation de l’imposition d’une politique légale de néo-colonisation, à travers l’occupation, le contrôle de tous les circuits par les multinationales, au détriment de tout un peuple. Un crime parfait, couvert par un arsenal juridique, légalement en vigueur », fait-il remarquer. C’est tout dire.
(Milor)
Le Potentiel
Last edited: 24/04/2008 13:24:29