Les travaux du Conseil mondial de l’énergie se sont clôturés mardi dernier à Londres avec la promesse de mobiliser 80 milliards de dollars américains pour la construction du Grand Inga en vue d’apporter des solutions durables à la crise énergétique actuelle en Afrique.

Mais, entre Westcor et BHP Billiton, la confusion est totale sur l’exclusivité de l’exécution des travaux. Personne n’était là pour les départager !
Mais avant d’en arriver à la construction du Grand Inga, il faut d’abord s’occuper de l’existant, c’est-à-dire Inga I et II ainsi que d’Inga 3. Du point de vue de la projection, il y a lieu de saluer l’initiative du CME dont le sérieux a permis à des responsables de divers horizons de répondre à son invitation. A l’échéance 2020, plusieurs pays d’Afrique pourront s’approvisionner à partir de trois pôles : Afrique du Sud, Nigeria et Egypte. Mais, le passage obligé reste le site d’Inga.
Ce barrage serait d’une puissance estimée à plus de 40.000 mégawatts. Mais, d’après Gerald Doucet, secrétaire général du Conseil mondial de l’énergie (CME), la priorité du projet serait l’abord de fournir le courant électrique aux citoyens et à l’industrie de la RDC, de Kinshasa à Lubumbashi. D’où¸ la nécessité de réhabiliter d’abord Inga I, Inga II et Inga III.
Plusieurs partenaires du monde étaient présents aux travaux de Londres, a indiqué Gerald Doucet. L’idéal, a-t-il fait savoir, c’est d’éviter les erreurs du passé, en tenant compte des besoins environnementaux, économiques et sociaux des populations de la région où le courant est produit. Des déclarations des intervenants, il est indiqué que l’étape de la réhabilitation d’Inga I et II doit bénéficier d’une attention particulière afin de donner un signal fort dans la volonté de la RDC à apporter des solutions à ses problèmes d’électricité.
Dans le cadre du Westor, la construction du barrage D’Inga III est déjà dans les pipelines des projets des pays de la SADC. Pour un montant de 7 milliards de dollars américains, les travaux de construction d’Inga III pourraient commencer dans un délai de 7 ans minimum. La marge est plutôt maigre face à la demande qui devient, de plus en plus, croissant en RDC et dans la sous-région.
Guerre ouverte westcor-bhp billiton
Seulement, ce projet étant d’essence sous-régionale, la Société nationale d’électricité ne serait que cliente dans ce projet, selon le Directeur général de « Westcor ». Les autres partenaires comme « BHP Billiton », le Congo-Brazza-ville, ... seraient plutôt des clients de la Snel. Fort des accords signés par les cinq pays impliqués dans le projet, « Westcor » n’est pas disposé à lâcher du lest. Pour Westcor, il n’est pas question de laisser la construction de ce barrage à un autre prétendant. Même si toute la production devrait être absorbée par le Congo-Kinshasa ! Les contours de ce projet devront êtres suffisamment expliqués à la nation, afin d’en appréhender les enjeux.
Westcor envoie une forte délégation à Kinshasa la semaine prochaine, dans le but vraisemblablement, de rappeler à la RDC ses engagements librement pris. Quant à BHP Billiton intéressé par le projet parce que sur le point d’exploiter une usine d’aluminium dans le Bas-Congo , il a financé les travaux de préfaisabilité. Il ne resterait plus que l’accord du ministre des Finances pour le remboursement du million de dollars investis.
Cette multinationale est également déterminée à cheminer avec la RDC dans ce projet.
« Électricité de France », quant à elle, a tempéré les ardeurs des uns et des autres. Son expérience de terrain au Laos pour la construction d’un barrage de 6000 Mw a pris plus de six ans.
Pour ce qui est du don (ou prêt) de 296,7 millions de dollars accordé à la RDC, le représentant de la Banque mondiale a laissé ne transparaître que les travaux ne pourront se terminer qu’en 2011. Dans le même ordre d’idées, les lignes de transport Inga-Kinshasa, Inga-Katanga pour un montant de 600 millions Usd sont également dans les préoccupations de la Banque mondiale.
En ce qui le concerne, la Banque africaine de développement absente, elle aussi, à Londres, elle a promis de mettre à disposition 15 millions de dollars américains dans les études de faisabilité, afin de comparer la possibilité de s’engager sur Inga III ou directement sur le Grand Inga. Inga III devrait être composé de 16 turbines de 270 mégawatts chacune.
Les autres pays se préparent
Le Conseil mondial de l’énergie a aussi recommandé au gouvernement congolais de miser particulièrement sur les partenariats avec les opérateurs privés dont la mobilité a démontré son efficacité dans l’accomplissement des projets de cette envergure sous d’autres cieux.
C’est ainsi que la présence, à un niveau relevé de la RDC, pour une question d’une telle importance était souhaitable à plus d’un titre. Des pays comme la Namibie, le Botswana, le Nigeria ont délégué des responsables du secteur capables d’appéhender les avantages à tirer pour leurs pays. Ils ont pris la mesure de la RDC, caractérisée par un manque de vision et de détermination dans la poursuite de ce dossier. Il serait fort dommage que toutes les demandes manifestées présentement trouvent des offres ailleurs parce que personne n’aurait appréhendé les enjeux. On déplore également l’absence de la presse congolaise, pour ce rendez-vous qui devrait bénéficier d’une réelle visibilité face aux intérêts en jeu.
Les concertations sur le futur du site d’Inga ont vécu. Le ministre de l’énergie Salomon Banamuhere excusé pour des raisons évidentes d’état, et dont le message lu par le Chargé d’affaires de la RDC à Londres, avait eu le mérite de déterminer la position de la RDC autour duquel les discussions avaient tourné. La main est tendue vers tous ceux qui sont disposés à s’investir dans la valorisation du site d’Inga. Pour trouver 80 milliards de dollars américains, on a besoin de tout le monde, sans exclusion !
(Milor)
Bienvenu-Marie Bakumana/Le Potentiel
Last edited: 23/04/2008 15:56:02