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Bonjour | 03/12/2008 20:49 | English Make DC Home page | RSS feed

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Mercredi à l’aéroport international de Ndjili c’était la bousculade pour le deuil de Birere. Il y a des lieux et des faits qui ne trompent pas sur l’état d’esprit général et la manière dont nous gérons certains domaines sensi­bles. Bien que le transport aérien continue à faire des hécatombes, confusion et désorganisation hantent toujours ce secteur névral­gique. Nous en voulons pour preuve, l’ambiance qui baigne chaque jour l’embar­quement sur certains vols  domestiques.

Mercredi, alors que le salon officiel de la RVA à l’aéroport international de N’djili était envahi par des députés et sénateurs origi­naires du Nord et du Sud Kivu, des journalistes, des experts de l’aéronautique civile et de la RVA ainsi que d’autres agents de di­vers services de l’Etat en partance pour Goma, lieu du dernier crash, on était loin de s’imaginer que cet énième voyage, bien que décidé par le gouvernement et l’Assemblée nationale, deux grandes institutions de la république, pouvait être un seul instant, l’illustration parfaite de la confusion et la désorganisation qui règnent en maîtres dans le secteur aérien de notre pays.

Des titres qui en disent long sur les maux d’un secteur

Et Le Phare n’avait donc pas eu tort de con­sacrer son édition d’hier, à cet accident qui rappelait plusieurs défaillances et la léthargie propres à l’avia­tion civile congolaise. D’ou les titres évocateurs « Type K une leçon (du respect des normes de sécurité aérienne) vite oubliée »,  « Le crash de Kingasani : sé­vère rappel à l’ordre (pour un contrôle technique sans complaisance du matériel volant) » et il ne restait plus  que cet autre, «  Le crash de Goma : la rançon de la léthargie des organes spé­cialisés de l’aéronautique civile ».

Fallait-il sauter sur cet événement malheureux pour tirer à boulets rouges sur les organes techniques ou mieux sur leurs anima­teurs? Le bilan effroyable des victimes, surtout les images insoutenables des corps mutilés, calcinés et des blessures graves et le spectre d’autres hécatom­bes, n’étaient-ils pas assez forts pour endeuiller la na­tion tout entière, susciter la compassion des pays amis et provoquer la révolte, ainsi que l’indignation générale!

La bousculade générale pour un deuil

Comme si toutes ces horreurs du passé n’étaient devenues qu’un film d’épou­vante vite oublié, hier à l’aé­roport international de Ndjili, nous avons assisté à des scènes indicibles. D’abord, le marathon auquel se sont livrés députés, journalistes et autres agents de l’Etat, tous chargés de leurs ba­gages, pour se ranger au bas de la passerelle d’un Boeing 727 d’une société privée. Sous la canicule, ils devaient griller au soleil en attendant l’appel des voya­geurs retenus sur la liste. Comble de confusion, il n’y en avait pas une seule. On en comptait une dizaine (Assemblée nationale, Sénat, Ministère de l’Intérieur, Décentralisation et Sécu­rité, ministère des Affaires humanitaires, ministère de la Santé, Autorité de l’Avia­tion civile, Régie des voies aériennes, Primature et autres services).

Une première opé­ration de tamisage a été opérée sans que l’on tienne compte des services appe­lés à enquêter sur le crash et des médias devant re­cueillir des témoignages des rescapés et des bles­sés. Plus agiles, les trouba­dours qui ne ratent pas des voyages officiels gratuits se sont engouffrés à bord de l’appareil.

Des instructions con­traires données, la centaine des députés et sénateurs, à cinquantaine des jour­nalistes et cameramen et autant des agents de l’Etat ont été priés de se présen­ter devant un autre appa­reil, un Boeing 727 d’Hewa Bora Airways dont le label a suscité hésitation parmi les membres de la déléga­tion. Second marathon, Il ne manquait plus que l’homol­ogation de l’épreuve par le comité olympique national. Jamais, je n’ai vu des dépu­tés aussi sportifs, au propre comme au figuré. Sous cet­te passerelle, la bousculade requérait des biceps, des triceps et des pectoraux. Seuls étaient épargnés de cette épreuve de «  lutte », le président de l’Assemblée nationale, les présidents des commissions et des groupes parlementaires, les ministres et leurs plus pro­ches collaborateurs.

Même le directeur de cabinet adjoint, ainsi que des conseillers à la Prima­ture, ont été bousculés sans ménagement. Et en dépit de cette confusion indes­criptible à l’embarquement, les conseillers vont rater le voyage en compagnie d’une équipe des journalistes et autres agents de l’Etat.
Les questions que l’on pouvait se poser de­vant de telles scènes qui rappellent l’entrée d’un film annoncé « en première vi­sion » sont celles de savoir pourquoi toute cette bous­culade ? Est-ce pour aller assister a un deuil ?

Pourquoi a-t-on de nouveau pris les risques de voyager presque en sur­nombre dans l’appareil ? Pourquoi un tel voya­ge devait se dérouler sans un minimum d’organisation, un minimum d’ordre et de « discipline? Pourquoi offrir cette image de confusion et de désorganisation quand il s’agit des voyages offi­ciels auxquels sont associés des hauts cadres de l’Etat, des membres du Parlement congolais, de l’exécutif et des divers services publics ainsi que la presse ?

Au lendemain du crash de Goma, on donne la nette impression qu’on ne s’est toujours pas assagi devant des catastrophes aériennes. C’est vraiment dommage!

(Milor)

J.R.T./Le Phare

Last edited: 17/04/2008 17:21:19

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