Le crash d’un avion, un McDonnel Douglas DC 9 -30 survenu mardi soir à Goma, en République démocratique du Congo, a fait quarante victimes et plus de cent blessés. Trois Belges restent introuvables, à Goma, selon un dernier bilan provisoire publié par les autorités congolaises.

Le crash d’un DC9 -30 de la compagnie aérienne Hewa Bora Airways survenu mardi soir à Goma, en République démocratique du Congo, a fait quarante victimes et plus de cent blessés selon les autorités du Nord-Kivu. La Monuc (Mission de l’organisation des Nations unies en RDC) parle quant à elle de 40 morts. On est toujours sans nouvelle de trois Belges qui étaient présents à bord de l’avion, a-t-on appris mercredi de source diplomatique.
Trois autres Belges étaient également à bord de l’appareil. Ils sont sains et saufs et ont pris contact avec les autorités belges sur place.
Cet accident intervient alors que Brussels Airlines doit lancer, « avant l’été », une nouvelle compagnie en collaboration avec Hewa Bora qui sera majoritaire (51 %). Les premiers vols, initialement attendus pour avril, ont été reportés, notamment parce que des conditions de sécurité ne sont pas respectées dans certains aéroports ciblés comme destinations de ces vols internes. Ce sont deux avions de Brussels Airlines, déjà peints aux couleurs d’Air DC, qui seront opérationnels (deux BAE 146).
Pour Thierry van Eyll, porte-parole de Brussels Airlines, l’objectif est de continuer le partenariat avec Hewa Bora. « L’accident souligne bien, dit-il, l’importance d’offrir au Congo le début d’une compagnie aérienne répondant aux normes de sécurité européennes. Tout ce qui est opérationnel vient de Brussels Airlines. Donc pour nous, l’inscription d’Hewa Bora sur la liste noire européenne la semaine dernière et cet accident ne remettent pas directement en question le projet. » Les entretiens journaliers seront réalisés à Kinshasa par la filiale Pan African, société mauricienne elle aussi. Ses techniciens appartiennent à Brussels Airlines. Les autres entretiens (checks B et C) seront assurés à Bruxelles.
Crash de Goma : Alan Doss se dit effaré
Dans un message de condoléances lu devant la presse, le représentant spécial du secrétaire général de l'Onu en Rdc, Alan Doss, s'est dit "consterné" par l'accident d'avion mardi dernier à Goma, lequel a causé la mort à 40 personnes avec plus de 100 blessés.
Le point de presse hebdomadaire de la Monuc de mercredi a été consacré essentiellement au deuil que le pays vient d’être victime, à la suite du crash de l’appareil de la société d’aviation Hewa Bora. A partir de New York où il se trouve en mission de service, M. Doss s'est dit "consterné par cet accident et exprime sa tristesse et toute sa compassion aux familles des victimes, au gouvernement de la République démocratique du Congo ainsi qu'à la compagnie aérienne Hewa Bora. C’est ce qu’a souligné le porte-parole de la Mission de l'Onu en Rdc (Monuc), Kemal Saiki, au cours de ce point de presse.
M. Doss a, pour ce faire, exprimé tout son soutien ainsi que celui de la Monuc qui a immédiatement dépêché ses casques bleus et ses équipes de sapeurs-pompiers accompagné du personnel médical sur les lieux de l'accident afin de porter secours aux blessés et d'assister les autorités locales pour sécuriser le site de l'accident.
Selon Kemal Saïki, le véhicule anti-incendie de la Monuc a contribué à éteindre le feu, permettant ainsi l'évacuation des blessés dont 18 ont été admis dans son hôpital de Goma. De ces 18 blessés, 8 ont été libérés, 10 sont toujours en traitement et un est décédé.
Plus d'une centaine de blessés, dont des brûlés dans un état grave, essentiellement des habitants du quartier populaire et commerçant de Birere où l'appareil s'est écrasé, ont été admis dans trois hôpitaux de la ville, à en croire la Monuc.
Il a été rappelé que l'avion en question, un DC-9, affrété par Hewa Bora, s'était écrasé au décollage. Il effectuait la liaison Goma-Kinshasa. Les causes de l'accident n'étaient pas connues mercredi, mais la boîte noire de l'appareil, élément capital pour déterminer les causes du drame, a été trouvée, selon les autorités locales.
Ce qu’ont été les obsèques des victimes
Les obsèques des victimes du crash d’avion ont eu lieu mercredi soir au cimetière de l’Institut technique industriel de Goma, signale la mission onusienne au Congo. Environ soixante députés et sénateurs ainsi que des membres du gouvernement venus de Kinshasa ont participé à ces obsèques. Les autorités locales accompagnées de plusieurs centaines de personnes ont tenu à rendre un hommage et accompagner les disparus à leur dernière demeure.
Vital Kamerhe, président de l’assemblée nationale et Denis Kalume, ministre d’état en charge de l’intérieur ont conduit une forte délégation composée des parlementaires et des membres du gouvernement pour participer aux obsèques des victimes du crash survenu à Goma mardi. A l’aéroport de Goma, le Président de l’Assemblée Nationale a déploré cette nouvelle tragédie avant de donner la signification de cette visite : « d’abord, un message de condoléance, à toutes les familles éprouvées. Et à la nation congolaise tout entière. Nous sommes venus sur place, c’est le devoir d’état, pour d’abord nous enquérir de la situation, consoler toutes les familles, qui ont été durement frappées et prendre toutes les dispositions pour inhumer en toute dignité, dans les bonnes conditions les morts. Assister les sinistrés, ainsi que les victimes de cette énième catastrophe. Et discuter avec les autorités locales des conditions qu’il faudra créer désormais pour l’avenir ».
De son côté, dans son intervention au cimetière de Goma, le Ministre d’état en charge de l’Intérieur a confirmé la décision du gouvernement central d'engager des travaux pour enlever la lave du volcan qui a englouti environ 500 mètres de la piste de l'aéroport de Goma lors de l’éruption volcanique de janvier 2002.
Célestin Lutete/MMC
Last edited: 17/04/2008 16:43:07