L’interpellation projetée du Premier ministre Antoine Gizenga, une prérogative constitutionnelle de l’Assemblée nationale, est diversement commentée par les députés nationaux.

Les avis sont partagés entre les parlementaires de l’opposition et ceux de la majorité. Espoirs et craintes transpirent dans leurs déclarations. Le Gouvernement a été investi le 22 février 2007 au Palais du Peuple, âpres examen et adoption, par l’Assemblée nationale, du programme gouvernemental présenté par le Premier ministre, Antoine Gizenga. A deux reprises, le Gouvernement a défendu son budget pour l’exercice 2007 et 2008 devant l’Assemblée nationale. Cette dernière avait décidé de contrôler, tous les trois mois, l’exécution du budget.
Un exercice normal. Auteur de l’interpellation du Premier ministre Antoine Gizenga, le député Delly Sesanga du Mouvement de Libération du Congo (MLC/opposition) affirme que son action « procède d’un exercice normal dans une démocratie ».
Dans son entendement, les autorités publiques doivent répondre de la politique qu’elles conduisent à la tête du pays. Un an après l’entrée en fonction du Gouvernement, le Premier ministre doit nous expliquer à quoi il a mis à l’avantage son autorité à la tête de l’Exécutif ».
Suspecté de vouloir faire le jeu de la majorité en interpellant à sa place « son » Premier ministre, Delly Sesanga se défend : « Lorsque l’opposition tombe dans ce type de calculs, la démocratie sombre. L’opposition n’a pas à être derrière la recherche des dividendes personnelles ».
Espoirs et craintes
« Une interpellation n’est pas une motion de défiance, ni de censure. En d’autres termes, l’objet n’est pas de faire partir quelqu’un », rappelle François Mwamba, secrétaire général du Mouvement de Libération du Congo (MLC). « C’est juste une question de contrôle, de manière générale. Le contrôle ne veut pas dire qu’on va faire descendre le Premier ministre », rassure, pour sa part, Roger Lumbala (RCD/N).
Du côté de la Majorité, qui estime « bon que l’opposition critique ce Gouvernement, critique sa façon de procéder et présente des idées alternatives », le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) est circonspect. D’après Me Aubain Minaku (PPRD), « si c’est une interpellation objective, elle est la bienvenue. Mais, si et seulement si la motivation est politicienne, elle ne nous amènera nulle part ».
Au Parti Lumumbiste Unifié (PALU) du patriarche Antoine Gizenga, on estime que « l’interpellation est prématurée parce que les députés n’ont pas encore fait le contrôle ministériel. S’ils ont fait des contrôles, qu’ils nous disent le ministère auquel ils font des reproches. Comment voulez-vous faire des reproches au Premier ministre sans dire dans quel ministère ça ne marche pas ? ».
Le député Luete Katembo (PALU) accuse, lui, « certains Congolais qui s’empressent dans cette interpellation parce qu’ils savent que le chef de l’Exécutif avait initié des audits qui les feront peut-être balancer ou bouger, et parce qu’ils trouvent que le Premier ministre les empêche de s’enrichir comme ils veulent ».
(Yes)Angelo Mobateli/Journal du Citoyen
Last edited: 21/04/2008 14:25:01