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Bonjour | 06/07/2008 5:24 | English Make DC Home page | RSS feed

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La responsabilité de la compagnie aérienne congolaise par qui la tragédie déplorée du crash d’avion de Goma est survenue ne pourra pas être épargnée du fait de l’alerte de sa disqualification aéronautique bel et bien établie déjà par l’Union Européenne Pas plus tard que la semaine dernière, l’Union Européenne a assené un coup de massue à l’avia­tion civile congolaise, en disqualifiant Hewa Bora sur l’espace aérien occidental. La firme chère à Stavros était pourtant l’unique à avoir résisté au ras de ma­rée de 2006, lequel avait consacré l’interdiction de fréquentation des espaces aériens européen et amé­ricain de tous les aéronefs immatriculés en République Démocratique du Congo.

La décision a été rappelée par l’Union Euro­péenne dans le communi­qué remis aux médias la semaine dernière. Avec  « l’élimination » de la derniè­re rescapée, l’Union Euro­péenne considère qu’aucun avion immatriculé en RDC ne répond aux normes de l’ATA (Association Interna­tionale des Transporteurs Aériens) et de l’OACI (Or­ganisation de l’Aviation Civile Internationale) en ma­tière de sécurité aérienne. Mutatis Mutandis, les USA ont eux aussi exclu les avi­ons congolais de leur espa­ce aérien.

Dans l’entendement des occidentaux, notre pays hébergerait des « fula-fula » volants d’une autre époque. Ce verdict, apparemment très sévère, semble, dans une certaine mesure, fort mérité. En effet, un désordre  organisé règne dans le secteur du transport aérien dans notre pays, où les cri­tères de création des com­pagnies aériennes, d’agré­ment des aéronefs, d’octroi des certificats de pilotage, de contrôle technique des avions sont rarement res­pectés. L’exploitation des avions repose plus sur le clientélisme que sur le res­pect des standards interna­tionaux de sécurité aérien­ne.

Compte tenu des faiblesses de notre système aéronautique, les occiden­taux sont en passe d’éloi­gner notre flotte aérienne de la concurrence. Ainsi, en plus de l’absence des avions congolais des lignes aériennes internationales, le pays s’expose à l’invasion de son réseau domestique par des compagnies aériennes in­ternationales.

Dorès et déjà, les partenariats de Hewa Bora/ Brussels Airlines et Lac/Air Zimbabwe viennent d’an­noncer les couleurs de l’en­trée des exploitants aériens étrangers dans notre réseau domestique. C’est, sans crier gare, le début d’une « colonisation » qui risque de faire des émules.

Certes, la RDC est présentée comme le royau­me des crashes. Mais les statistiques montrent que la plupart sont à mettre sur le compte des avions cargo que de ceux assurant le transport des passagers. Mais, ce qu’il y a lieu de craindre le plus, ce sont les tracasseries administratives qui entourent le secteur important des aéronefs. Les préalables à l’achat d’un avion neuf et, surtout, à sa mise en exploitation en RDC sont si nombreux et onéreux que la plupart d’investisseurs tentés de se lancer dans le transport aérien sont découragés.

 En conséquence, le pays est envahi par des aéronefs destinés à la casse, que des affairistes font venir de l’étranger à moindre frais et qu’ils injectent dans le trafic aérien au terme d’un long feuilleton de pourboires.

(Milor)

Kimp./Le Phare

Last edited: 16/04/2008 17:15:05

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