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Bonjour | 04/07/2008 17:52 | English Make DC Home page | RSS feed

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Avec la reprise des travaux de la session ordinaire de mars de l’Assemblée nationale, on est presque tenté de dire que le sursis accordé au Premier ministre Antoine Gizenga à l’inauguration de cette session est terminé. Exit donc le chef du gouver­nement ? Rien n’est moins sûr. Autant ses pourvendeurs qui voient tout en noir que certains de ses alliés de raison de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP), tous sont contraints de prendre leur mal en patience.

Et pour cause ! La procédure menant à la destitution du Premier ministre ne paraît pas aussi sim­ple qu’on peut l’inaugurer. Loin s’en faut.

D’abord à propos de la mo­tion d’interpellation elle-même. Quoique conforme aux disposi­tions et de la constitution et du règlement d’ordre intérieur de la Chambre basse et quoique égale­ment introduite à présent selon la procédure pendant la durée de la session, il reste à savoir si elle emportera sinon la majorité, en tout cas les 2/3 de la plénière. Surtout quand on sait que l’en­semble de la majorité à l’Assem­blée nationale est, comme chacun sait, constitué de l’AMP.

Les membres de cette al­liance sont-ils prêts à avaliser la motion de Lisanga Bonganga et de Delly Sesanga, figures de proue de l’opposition minoritaire ?

Là aussi, il y a gros à parier. Même s’il est certain qu’au sein de l’AMP, on a déjà entendu des voix discordantes susurrant et ne jurant sur tous les grands dieux du kabilisme pour le départ du gourou du Parti lumumbiste unifié (PALU).

Ensuite concernant la démission du Premier ministre lui-même qui a pour motivation son « immobilisme » présumé, un ancien Premier ministre a même eu la franchise d’avouer que « le Premier ministre doit être visible. Il doit être non pas seulement visible, il doit être aussi audible ».

Et c’est justement le grand reproche que ses adversaires font à Gizenga dont par ailleurs le gouvernement traîne un péché mignon, celui du « déficit de com­munication ».

Vous avez dit immobilisme et déficit de communication ? Gizenga n’est pas homme à se laisser tomber à moindres frais de son piédestal. Il a déjà réagi pare « son » Palu interposé  à travers un communiqué pour le moins polémique qui avait le mérite de la clarté. Voire !

Parlant au nom du Premier ministre Gizenga, il n’a pas fait dans la demi-mesure pour épingler les réalisations « palpables » du Premier ministre en ce laps de temps, un an de gestion de pouv­oir gouvernemental.

Voirie urbaine en réhabilitat­ion à travers la République, paiement régulier de la bourse des étudiants, maîtrise du cadre macro-économique, opportunités d’investissements offertes aux étrangers le bousculent en masse dans un pays il n’y a pas longtemps encore très peu fréquentable, sécur­ité des personnes et de leurs biens assurée, bref, c’est plutôt un chapelet non exhaustif des réali­sations à l’actif de Gizenga qu’au devoir égrener le parti cher à « Yandi Ve ». Un véritable banquet de fleurs au patriarche.

Son cabinet, par le ministr­e d’Etat près du Premier ministre, ne s’est pas privé de vanter les actions de Gizenga qui, selon Mayobo, n’a cure des dé­clarations publiques pour se faire admettre dans l’opinion. Pour dé­montrer ses performances (sit!).

Rappel historique

Aussi bien Gizenga lui-­même, son cabinet que le Palu n’ont jamais eu de cesse de rap­peler à ceux qui ont la mémoire courte que de la même manière que leur chef avait accédé à la primature, c’est de la même ma­nière également qu’il s’en ira. Autrement dit, il est lié par un ac­cord de partenariat à l’AMP et ce jusqu’à la fin de la législature 2011.

C’est autant dire que la dé­chéance de Gizenga ne peut être envisageable qu’à travers le même mécanisme, ou à tout le moins par la démission volontaire ou éven­tuellement par le décès - qui en aurait vraiment intérêt ? - du Premier ministre.

Autant dire également que cet accord a faut verrouillé au point qu’obtenir son départ de la primature à travers une motion d’in­terpellation relève d’un exercice difficile.

Curieusement, c’est pour­tant là, la seule constitution moins que le fameux accord d’al­liance AMP-PALU-UDEMO qui n’a rien de constitutionnel.

Pour autant, l’AMP est-elle prête à rompre son propre accord en soutenant le départ du Premier ministre, donc en appuyant la mo­tion qui sous-tend sa déchéance ?

Rien n’est moins sûr, d’autant plus que seul le recours au vote est déterminant dans ce cas et on voit mal l’AMP faire cause commune avec l’opposition minoritaire pour obtenir le départ de Gizenga.

A moins que, par hypothèse absurde, les autres composantes de l’AMP, notamment le Pprd et l’Udemo, soient les tireurs des fi­celles tapis dans l’ombre de l’opposition derrière qui ils font une poucette intéressée. Dans une telle éventualité, bien malin qui saura prévoir la suite des événe­ments en cas de chute brutale de Gizenga. Un « tremblement de terre » genre pétard mouillé comme il y a quelques années ? C’est à voir.

Mais pour de nombreux ob­servateurs sérieux, l’hypothèse la plus plausible reste l’implication du Président de la République qui, selon son appréciation person­nelle, peut, seul, demander au Premier ministre de rendre son ta­blier. Auquel cas il lui garantirait, en compensation une rente viagère jusqu’à la fin de la législature.

Là aussi, le Palu et Gizenga lui-même sont-ils prêts à s’accom­moder d’un tel compromis politi­que tout en sagesse ? Quoique rien ne soit gagné d’avance, rien n’est pour autant impossible, la politique étant jus­tement l’art du compromis.

Sinon, il faut savoir lire dans les astres pour prédire ce qui nous attend. Alors, exit Gizenga ?

(Milor)

Jeff Kalambaie/Uhuru

Last edited: 21/04/2008 14:27:49

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