C’est le énième crash d’avion civil qui vient encore une fois endeuiller le peuple congolais causant de dizaines des morts et de perte d’aéronefs appartenant à des compagnies aériennes privées.

Contrairement à d’autres accidents d’avions survenus jusque là, celui d’hier a comme particularité d’appartenir à une compagnie aérienne ayant pignon sur rue et qui exploitait récemment les lignes européennes et sud africaine, preuve s’il en faut une, que « HEWA BORA » remplissait les conditions rigides de navigation aérienne exigées dans les pays de l’Union Européenne.
Seulement voilà ! L’opinion craint de revivre les scènes insupportables qui ont toujours accompagné les accidents d’avion, notamment l’absence d’assistance aux survivants et aux familles des victimes par des indemnisations financières comme cela se fait partout au monde en pareil cas.
Hewa Bora est-elle assurée ?
La question s’était déjà posée à l’époque vers la fin des années 1990 à la suite de l’accident de l’avion de marque FOKKER appartenant à la compagnie privée SCIBE Air lift. Cet avion venait de Kindu et se rendait vers Goma et avait percuté pendant la nuit l’une des crêtes de la montagne « Makengere ». Le bilan fut lourd car il n’eut aucun survivant. La nouvelle fut connue après plusieurs jours grâce aux paysans qui découvrirent par hasard des débris de cet avion et des nombreuses familles des victimes eurent tout le mal du monde pour reconnaître les corps de leurs frères et soeurs, surtout qu’à l’époque le téléphone cellulaire n’existait pas encore. Certains corps furent enterrés sur place par manque d’identité des victimes et des membres de leurs familles respectives.
Les familles des victimes qui avaient osé saisir les instances judiciaires pour obtenir des indemnisations financières ont été soumises à des procédures longues et fastidieuses avant de renoncer. Les familles des victimes du crash de Type Ka ont mis en place une association, mais se buttent elles aussi à des procédures judiciaires longues et pénibles et tout porte à croire qu’elles finiront par se fatiguer. Tout récemment, le crash de Kingasani Ya Suka a remis sur la sellette l’épineuse question des assurances d’avion. Le gouvernement s’est contenté de créer une commission d’enquête dont le rapport tarde à être rendu public.
Depuis un certain temps, la SONAS a lancé une campagne de sensibilisation de paiement des sinistrés, le commun des mortels espère voir s’intéresser à ce cas en payant les sinistrés, mais au cas où la compagnie HEWA BORA a souscrit à une police d’assurances. La question se trouve à ce niveau là et le gouvernement est appelé à saisir cette occasion pour rappeler à l’ordre les compagnies aériennes quant à l’obligation légale de souscrire à une police d’assurances. Si les véhicules privés de transport et autres engins roulants sont soumis au paiement de la police d’assurance, il serait anormal de découvrir que des compagnies aériennes ne se sont pas conformées à la loi en la matière. Auquel cas, le gouvernement devrait imposer des sanctions sévères contre les contrevenants quelque soit leur identités ou relations politiques.
F.M./Le Phare
Last edited: 16/04/2008 17:41:16