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Point chaud : Des sapeurs-pompiers !

Kinshasa, 15/04/2008 / Politique
La situation post-électorale au Zimbabwe a nécessité un sommet des Chefs d’Etat de la Sadc. Ce sommet extraordinaire avait pour cadre la capi­tale zambienne. Les chefs d’Etat ont fait une vérita­ble course contre la montre. But à atteindre, éviter que l’attente des résultats des élections conduise à des troubles. En clair, ils ont joué au sapeur-pom­pier. Qui? Le Zambien Levy Patrick Mwanawassa, l’An­golais José Eduardo dos Santos, le Botswanais Seretse Khama Lan Khama, le Congolais Joseph Kabila Kabange, le Namibien Hifikepunye Pohamba, le Sud africain Thabo Mbeki et le Malawite Bingu wa Muthanika. A leurs côtés, Lesao Lehoiha, James B. David, Charles S. Magongo, Self A. Iddi, Emmerson D. Mnangangwa, Dennis Andriamandroso.

Ils ont Joué aux sapeurs-pompiers parce qu’ils avaient laissé la Grande-Bretagne. Pendant que Londres les amenait à se faire mau­vaise conscience, en les condamnant de ne pas condamner Mugabe, ils l’ont laissé créer les conditions de ce qu’on déplore aujourd’hui. La fraction du Zimbabwe. A quoi avaient servi les 6 millions de dol­lars Us d’aide de Londres à ce qu’il avait appelé « Forces de change­ment » ? Les chefs d’Etat de la Sadc devraient s’offusquer de cette ingérence malfaisante.

S’il est permis qu’un pays apporte son aide à qui il veut, il n’est pas acceptable qu’un pays organise dans un Etat souve­rain, une campagne pour but de changer des institutions en place. Il est vrai que l’incendie n’est pas encore là. Mais le feu qui couve est aussi dangereux et difficile d’étein­dre.

Le feu au Zimbabwe commen­çait à couver avec les déclarations de l’opposition sur le bourrage des urnes et sur la tricherie. Mais, en dépit de ces déclarations, c’est cette opposition qui montera au créneau pour annoncer sa victoire. Le pouvoir lui, a attendu la publication des premières tendances pour par­ler des indices de fraude et exiger un redécompte des voix dans cer­taines circonscriptions. C’est la meilleure preuve que le gouverne­ment avait laissé la commission élec­torale faire son travail. Si tel n’était pas le cas, il n’aurait pas été surpris par les résultats.

C’est aussi la preuve que ce gouvernement que l’on accusait de fraude n’avait pas l’intention de tricher. Si le décompte confirme les résultats, ce qui nous étonnerait, ceux qui avaient accusé le pouvoir de fraude devront s’amender. Car, on ne peut pas se faire donneur de leçons en démo­cratie et manquer la moindre hon­nêteté intellectuelle de reconnaître ses erreurs.

Dans le cas où le dé­compte démontrerait qu’il y avait fraude en faveur de l’opposition, on devra se poser des questions sur la qualité d’alternative crédible recon­nue à cette opposition. Le fait que l’opposition ait parlé de fraude pour reconnaître après que les élections s’étaient déroulées dans la transparence, parce qu’elle est don­née gagnante, il y a un vrai pro­blème de morale politique.

On ne sait pas si les chefs d’Etat, dans leur réflexion, avaient pris en compte cette immoralité politique. Tant que l’on aura comme opposants, des gens qui, pour le pouvoir, sont capables de tout, estiment que le pouvoir est diabolique sans eux, on ne normalisera jamais la vie politique en Afrique. Les solutions équitables que préconisent les chef- d’Etat  ne seront que des palliatifs.

L’Avenir

Last edited: 15/04/2008 18:44:05

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