La province du Nord-Kivu est souvent victime de l’inexplicable colère de la nature qui handicape son développement socio-économique.

En 2002, c’était l’irruption volcanique avec son cortège de malheurs à Goma. Six ans plus tard, c’est le tour du crash du DC9 -30 de la compagnie aérienne Hewa Bora Airways qui vient, une fois de plus, endeuiller la population de l’Est de la RDC.
Il est des phénomènes naturels que l’homme n’arrive pas à prévenir ou à expliquer, à cause de sa finitude. Raison pour laquelle, il est souvent surpris et assiste impuissant devant la colère de la nature.
En République démocratique du Congo comme partout ailleurs, les catastrophes naturelles causent beaucoup de dégâts matériels et humains incalculables.
Pour ce qui est de la province du Nord-Kivu, les Congolais gardent encore frais à l’esprit de nombreux dégâts causés en janvier 2002 à Goma, par l’irruption volcanique de Nyiragongo. Il suffit de faire la ronde dans cette ville pour palper du doigt les conséquences de cette calamité naturelle.
Des édifices publics, des écoles, des églises, voire une grande partie de la piste de l’aéroport international de Goma, ont subi la colère du volcan en irruption. Ce qui explique la réduction de sa longueur.
Pas plus tard qu’il y a quelques jours, un DC 9 de la compagnie Hewa Bora Airways en partance pour Kisangani a raté son décollage, le mardi 15 avril dernier, avant de terminer sa course dans un quartier populaire de Goma appelé Birere. Comme il est de coutume en pareilles circonstances, plusieurs personnes ont trouvé la mort dans cette catastrophe.
Cela, sans compter les dégâts matériels enregistrés dans ce quartier populaire du chef-lieu de la province du Nord-Kivu. A côté de ces deux catastrophes, il faudra ajouter le dernier séisme qui a été également senti au Nord-Kivu.
GOUVERNER, C’EST PREVOIR
Quelles sont les causes exactes de ce crash qui a coûté la vie à une dizaine de personnes ? Que doit faire le gouvernement pour éviter la répétition des catastrophes aériennes en RDC ? Ces questions et tant d’autres méritent d’être posées. Surtout quand on sait que l’Union européenne avait déjà répertorié Hewa Bora parmi les compagnies aériennes interdites de vol en Europe, pour des raisons de sécurité. Cette décision a été prise, lors des travaux de la Commission mixte RSA-RDC, organisés, le 9 avril 2008 à Pretoria (Afrique du Sud).
Une autre question qui nous vient à l’esprit est celle de savoir pourquoi le gouvernement central n’a pas tenu compte de la décision prise en Afrique du Sud par les experts en la matière au sujet des avions de Hewa Bora ? Une décision qui aurait pu épargner le pays à cette énième catastrophe aérienne, si elle était mise en pratique. C’est pour ainsi dire que le gouvernement congolais doit de temps en temps précéder les faits au lieu de les subir. Ne dit-on pas que gouverner, c’est prévoir !

Au lendemain de la destruction d’une partie de la piste d’atterrissage de l’aéroport de Goma, le gouvernement central devrait prendre des mesures préventives pour éviter les dangers.
A titre illustratif, il devait interdire aux grands appareils de se poser sur cette piste, compte tenu de son état actuel. La réhabilitation de cet aéroport important du pays devrait également figurer parmi les priorités du gouvernement Gizenga.
Réhabilitation envisagée
Malheureusement, aucune disposition allant dans le sens de prévenir les dégâts n’a été prise par le gouvernement. Il a fallu attendre le crash du 15 avril dernier pour que le gouvernement central propose de planifier des travaux pour réhabiliter la piste de cet aéroport. C’est le ministre en charge de l’Intérieur, Denis Kalume Numbi, qui l’a annoncé à la presse peu avant de quitter le chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
A ce sujet, il a instruit le ministre des Travaux public et Infrastructures et son collègue des Transports et Voies de communication, pour qu’ils envisagent le décapage des laves qui coupent la piste en deux et diminuent sa longueur d’à peu près deux kilomètres. Le gouvernement mettra tout en oeuvre pour qu’on puisse disponibiliser les moyens nécessaires pour éviter qu’à l’avenir nous puissions connaître le même drame.
L’on s’aperçoit d’emblée que si la piste avait toute sa longueur, le DC 9 de Hewa Bora aurait eu beaucoup plus de chances d’éviter le pire.
Pour éviter la répétition des crashes en RDC, le renforcement des mesures relatives au transport aérien et la réhabilitation des infrastructures aéroportuaires, constituent des atouts non négligeables.
Albert Tshiambi/Le Potentiel
Last edited: 18/04/2008 17:36:35