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Attention à la « révolte des casseroles »

Kinshasa, 17/04/2008 / Politique
De Haïti en Rdc en passant par l’Inde, le Bénin, la Mauritanie, l’Egypte, le Mali, le Burkina Faso… la grogne sociale, soutenue par les manifestations de la faim, se multiplie. Partout, c’est la même rengaine : le coût excessif de la vie favorise par l’explosion de l’inflation des prix des denrées alimentaires. On lance déjà des appels à l’aide internationale. La Banque mondiale et le FMI, sans oublier les Etats-Unis et l’Union européenne, sont très inquiets ». Kinshasa qui est déjà en ligne de mire de ce «  tsunami monétaire » n’est pas à l’abri de la « révolte des casseroles », le gouvernement a-t-il pris des dispositions utiles ?

« A Port-au-Prince, en Haïti, un calme précaire est revenu après les émeutes de la faim qui ont fait au moins six morts, dont  un casque bleu nigérian tué par balles le samedi 12 avril, et plus de deux cents blessés ». Des manifestations analogues (de la faim) se sont produites dans plusieurs villes africaines et de l’Amérique latine. Particulière­ment, pour le continent africain, à Ouagadougou, au Caire, à Ba­mako.

A Kinshasa, la grogne sociale est perceptible. Elle est caracté­risée par des revendications so­ciales de plus en plus multiples les arrêts de travail avant de dé­boucher sur des grèves qui pa­ralysent plusieurs secteurs de la vie nationale. Notamment l’enseignement et la santé.

Une situation qui risque d’affecter le secteur privé qui connaît également des perturba­tions émaillées de non- respect des dispositions légales en ma­tière de législation sociale. Il s’agit précisément de l’applica­tion du SMIG tel que décidé par l’Etat après concertation avec d’autres partenaires sociaux employeurs et syndicats. Raison pour laquelle, des négociations ont conduit au relèvement du SMIG qui passe de 1à 3 dollars. Mais cette mesure n’est pas d’appli­cation immédiate. Elle rentrera en vigueur en 2009, semble-t-il, alors que le taux de 1 dollar ne connaît pas encore d’application effective dans plusieurs sociétés et entreprises au Congo. Motif évoqué par les employeurs : une situation économique peu favo­rable à l’épanouissement des activités commerciales et indus­trielles. Ils rechignent donc à se conformer à la loi, allant jusqu’à menacer la délocalisation de leurs activités. Prétexte, le plus sou­vent, au regard de la faiblesse de 1’Etat qui favorise la fraude.

N’ayant pas la politique de ses moyens, il est difficile pour le gouvernement d’élaborer une politique salariale réaliste suscep­tible de permettre au travailleur de satisfaire ses besoins élémen­taires. C’est dans cette situation précaire, de sans pouvoir d’achat, que la RDC affronte les causes externes du coût cher de la vie. Allusion faite aux prix des produits pétroliers qui influent sur tous les secteurs de la vie natio­nale particulièrement sur les prix des denrées alimentaires qui prennent de l’ascenseur. Ce qui se traduira certainement par une catastrophe sociale dans un pays qui dispose d’un budget non réa­liste, des infrastructures poten­tielles détruites, d’une économie délabrée et désarticulée.

Gouverner, c’est prévoir

Evidemment, la peur  s’empare des institutions interna­tionales et certaines grandes na­tions.

Rappelant ainsi à quelques observateurs avertis la période de 1939, celle qui avait précédé le déclenchement de la 2ème guerre mondiale, avec les mêmes si­gnaux de récession économique, de la hausse du prix du pétrole, du coût élevé de denrées alimen­taires, des manifestations de la faim, et nous en passons. Et pour­tant, par leur égoïsme et leur bou­limie du pouvoir de domination, ils ont laissé pourrir la situation à telle enseigne qu’aujourd’hui ils sont « très inquiets ».

Dominique- Strauss Kahn, directeur général du FMI, parle des conséquences terribles  à la hausse des prix des denrées alimentaires. Il a donc décidé de réactiver une ligne de crédits en faveur des pays pauvres et ceux qui ont des difficultés budgétai­res.

L’Union européenne a an­noncé l’octroi de 100 millions de dollars Usd au Programme ali­mentaire mondial, PAM. Le pré­sident Bush, très inquiet, a af­fecté 200 millions de dollars à l’aide alimentaire mondiale. La Banque mondiale se propose d’intervenir pour corriger les dégâts de l’inflation explosive des prix des denrées alimentaires. Ils sont tous très inquiets.

Inquiétude que souligne Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation. Condamnant pra­tiquement les pays industrialisés sur la production massive de bio­carburants, il qualifie cette initia­tive de  crime contre 1’ huma­nité en ces instants précis où un «  tsunami alimentaire » s’annonce à l’horizon et que plu­sieurs pays en voie de dévelop­pement ne sauront y faire face. Car, des manifestations de faim pourraient se transformer facile­ment en manifestations poli­tiques ».

Comment la RDC réagit-­elle face à cette « révolte des casseroles » qui s’annonce à l’horizon ? Seule une politique distributive, basée sur l’équité et soutenue par une vraie politique de solidarité nationale limiterait des dégâts. Les écarts scanda­leux des salaires, relevés dans l’une de nos précédentes livrai­sons, seraient ainsi réduits pour dégager des ressources suffisan­tes susceptibles d’ouvrir « le chantier du bien-être collectif ». Car, gouverner, c’est pré­voir. Pour ne pas se servir.

(Milor)

Freddy Monsa Iyaka Duku/Le Potentiel

Last edited: 17/04/2008 16:28:59

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