Même dans le milieu universitaire où le français est la langue d’enseignement, - le Congolais utilise de plus en plus les langues locales.
Cette langue a été aussi perçue comme une première porte ouverture sur l’intérieur de notre pays. C’était, par excellence, la langue du civilisateur dominateur, du dominateur à qui tout Congolais voulait ressembler sur la plan culturel. Langue scolaire, outil de travail qui facilitait les contacts entre Blanc et Noir (qui le connaissait), le Français a constitué pendant longtemps un des critères de promotion sociale dans notre pays. Pratiqué par une minorité, celle qui a été essentiellement scolarisée, le français comme langue de civilisation et qui, a présent, ont fait de celle-ci la langue officielle de leur pays. Ces pays, qui emploient le français d’une manière ou d’une autre, constituent l’organisation internationale de la Francophonie.
Mais, quel est l’avenir de cette langue en Rd-Congo ? De par le nombre de ses locuteurs potentiels du français au regard de sa dimension géographique, la Rd-Congo est considérée comme .étant le deuxième pays francophone du monde après la France. C’est pourquoi le Français aurait pu y occuper une place de choix, mieux une position privilégiée. Un constat s’impose le Congolais même scolarisé recours de besoins en moins à l’usage du français. Même dans le milieu universitaire où le français est la langue d’enseignement, - le congolais utilise de plus en plus les langues locales, singulièrement les quatre langues nationales, c’est-à-dire le kikongo, le lingala, le tshiluba et le swahili.
De plus, face aux enjeux mondiaux, le Congolais cherche à parler l’anglais que le Français. Il semble que l’Anglais soit plus utile que le Français sur le plan international. Tel est surtout le point de vue des intellectuels souvent tentés d’émigrer ailleurs, singulièrement aux Usa, au Canada, etc.
Que conclure ?
Perçue à la fois positivement et négativement, la Francophonie en Rd-Congo doit aller au-delà de ses aspects politiques et cu1turel afin de se consacrer aussi à la dimension économique, facteur déterminant pour le développement de notre pays. La Francophonie ne sera vivante et dynamique que si elle s’accompagne d’un environnement économique contribuant aux échanges fructueux entre le Nord et les grands pôles francophones du Sud afin de palier la dépendance politique, économique, culturelle qui fragilise davantage les pays membres du Sud et s’éloigne même des objectifs majeurs de convivialité et de solidarité prônés par la Francophonie. Ainsi, s’explique et se justifie le thème qu’avait retenu le 10ème sommet de la Francophonie tenu au Burkina Faso (Ouagadougou) du 26 au 27 novembre 2004, à savoir une francophonie solidaire pour un développement durable.
Notre souhait le plus ardent est que la Francophonie de la solidarité ne soit pas qu’une utopie et qu’elle ne soit pas non plus perçue comme un instrument d’asservissement au service des intérêts de la France.
(Milor)Professeur Alphonse Mbuyamba Kankolongo (Université de Kinshasa) / Le Potentiel
Last edited: 23/04/2008 12:22:08