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La Commission technique mixte paix et sécurité du Programme Amani accorde un délai butoir de 68 jours aux groupes armés actifs dans l’est de la Rdc pour envoyer leurs hommes au brassage ou à la démobilisation décrétés par le programme DDR. Les groupes armés actifs dans l’Est de la République démocra­tique du Congo bénéficient pra­tiquement de deux mois de sur­sis pour envoyer leurs hommes au brassage ou à la démobili­sation. Ce délai butoir de 68 jours a été décidé  lundi par la commission technique mixte paix et sécurité du programme Amani qui vient d’adopter ce calendrier, indique la radio Rtg@ captée à Kinshasa. Selon la source qui cite l’amiral Didier Etumba, coprésident de cette commission, le même calen­drier prévoit le retour des réfu­giés dans deux mois et demi. Contrairement aux précédentes injonctions faites à ces groupes armés d’intégrer le processus de Désarmement, démobilisa­tion et réinsertion, le calendrier tracé par cette commission a des chances de réussir du fait que les protagonistes siègent aujourd’hui autour d’une même table.

Depuis la signature de l’acte d’engagement de Goma le 23 janvier dernier, les plus impor­tants groupes qui sont à la base de l’insécurité dans les provin­ces du Nord-Kivu et du Sud- Kivu retrouvent dans le programme Amani. Tous siègent dans les différentes commis­sions à différents postes et ar­rêtent naturellement des déci­sions concertées. Le Congrès national pour la défense du peu­ple (Cndp) de Laurent Nkundabatware et les autres Maï-maï signataires de cet acte à côté du gouvernement et des observateurs qui ont participé à la conférence de Goma sont depuis condamnés à respecter toutes les décisions prises par les structures nées de cette conférence. Pourtant, tous les ultimatums précédemment lancés par le pouvoir de Kinshasa à l’endroit de ces groupes armés n’ont jamais été respectés par ceux-ci qui ont continué à gar­der leurs éléments devers eux, comme si de rien n’était. Cha­que camp campait dans ses positions et prêt à tirer sur l'autre au moindre geste sus­pect posé en face.

Aujourd’hui, la donne a réelle­ment changé et plusieurs éléments du Cndp, des Pareco et autres sont déjà admis dans des centres de brassage dans les bases militaires de Kamina et de Kitona, tandis que d’autres demeurent encore dans des centres de transit. C’est donc ces derniers centres que les éléments qui roulent encore sous le commandement des chefs rebelles sont attendus au terme de ce délai. Réussira ou réussira pas non plus, cette opération qui sera suivie du re­tour des réfugiés va oter plus d’un prétexte à ceux qui condi­tionnent ce mouvement pour leur désarmement ou intégration dans l’armée nationale.

D’ici là, force est de constater qu’il ne sera pas possible à certains chefs des groupes armés de garnir complètement leurs rangs au moment où eux-mê­mes resteront toujours réfractai­res au brassage. Non pas parce que la nation ne veut plus d’eux, mais parce qu’ils ont la cons­cience chargée et se reprochent de plus d’un crime commis con­tre cette nation.

Si le gros de la troupe sera pro­bablement versé dans le processus du brassage, des forces résiduelles risquent de persis­ter et continuer à semer de l’in­sécurité dans certaines poches de résistance. L’autorité devra donc continuer à ouvrir l’œil et le bon.

(Ern.)

P.M.L./L’Avenir

Last edited: 22/04/2008 15:34:13

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