Les cités minières du Katanga vivent désormais sous le poids de la famine du fait de l’abandon de l’agriculture au profit des seules activités minières.

L’abandon par les paysans de l’agriculture au profit de l’exploitation des minerais entraîne la famine dans les cités minières du Katanga, de Mbuji-Mayi, Kananga, Tshikapa, Tembo, Kahemba, Depuis, les regards sont tournés vers les importations du maïs, de plus en plus coûteuses des pays d’Afrique australe.
Pour éviter le pire, des ONG tout comme les autorités locales essayent de faire retourner les gens au travail de la terre. Et pourtant, au faite de la gloire, la Gecamines avait développé un secteur agricole prospère à côté de l’exploitation minière.
Le Code a manqué à sa mission de faire réellement du secteur minier le moteur de l’économie congolaise. Pire, il a contribué à la fragilisation de l’Etat par l’émiettement de son patrimoine, devenu une propriété de nouvelles sociétés créées en jointe venture avec la Gecamines. Marie Mazalto, de la Faculté de Science politique et de Droit du Canada, faisait l’observation suivante lors des travaux du Groupe de recherche sur les activités minières en Afrique, GRAMA. C’était en avril 2004 : « Il semblerait que les reformes amorcées aient eu pour effet, dans de nombreux pays africains concernés, de redéfinir les normes du secteur, dans un contexte de fragilisation des Etats, et ce principalement, dans des domaines critiques pour atteindre des objectifs du développement social, économique et pour la protection de l’environnement. Atteindre les objectifs de développement devient alors une gageure.
Là aussi, les mesures d’application ne traduisent pas une volonté de suivre pas à pas l’évolution du secteur et son implication dans le développement intégral des populations riveraines et des congolais en général. Privées de ressources que procure l’exploitation artisanale faute de gisements destinés à cette fin. A côté, les exploitants ont la latitude de garder près de 70% du produit des ventes à l’étranger, sans construire des routes, des écoles, des hôpitaux bref, sans s’occuper du social.
En ce qui le concerne, 1’Etat congolais ne peut que se contenter de ses 5% et la Gecamines de ses 20% pendant que les partenaires s’en tirent avec plus 70% du produit, en rétribution de leurs investissements. On comprend dès lors la ruée vers les mines congolaises sans que la République n’engrange des dividendes comme sous d’autres cieux.
D’ailleurs, sous le règne du Code minier, la RDC ne ressent pas un quelconque bénéfice de la hausse des prix des matières premières sur les marchés mondiaux. Cela d’autant plus vrai que rien ne contraint les exploitants à se délester du surplus en faveur de la RDC et de sa population. Une plus grande implication des communautés locales et des gouvernements provinciaux aurait l’avantage d’assurer le contrôle et le suivi des actions sur terrain.
(Milor)
Le Potentiel
Last edited: 24/04/2008 13:24:23