Le Président de la République Joseph Kabila Kabange de nouveau confronté aux dures réalités congolaises après une longue tournée à l’extérieur.

De retour d’une longue tournée l’ayant conduit en Inde, aux Etats-Unis d’Amérique et en Afrique du Sud, Joseph Kabila a regagné dimanche la capitale congolaise. Ce retour du « Raïs », de l’avis de bon nombre d’observateurs, sera dispensé de tout repos au regard des dossiers qui attendent le chef de l’Etat congolais.
C’est à double titre que Joseph Kabila s’est rendu dernièrement en Inde. Il y est allé d’abord pour plaider la cause du pays qu’il préside, la RDC. Ensuite, en sa qualité de président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). Comme retombées, l’Inde a augmenté son aide à l’Afrique et les investisseurs indiens sont disposés à venir en RDC. Même exercice à Pretoria, mais là en tant que chef de l’Etat congolais seulement, lors de la commission mixte entre la RDC et l’Afrique du Sud. Enfin, Joseph Kabila a pris part à la réunion du conseil de sécurité élargie aux organisations sous-régionales.
Le dossier crash
De retour à Kinshasa, siège des institutions de la République, le numéro un congolais voit sa table de travail garnie de dossiers chauds. Il y a, en premier lieu, les conséquences qu’il doit tirer du crash de Goma survenu pendant que le « Raïs » était en route pour les Etats-Unis d’Amérique. Des voix ne cessent de se lever pour pousser le Gouvernement à repenser sa politique en matière d’aviation civile. Car, il y a trop de crash. Cette redéfinition de la politique de l’aviation civile passe par l’assainissement du secteur des avions sans oublier la restauration des pistes afin de prévenir d’autres catastrophes aériennes.
Depuis une vingtaine d’années, il n’y a eu que des résolutions sans lendemain, c’est-à-dire qui n’ont jamais été appliquées. De l’accident de Mateba, du nom d’une avenue du quartier Matonge à Kalamu où un avion était tombé dans une parcelle, au crash de Goma, en passant par le crash dit de Type-K, du nom du marché sur lequel un Antonov était écrasé, et le crash de Kingasani ya Suka, la RDC n’a fait qu’enregistrer des morts qu’on aurait pu éviter. Mais, à la place d’une bonne politique d’aviation civile permettant d’éviter certaines catastrophes, la population a eu droit à l’aide humanitaire du Gouvernement dont la tâche réside d’ailleurs, non dans ce genre d’aide, mais bien au contraire dans l’organisation du pays.
Pour ou contre le départ du premier ministre gizenga
Un autre dossier, et non de moindre, qui attend Joseph Kabila, c’est le fameux débat souterrain sur l’éventuel départ du Premier ministre Antoine Gizenga. Lequel débat agite l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) dans tous les sens. Là aussi, il revient à Joseph Kabila, avec sa double casquette de garant de la nation et d’autorité morale de l’AMP, de vite calmer les esprits. Car, le vrai défi ne demeure pas seulement la réalisation de cinq chantiers, mais aussi de faire face à la détérioration de la situation sociale. A ce titre, le bon sens commande que la majorité soit sereine pour disposer, au bout du compte, pour ne pas dire au terme du quinquennat, du bilan à présenter aux Congolais.
C’est là que bon nombre d’observateurs avertis sont d’avis que Joseph Kabila devrait fixer les esprits et donner des orientations. Car, en s’accrochant au départ ou non du Premier ministre Gizenga, au point de tenter d’en faire un projet de société, l’AMP risque de passer à côté de l’essentiel, c’est-à-dire faire face à la hausse généralisée des prix qui tourmente - et cela quotidiennement - l’ensemble de Congolais. A Kabila donc de montrer la ligne à suivre.
(Milor)Marcellin Manduakila/Forum Des As
Last edited: 21/04/2008 17:16:12