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Crash de Goma : 30 rescapés ramenés à Kinshasa

Kinshasa, 18/04/2008 / Politique
Trente rescapés de l’accident d’avion survenu mardi à Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo, ont été transférés jeudi à Kinshasa pour des soins appropriés. L’actualité est encore fortement dominée par le crash de l’avion McDonnel Douglas DC 9 -30 de la compagnie aérienne Hewa Bora à l’aéroport de Goma. Des rescapés, il y en a eu heureusement ! C’est ainsi que trente rescapés de cet accident d’avion survenu mardi 15 avril 2008 à Goma (Nord-Kivu) dans l’Est de la République démocratique du Congo ont été transférés jeudi à Kinshasa pour des soins appropriés.

Ces rescapés, tous blessés, ont été immédiatement embarqués dans des ambulances qui attendaient sous le pied de l’avion qui ramenait jeudi à l’aéroport de N’Djili une délégation des autorités congolaises venues du chef-lieu du Nord-Kivu. Ils ont été acheminés dans les différents hôpitaux de Kinshasa.

Mercredi, trente-quatre des quarante personnes tuées dans cet accident ont été inhumées dans un cimetière de Goma, en présence du président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe et d’une délégation gouvernementale conduite par Denis Kalume Numbi, ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, Sécurité et Décentralisation.

Avant de quitter Goma, cette délégation a remis aux autorités locales dix tonnes de médicaments pour permettre une meilleure prise en charge des blessés.

Outre les 40 morts, une vingtaine de personnes sont portées disparues, a affirmé à la presse le ministre de l’Intérieur, le général Denis Kalume Numbi, membre de la délégation venue de Goma.

Le ministre a promis jeudi la réhabilitation de la piste de l’aéroport de Goma, dont la longueur utile a été réduite de près d’un tiers par de la lave, libérée par le volcan Nyiragongo qui surplombe le chef-lieu du Nord-Kivu lors d’une éruption du 17 janvier 2002. Six ans plus tard, la lave n’a pas encore été enlevée.

Avant de regagner Kinshasa, M. Kalume a affirmé que le gouvernement central se propose de planifier des travaux pour réhabiliter la piste. « Le ministre des Travaux publics et Infrastructures (Pierre Lumbi Okongo) et le ministre des Transports (Charles Mwando Simba) ont été instruits en urgence pour qu’on envisage le décapage des laves qui coupent la piste pratiquement en deux et qui diminuent la longueur de l’aéroport d’à peu près deux kilomètres. Et ce décapage va intervenir pratiquement dans les mois qui vont venir », a affirmé le ministre à Radio Okapi, parrainée par l’ONU.

Pas de nouvelles des Belges

« Le gouvernement mettra tout en œuvre pour qu’on puisse rendre disponibles les moyens nécessaires pour éviter qu’à l’avenir nous puissions connaître le même drame. Si la piste avait toute sa longueur, il y aurait eu beaucoup plus de chances qu’en freinant que l’avion s’arrête avant le bout de la piste », a ajouté M. Kalume.

Selon le ministère belge des Affaires étrangères, des quatre passagers belges qui se trouvaient à bord de l’appareil, un DC-9 de la compagnie privée congolaise Hewa Bora Airways (HBA), il reste une seule personne à propos de laquelle subsiste un doute. Les autorités sont en effet sans nouvelles, mais ignorent si cette personne était effectivement à bord de l’avion, a précisé un porte-parole du ministère.

Les secouristes de la Croix-Rouge poursuivaient jeudi les recherches dans les décombres de maisons détruites dans l’espoir de retrouver d’éventuels corps de victimes.

La société civile du Nord-Kivu a demandé aux autorités congolaises « d’arrêter des mesures urgentes, efficaces et durables en vue d’assainir l’espace aérien congolais devenu un vrai cauchemar pour les voyageurs ». De son côté, l’Eglise catholique a exigé une « enquête sérieuse pour déterminer les causes de cette nouvelle catastrophe, et établir les responsabilités dans la justice et la vérité ». Elle a également demandé de « prendre au sérieux l’appel urgent d’améliorer le secteur aérien de la République (viabilité des avions et des infrastructures aéroportuaires) ».

Les causes de l’accident de l’appareil n’étaient toujours pas connues jeudi. L’avion a raté son décollage, s’écrasant sur le quartier populaire et commercial de Birere, en bout de piste.

Selon des sources aéroportuaires, se basant sur des déclarations de l’équipage, l’avion aurait eu un problème de moteur après être passé sur une flaque d’eau et le pilote aurait tenté de poursuivre sa route avant de décider de freiner, perdant tout contrôle de l’appareil.

Ce drame survient moins de six mois après un terrible accident d’avion survenu à Kinshasa, où un Antonov An-26 d’une compagnie privée congolaise s’était écrasé le 4 octobre dernier à Kimbanseke, un quartier populaire de la capitale, faisant au moins 50 morts.

Toutes les compagnies aériennes congolaises – une cinquantaine identifiées – figurent sur la liste noire de l’Union européenne, qui leur a interdit son espace aérien.

SL/MMC

Last edited: 18/04/2008 17:38:38

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