Après la compagnie Hewa Bora, et autres experts de la navigation aérienne, le gouvernement a enfin donné sa lecture des faits en rapport avec le crash du DC 9 survenu le mardi 15 avril 2008 à Goma.

C’est par la bouche du ministre des transports et voies de communication que l’Exécutif a réagi, à travers une conférence de presse que Charles Mwando a animée vendredi dans son cabinet. Après un briefing sur la mission conjointe Parlement-gouvernement dépêchée sur le lieu de l’accident, le ministre des Transports a indiqué qu’il y a deux aspects en matière de sécurisation aérienne. Le premier concerne l’état de l’aéronef, tandis que le second se rapporte à celui de la piste de l’aéroport.
Suivant le témoignage de la Monuc présente à l’aéroport de Goma, l’avion a connu des déboires très sérieux au moment du décollage. Après avoir parcouru les 3/4 de la piste en faisant le taxi en vue du décollage, un bruit anormal s’est produit. Soudain, l’aéronef a donné l’impression de vouloir s’immobiliser. Mais ayant déjà pris une grande allure pour le décollage, l’appareil n’a pas Pu obéir aux commandes du pilote. Il est plutôt sorti de la piste pour aller échouer sur des habitations, avec toutes les conséquences qu’on déplore à ce jour. Toujours dans cet aspect de l’état de l’aéronef, le pilote lui-même a laissé entendre que le moteur gauche s’était brutalement arrêté au moment où il amorçait les dernières manœuvres du décollage. Enfin, il y a eu la crevaison d’un pneu.
Face à une telle situation, a indiqué Mwando, deux possibilités se présentent: soit on tente de freiner l’avion pour éviter toute catastrophe liée au de collage en prolongeant le taxi, soit on arrête brusquement le moteur qui reste en marche.
La première possibilité étant logiquement écartée à cause de la longueur écourtée de la piste due à la montagne de laves, la seule alternative qui restait était d’arrêter le moteur en marche. Tentative exécutée, mais qui n’a pas donné le résultat attendu parce que l’appareil avait déjà une grande vitesse, alors que la partie de la piste à parcourir ne permettait plus beau-coup de manœuvre.
Le ministre Mwando a reconnu que la piste de l’aéroport de Goma pose un sérieux problème depuis qu’elle a été écourtée par la coulée de laves volcaniques le 17 janvier 2002. Longue de 3.000 m, la piste de Goma est actuellement utilisable sur quelques 1600 à 1800 m. Ce qui pose des problèmes en cas de pépins constatés par le pilote au moment des manœuvres de décollage. « Même l’aéroport de N’djili constitue un danger permanent », a déclaré le ministre qui indique que la piste de la capitale est actuellement diminuée de 300 m. Une situation prioritaire pour le gouvernement qui doit tout faire pour y remédier.

Déplorant les dégâts causés par cet accident, dont plusieurs pertes en vies humaines, le ministre a indiqué qu’il y avait eu plus de morts au sot que chez les passagers de l’avion. C’est-à-dire qu’on compte plus de rescapés parmi les passagers qu’au sein de la population surprise au sot par l’appareil. Dans le lot des victimes, on cite les travailleurs d’un chantier sur lequel l’avion accidenté s’est écrasé.
Nécessité d’une compagnie nationale
Face à tous ces crashes en cascade (Type K le 8 janvier 1996, Kingasani ya suka le 4 octobre 2007 et Goma le 15 avril 2008), bon nombre de Congolais concluent à la nécessité pour la Rdc de ressusciter sa compagnie nationale d’aviation. Un avis que partage entièrement le ministre Mwando. Mais pourquoi le gouvernement traîne-t-il les pieds pour relancer Les Lignes Aériennes Congolaises, alors que l’Assemblée nationale avait fait une recommandation dans ce sens ?
Charles Mwando fait observer que le gouvernement n’est pas opposé à l’idée, cependant il se pose un problème de programmation avec les partenaires. C’est-à-dire un problème d’harmonisation avec les bailleurs de fonds qui participent en partie à la constitution de l’enveloppe budgétaire, en l’occurrence le Fmi et la Banque mondiale. Concernant ce que d’aucuns qualifient déjà de colonisation tacite en matière de transport aérien par des étrangers, à travers des partenariats avec des compagnies nationales (cas de Hewa Bora avec Brussels Airlines et de Lac avec Air Zambabwe), Mwando Nsimba recommande d’être regardant sur les termes des accords. Pour lui, seuls les partenariats à même de permettre la relance des compagnies nationales dont les lacs sont à encourager. Par contre, il s’opposera catégoriquement à des accords bidons ou encore à des investissements de mallette. Allusion faite à une aventure qu’il a vécue dernièrement, un expatrié n’ayant ni aéronef ni bureau se proclamant patron d’une compagnie aérienne.
La Direction de l’Aviation civile dit respecter la mesure d’interdiction
Invité à expliquer pourquoi les appareils interdits de voler sous d’autres mesures gouvernementales.

Celles de clouer au sol les Antonov. Il a renseigné qu’il avait reçu à ce sujet dans son bureau, en décembre dernier, le responsable de la compagnie de fabrication des Antonov à qui il a demandé des explications à propos des accidents à répétition des appareils de sa firme. La réponse de l’interlocuteur : c’est un problème de manque d’entretien.
En vue d’éviter d’autres catastrophes dans l’avenir, les deux parties ont convenu de ne plus mettre en circulation le type 2 qu’on ne fabrique plus. Seuls les Antonov 22, 24, 26 et 32 pourront être admis au Congo, à condition qu’un contrôle soit fait au préalable à l’achat, en présence des techniciens de l’Aviation civile. Sans quoi, aucun appareil non attesté ne sera admis. Même chose pour un exploitant qui se complairait à ne pas observer cette recommandation. Il verra tout simplement son avion interdit de voler au cas où le constat de l’Aviation civile donnerait un avis négatif sur l’état de l’aéronef.
En outre, l’envoyé de la société Antonov a informé son interlocuteur qu’un atelier de contrôle de conformité des avions Antonov se trouve au Soudan. Raison pour laquelle, le Dg, accompagné de trois ingénieurs, s’y était rendu. Parmi les Antonov des compagnies congolaises actuellement en check au Soudan, on compte ceux appartenant à Blue Airlines. Trois reviendront bientôt et seront autorisés à voler. Il n’y a pas que le transport aérien qui est malade, a constaté le ministre, tous les secteurs de ce département sont au rouge, a-t-il dit en promettant de faire le point sur les chemins de fer. Il vient de visiter dernièrement l’axe Lubumbashi Kananga et a remarqué que les prochains jours, il fera kananga-ilebo, avant de tirer la conclusion.
(Milor)Dom./Le Phare
Last edited: 22/04/2008 14:53:32