Deux fortes délégations ont quitté Kinshasa pour la capitale du Nord-Kivu. Il s’agit de la délégation parlementaire conduite par le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe et de la délégation gouvernementale à la tête de laquelle se trouve Denis Kalume Numbi, ministre d’Etat chargé de l’Intérieur, Sécurité et Décentralisation. Toutes ces délégations vont assister aux obsèques et apporter le secours aux sinistrés. Avant que l’enquête soit menée, le patron de Hewa Bora Stavros Papayanou, s’est empressé de déclarer que son avion avait été bien entretenu.

Il s’est même hasardé d’avancer le bilan bien en deçà de ce que donnait toutes les sources. Mais la déclaration la plus importante, c’est que Hewa Bora se dit prêt à indemniser les victimes de ce crash.

Quelques heures après le crash de Goma, et au moment où nous étions sous presse mercredi, il était difficile de donner le dernier bilan de l’accident. Aujourd’hui, toutes les sources réunies, il nous revient que le crash a fait 34 morts et plus d’une centaine de blessés. C’est un grand choc pour la population de cette ville en particulier et de toute la province du Nord-Kivu en général. Compte tenu de la gravité de certains cas, il n’est pas exclu que ce bilan soit revu à la hausse. En outre, apprend-on de la même source, des recherches se poursuivaient encore mercredi. C’est encore une raison qui pourrait conduire à la révision du bilan.

Les cadavres, compte tenu du fait que la ville n’a pas d’infrastructures pouvant les garder longtemps, il a été décidé de procéder à l’enterrement dans les heures suivantes. C’est pour cette raison qu’une forte délégation a quitté Kinshasa pour la capitale du Nord-Kivu. Il s’agit de la délégation parlementaire conduite par le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe et de la délégation gouvernementale à la tête de laquelle se trouve Denis Kalume Numbi, ministre d’Etat chargé de l’Intérieur, Sécurité et Décentralisation. Toutes ces délégations vont assister aux obsèques et apporter le secours aux sinistrés. C’est une ville de Goma au ralenti qui a accueilli toutes ces délégations.

Car, c’est en plein quartier des affaires que l’avion fou est allé s’abattre. L’avenue du 20 mai concentre en effet les trois quarts des activités commerciales de Goma. Mais, pour des raisons sécuritaires, tout le secteur de ce quartier est resté bouclé par les forces de l’ordre. Ce qui n’a permis ni aux commerçants ni à leurs clients d’accéder à leurs lieux de travail.

D’autre part, de nombreux habitants de la ville ont passé la journée à parcourir des institutions de la santé, dans l’espoir de retrouver un membre de famille porté disparu. Sur le lieu du crash pendant ce temps, les recherches se sont poursuivies en vue de retrouver d’éventuels corps des victimes du crash. Cette fois-ci, ce sont les tracteurs qui ont été mis à contribution.

Indemnisation des victimes

Avant que l’enquête soit menée, le patron de Hewa Bora Stavros Papayanou, s’est empressé de déclarer que son avion avait été bien entretenu. Il s’est même hasardé d’avancer le bilan bien en deçà de ce que donnait toutes les sources. Mais la déclaration la plus importante, c’est que Hewa Bora se dit prêt à indemniser les victimes de ce crash.

L’opinion ne demande qu’à y croire. Compte tenu des habitudes connues dans ce pays, on attend voir avant de croire. Il reviendra au gouvernement qui veille sur la sécurité physique de tous les Congolais de veiller à ce que Hewa Bora tienne parole. Car, il arrive souvent que les avocats des victimes et les associations des victimes se fassent du beurre sur le dos des victimes moyennant un arrangement avec la compagnie de l’avion tueur. Il reste maintenant un vrai problème, celui de l’identification des victimes.

Hewa Bora ne peut considérer cela comme un problème dans la mesure où un manifeste doit exister. Dans le cas contraire, il sera constaté une mauvaise gestion du trafic. « Aucun problème de ce côté-là, croyez-moi. Nous avons toutes les raisons de croire que ça va se faire immédiatement. D’ailleurs, nous n’allons même pas attendre la Sonas. Nous avons déjà transféré de l’argent à Goma pour pouvoir, justement, subvenir aux besoins les plus urgents. Et, cela, en dehors même de ce que les assurances doivent payer comme indemnité.

Nous avons mis deux numéros à disposition de notre clientèle : 0817005000 et 0997005000. Et, nous attendons. Dès que nous allons avoir la liste des victimes, nous allons les publier sur des sites Internet pour qu’on puisse suivre.

Mais encore une fois, le plus grand problème que nous ayons, c’est de pouvoir identifier les familles des victimes, pour pouvoir ainsi commencer déjà leur indemnisation et, en tout cas, les aider déjà, les soulager, à pourvoir traverser cette épreuve que personne n’envie.

Stavros Papaiannou, directeur général de Hewa Bora Airways faisait ces déclarations hier mercredi matin dans l’émission « Okapi action ». Nous pensons à notre avis que pour garantir la transparence dans cette affaire, il faut éviter la précipitation.

Mobilisation

Les victimes de ce crash bénéficient de la mobilisation des Congolais de partout pour soulager leur peine. Au Nord-Kivu, une collecte de médicaments est effectuée. « ’Depuis ce matin, nous avons déjà bénéficié de certains gestes. Il y a UNFPA qui a donné une importante quantité de médicaments et l’OMS qui a également donné un lot de médicaments contre les traumatismes », a indiqué le gouverneur Julien Paluku.

La liste des intervenants s’est allongée avec la maison Shalina et M. Zoé Kabila, jeune frère du chef de l’Etat, au nom de la fondation Mzée LD Kabila. Selon le gouverneur, la ville attendait 10 tonnes d’autres médicaments annoncés par le gouvernement central. « Nous avons lancé un appel aux médecins et qui l’ont accepté, celui de reprendre immédiatement le service. Nous avons salué cette attitude des médecins qui ont rapidement répondu à cet appel ».

Pour connaître les vraies raisons de la catastrophe, il faut attendre l’enquête et surtout le décryptage de la boîte noire qui a déjà été retirée des flammes. En attendant, on indique qu’il y avait eu explosion d’un des moteurs alors que l’avion était au point de décoller. Comme l’indique Aleko Thomas, directeur de la RVA et commandant de l’aéroport international de Goma à Okapi net : « Après toutes les enquêtes préliminaires menées, il s’avère que, l’avion, lorsqu’il a fait sa distance de roulement, après 300 mètres, le moteur numéro 1 a pris feu, donc, il y avait une explosion.

En ce moment-là, le pilote n’avait que le devoir de maîtriser l’avion pour ne pas continuer. En maîtrisant, il a freiné d’une façon brutale, et il y avait crevaison, l’avion a dérapé donc, il est sorti de l’axe pour aller vers le ravin, au niveau de la piste 36. L’avion est allé jusqu’au niveau de la route qui fait la jonction entre les 2 ronds points, c’est-à-dire, le rond point Rutshuru et Signers. Et voilà, en ce moment, l’avion était complètement calciné. Prenez même l’exemple d’un véhicule, vous étiez à grande vitesse, même si vous coupez le moteur, le véhicule va continuer. Donc, c’était le problème d’inertie ».

Bukavu touché par le crash

La capitale du Sud-Kivu ne reçoit plus de vols directs venant de Kinshasa. Conséquences, les habitants de Bukavu sont obligés de passer par Goma avant d’atteindre Bukavu par la route. Il en est de même de ceux des habitants du Sud-Kivu qui veulent faire le déplacement de la capitale congolaise par avion. Ils transitent par Goma où ils s’embarquent pour Kinshasa. Ce qui fait que parmi les victimes, il y en a qui viennent de Bukavu. On signale sept personnes originaires de Bukavu qui étaient dans l’avion et ont été tirées saines et sauves. Cette ville a donc déclenché un mouvement de solidarité en faveur des victimes du crash. Les médecins, les autorités coutumières et les députés provinciaux de la province se sont également mobilisés. Les délégations de ces différents corps ont apporté chacune de quoi permettre de répondre aux besoins urgents en rapport avec ce crash.

JDG/L’Avenir