Après le crash de son DC 9 intervenu le mardi 15 avril à Goma, (province du Nord-Kivu), la société aérienne Hewa Bora a tenu le premier point de presse jeudi 17 avril à son siège de N’Dolo/Bon Marché, commune de Barumbu.

C’était, pour M.Stavros Papaionnoun, président directeur général de Hewa Bora Airways, de témoigner l’attention de la société envers les familles des victimes du crash, auxquelles elle présente la compassion et les condoléances les plus attristées pour celles qui ont perdu des membres.
Avant d’ajouter que sa société est disposée à soulager tant soit peu le malheur de ces familles. Pour le même motif, la société d’aviation venait de transférer dans la matinée d’hier jeudi un premier acompte de 15 mille dollars américains au gouvernorat de province, à titre d’appui à son action efficace dans la prise de charge des blessés hospitalisés et l’ensevelissement des morts.
Quant à la question d’indemnisation des victimes, Hewa Bora la subordonne au rapport de la commission d’enquête qui a la charge d’établir les causes exactes du crash. Mais aussi et surtout au rapport de mission de la délégation de cinq experts de l’assureur (Sonas) qui descendent aujourd’hui vendredi 18 avril, sur le lieu du sinistre à Goma. Cela pour mesurer l’étendue du drame.
Informant l’opinion sur la nature exacte du crash, M. Papaionnou a déclaré qu’au moment du décollage, après une certaine vitesse, le pilote a décidé simplement, d’interrompre ce décollage, parce que semble-t-il, l’appareil avait perdu un des réacteurs. La piste étant mouillée et compte tenu du rétrécissement de la piste par la lave du Nyiragongo, le pilote a perdu le contrôle de l’avion qui a fait une sortie de piste de plus de 200 m.
Au sujet de l’état préoccupant de la piste, le Pdg de Hewa Bora a indiqué qu’un abondant courrier existe et par lequel ils ont eu à déplorer l’état de la piste de Goma sans succès. Il reconnaît avoir même initié un projet de réhabilitation de cette piste soumis à son temps au gouvernement 1+4 sans que cela mérite le bénéfice de l’urgence.
La thèse de la surcharge à écarter
Au nombre de victimes, selon un bilan encore provisoire,
M. Stavros Papaionnou mentionne que le crash aurait fait 36 tués parmi lesquels 20 corps ont déjà été identifiés. A l’embarquement, le DC 9 crashé avait pris soixante-treize (73) adultes, quatre (4) enfants et un bébé, sans fret, pour une charge maximale de 85 personnes. Et selon les références GSM prélevées des voyageurs à l’embarquement, la société a pu rétablir la liaison avec cinquante-trois rescapés. Au nombre desquels sont comptés le pilote, la co-pilote, les 4 enfants et le bébé. Aussi, prie-t-elle les rescapés d’entrer en contact avec la société dans le but de se faire identifier comme cela est le cas avec le groupe de 53. Entre-temps, plus d’une centaine de blessés sont aujourd’hui internés dans les hôpitaux de Goma, a encore dit M.Papaionnou.
Réagissant à l’interdiction de survol de l’espace européen qui frappe la compagnie Hewa Bora, Papaionnou rétablit la vérité. « Le 11 avril 2008, la commission européenne a adopté le nouveau règlement modifiant le règlement CE n° 474/2006, lequel a trait à la liste communauté des transporteurs aériens faisant l’objet d’interdiction d’exploitation dans l’Union européenne. Et ce, sur instigation de la Grande-Bretagne ». En réalité, Hewa Bora qui exploitait la ligne hebdomadaire aller-retour Kinshasa-Bruxelles avec son B767-266 ER immatriculé 9Q-CJD figurait sur la liste B parce que sur base de cet avion, la commission européenne pouvait se prononcer sur la fiabilité des avions Hewa Bora. Mais, comme cet appareil n’est plus utilisé sur cette ligne, la société congolaise a quitté la liste B pour atterrir sur la Black (liste noire) dans le nouveau règlement.
(Milor)Augustin Kinienzi/Le Potentiel
Last edited: 18/04/2008 18:07:50