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Bonjour | 04/07/2008 17:57 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les travaux de la séance plénière de mardi à l’Assemblée nationale consacrés à la présentation par le ministre de la Justice de quatre projets de lois sur la réforme judiciaire ont été suspendus à l’annonce du crash d’avion à Goma qui a détourné le débat sur cette tragédie. Qui dirait que l’Assemble nationale n’attend que des incidents tragiques au pays pour s’assagir n’aurait pas tort, au regard des cycles de ces catastrophes on eût cru recherchés pour stimuler les représentants du peuple à s’agiter à la fois en jérémiades, diatribes et plaidoiries de la cause du même peuple. Après les plénières fort agitées consacrées au précédent crash d’avion survenu cette fois-là à Kinshasa et à la tragédie des tueries au Bas-Congo provoquée par la révolte des adeptes de la secte de Bundu dia Kongo, jamais deux sans trois, on serait porté à croire qu’il fallait un troisième cas vite arrivé d’un nouveau malheur appelé à offrir aux députés l’occasion belle de démontrer une fois de plus leur verve oratoire autour de nouveaux innocents congolais de l’incurie de la gestion des affaires publiques.

Or, déjà dans les précédents cas, la fulminante fougue des représentants du peuple ne s’est révélée qu’un feu de paille vite parti en fumée sans retombées réelles de prises des affaires en mains. Les mesures correctives des situations déplorées ne sont pas ressenties, et les tragédies sur lesquelles avait été sonné le cor ont été reléguées aux oubliettes, comme si rien ne s’était passé ! Et la vie de la Nation reprend son train-train marqué d’indolence et de totale et douce négligence de son cours. Quand surgit le cas d’un nouveau malheur attendu et redouté, les remontrades reprennent sous le vif du drame, et c’est la reprise des vaines vociférations sans lendemains. C’est devenu un style.

Kamerhe oreille collée au portable

L’impression de cet accommodement aux tragédies congolaises actuelles s’est encore manifestée mardi à l’Assemblée nationale où les députés siégeaient pourtant tranquillement en auditionnant le texte de quatre projets de loi sur la réforme judiciaire que présentait le ministre de la justice, ci-devant Me Mutombo Bakafwa Nsenda. Dès les premiers appels téléphoniques des correspondants de Goma annonçant le crash de l’avion de la compagnie Hewa Bora, quelques députés ainsi informés commencèrent à s’agiter. Leur mouvement de va et vient de la salle vers le hall à l’extérieur se remarquait petit à petit, mais l’attention de la majorité des députés n’était pos attirée pour autant. Juste constatait-on que le président de séance, le président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, oreille collée à son portable, était de plus en plus approché par des collaborateurs lui soufflant quelque chose à l’oreille ou recevant des instructions dans les mêmes apartés. Jusque-là le premier des députés laissait le ministre de la Justice poursuivre la présentation de ses quatre projets de lois sur la réforme judiciaire et personne ne pouvait deviner que tout allait basculer d’un moment à l’autre.

Le ministre Mutombo Bakafwa a ainsi pu terminer la lecture de ses textes et c’est seulement à l’issue de cette lecture que le président de l’Assemblée nationale commençant par remercier le ministre pour son exercice oratoire à la tribune de la chambre basse du Parlement, réagira face au mouvement de plus en plus agité dans la salle. M. Kamerhe ayant usé de toute la patience pour prendre toute la hauteur de la situation ne pouvait dissimuler plus longtemps une troublante information. Il annoncera officiellement du haut du prétoire le bouleversant accident du crash qui frappait à nouveau le peuple congolais, à la stupeur de l’ensemble de l’assistance à la plénière et assurément de toute la communauté nationale ainsi informée à la faveur de la retransmission en direct de la radiotélévision nationale.

Stupeur est le moindre mot pour traduire le coup de l’émotion avec laquelle l’assistance a accueilli la traumatisante nouvelle. Spontanément des députés se mirent à gesticuler pour solliciter des interventions par des motions de tout genre. Le président de l’Assemblée nationale ne cèdera pas vite à cette pression en s’avisant de livrer les informations de dernière minute dont il était saisi sur l’accident. M. Kamerhe révèlera enfin qu’il était en communication continuelle avec le Gouverneur de province du Nord-Kivu Julien Paluku ainsi que le Commandant de la Police nationale à Goma. Ces autorités de la place l’ont informé de la situation réelle autour du sinistre tel que celui-ci sera amplement décrit dans les minutes et les heures qui ont suivi.

Face à la nouvelle tragédie de portée nationale et d’amplitude si redoutée au regard du bilan des victimes, il allait de soi que l’institution parlementaire n’avait pas d’autre choix que de communier au malheur en suspendant toute autre activité, en l’occurrence le débat autour des projets de lois sur la réforme judiciaire. Il allait falloir prioriser une fois de plus la nouvelle tragédie, mais de quelle manière ? Là était la question. Comme à son habitude, M. Kamerhe donnera la parole à quelques députés visiblement impatients d’intervenir à propos de la situation. Le premier proposera la suspension unanimement acceptée de la séance en signe de sympathie avec les victimes de l’accident. Un deuxième partira en envolée de remarques pourfendant derechef ce qu’il qualifiera de passivité du gouvernement face à la répétition des accidents d’avions dans le pays et pour lesquels rien ne semble déterminer l’organe exécutif à parer au cycle des malheurs !

Le président Kamerhe percevant vite l’inclinaison de relance de violentes diatribes contre le gouvernement recommandera la considération froide des événements en délaissant la passion sous la vive saisie du drame. Une députée suggérera dans cette foulée que la plénière suspende les travaux mais que les députés, après avoir observé une minute de silence en mémoire des victimes du crash, demeurent dans la salle, décrétant ainsi un drôle de deuil.

La proposition de la minute de silence fut retenue en plus de la suspension des travaux, mais évidemment il était inconcevable de maintenir le monde à sa place sans rien faire. Le président de l’Assemblée nationale tranchera pour faire adopter les dispositions de convocation pour mercredi d’une séance spéciale consacrée au dossier de l’accident d’avion de Goma, séance assortie au préalable d’une réunion de crise regroupant les groupes parlementaires représentés par un délégué pour préparer les questions à débattre autour dudit dossier, de sorte à formuler des dispositions pratiques à prendre par le gouvernement face à la situation.

Le président de l’Assemblée nationale annoncera aussi une réunion de concertation avec le bureau du Sénat pour arrêter également des dispositions appropriées à faire prendre par toute l’institution Parlement en rassemblement de ses deux chambres. C’est sur ces entrefaites que fut levée la séance du jour laissant les députés en cogitations en petits groupes échangeant par-ci-par-là déjà dans la salle de leurs plénières. Assurément ces groupes évoquaient la tragédie qui frappait encore le pays apparemment poursuivi d’un signe indien face auquel les tenants du pouvoir dans leurs différentes institutions se retrouvent désarçonnés. Comme il est constaté, le branle-bas ne concerne pas seulement l’Assemblée nationale mais les autres institutions tout aussi en sursaut d’interventions de secours aux sinistrés du crash d’avion à Goma.

Crainte de nouvelles flèches fatales pour Gizenga !

Entre-temps, avant même les réunions et de la cellule de crise et de la bipartie Sénat-Assemblée nationale, les députés des deux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu rejoints par d’autres leaders de la région tels le président de la Cei et son adjoint, en l’occurrence l’Abbé Malu Malu et M. Bashengezi, se sentant à nouveau particulièrement concernés par la tragédie, convinrent on eût dit spontanément de se retrouver autour d’une table pour débattre à leur niveau des dispositions qu’il leur fallait prendre pour faire face au drame. Cette réunion des responsables ressortissants du Kivu sera présidée par M. Kamerhe dans la salle de réunion de son cabinet.

Il n’est dès lors pas surprenant qu’un chapelet de suggestions aient été préparées dans toutes les réunions qui ont dû être organisées à Kinshasa les heures qui ont suivi le crash dans le cadre de la formulation des recommandations à l’intention du gouvernement. Ce dernier devait s’attendre à ce nouvel arrêt de projecteur sur lui et, pour l’heure Dieu seul sait dans quels sens allaient encore être soulevés les boucliers pour une fois de plus lui tirer les oreilles. Mais est-ce, cette fois encore, la même sirène qui va chanter ?

Les chiens vont-ils seulement aboyer en laissant la caravane passer ? Alors que même sans le nouveau dossier du crash d’avion de Goma, de plus en plus de flèches étaient en train d’être acérées par d’indécrottables députés déterminés à faire culbuter le gouvernement. L’occasion ne paraît pas moins belle pour cette fois asséner le coup fatal à la proie exécutif tant recherchée par les jurés déçus de Gizenga qui va encore être accusé de fieffé inactif. On est bien reparti avec le crash de Goma pour un « repetitur » assaut assurément plus musclé et résolu cette fois contre le vieux locataire de la primature !

Daniel Nzuzi/MMC

Last edited: 16/04/2008 17:08:23

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