Organisées du 11 au 13 avril dernier à Washington, les Assemblées de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international avaient pour objectif principal d’améliorer l’efficacité des interventions des institutions de Bretton Woods et de préparer les Assemblées annuelles d’automne pour le mois de septembre 2008.

De ces assises, il est à retenir que la RD Congo, bien qu’il soit un pays en situation post conflit, y a pris part et ce, dans une position très confortable par rapport aux critères de gestion en réalisant en recettes un bonus de vingt-neuf milliards des francs congolais pour le seul premier trimestre de l’année 2008. Un examen de passage fort réussi et qui a permis à la délégation congolaise de défendre valablement le dossier congolais.
La délégation de la RD Congo était conduite à ces travaux par M. Athanase Matenda Kyelu, ministre des Finances et Secrétaire du Groupe consultatif africain. Cette délégation était composée, entre autres, de MM. Adolphe Muzito et Jean Claude Masangu, respectivement Ministre du Budget et Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, en même temps président du Groupe des 24 pays pour les questions monétaires internationales et de développement.
Le conseiller principal chargé du collège économique et financier du Chef de l’Etat, M. Joseph Mukanya et le Directeur adjoint du Cabinet du Premier Ministre M. Michel Lokola, faisaient aussi partie de l’équipe. Les travaux de Washington se sont tenus à un moment où la croissance économique accuse un net ralentissement et où une grande incertitude plane sur les perspectives économiques mondiales, en particulier dans les pays avancés. C’était aussi un moment pour les pays développés de s’engager à aider les pays en développement les plus pauvres à surmonter les retombées des évènements récents en augmentant leur assistance. Une assistance qui doit s’ajouter aux flux actuels de l’aide publique au développement (Apd).
L’accès à un nouveau programme
De ces assises, il est à retenir que la RD Congo, bien qu’il soit un pays en situation post-conflit, y a pris part et ce, dans une position très confortable par rapport aux critères de gestion en réalisant en recettes un bonus de vingt-neuf milliards des francs congolais pour le seul premier trimestre de l’année 2008. Un examen de passage fort réussi et qui a permis à la délégation congolaise de défendre valablement le dossier congolais. Ceci permettra donc au gouvernement congolais, si tous les paramètres macro-économiques sont respectés, de signer au mois de juillet prochain, un programme triennal de coopération avec les services du Fmi avec comme corollaire avantageux le décaissement des appuis budgétaires nécessaires à la réalisation du programme prioritaire du Gouvernement Gizenga.
Faisant la restitution de cette mission, le chef de la délégation congolaise, M. Athanase Matenda Kyelu a fait part à la presse de l’importance de leur participation à cette rencontre de Washington en signalement que la délégation qu’il conduisait a « communiqué très ouvertement avec le Fmi de la situation de la RD Congo en mettant beaucoup plus l’accent sur les efforts considérables déployés. Nous nous sommes mis d’accord sur le mémorandum des réformes qui doivent s’achever au 30 juin 2008. Nous pensons que notre message a été entendu et le Directeur Général du Fmi, M. Dominique Strauss-Kahn, s’est engagé à accompagner la RD Congo dans l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) ».
Question du reporting
Tout en sachant que l’une des missions de ces Assemblées était également la finalisation des discussions sur le Programme suivi par les services du Fmi (Pssf), il a affirmé que la RD Congo s’est engagé de continuer avec les efforts en cours pour un réajustement du cadrage macroéconomique. Aussi, devra-t-elle travailler dur pour maintenir le cadre macroéconomique stable afin qu’au deuxième semestre, elle soit en programme formel avec le Fmi.
S’agissant du cas de la RD Congo, le Chef du Département Afrique du Fmi, M. Brian Ames, a insisté sur deux points que sont la bonne réalisation du programme suivi par les services du Fmi (Pssf) et l’harmonisation des chiffres, c’est-à-dire, le reporting entre la partie congolaise et le Fmi. Sans oublier, la clarification de la question des termes des prêts chinois que le Fmi estime non concessionnels, discriminatoires et non soutenables. Tout ceci dans l’objectif de bien mettre en œuvre ce programme jusqu’à fin juin. Une mission d’évaluation du Fmi fera une descente à la fin en RD Congo afin de décider de la signature d’un programme formel avec la Fmi.
En plus, M. Brian Ames a insisté sur l’amélioration des finances publiques à travers, d’une part, le respect de la chaîne de la dépense et, d’autre part, la poursuite des réformes au niveau de la Banque centrale du Congo (Bcc).
Il est à noter également que les travaux de Washington ont été aussi une occasion pour les participants d’aborder plusieurs sujets importants de l’heure telle que la situation économique et financière, dominée par la flambée des prix du baril et des produits alimentaires sur le plan international, la réforme du Fmi, le changement climatique, le financement du développement, l’augmentation des quotes-parts.
(Milor)Uhuru
Last edited: 21/04/2008 17:28:22