C’est au cours de la plénière de ce mardi dans l’avant-midi que les députés débu­teront l’examen de quatre projets de lois appelés à impulser la réforme du sys­tème judiciaire dans notre pays. Ces textes ont été dé­posés, il y a une semaine par le ministre de la Justice et Droits Humains, Me Mutom­bo Bakafwa, au bureau de l’Assemblée nationale.

Ils portent respectivement sur l’organisation et le fonctionnement de la Cour Constitutionnelle, de la Cour de Cassation, du Code de l’organisation, du fonctionnement et des compétences des juridictions de l’ordre judiciaire ainsi que la loi relative à l’organisa­tion, au fonctionnement, à la compétence et à la pro­cédure des juridictions de l’ordre administratif.

La représentation nationale examinera égale­ment le projet de loi portant amnistie pour faits de guerre et insurrectionnels commis dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Tous ces textes de lois seront pré­sentés, dans un condensé, par le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Sym­phorien Mutombo Bakafua ­Nsenda.

Trois ordres de juridiction

Se référant à la Constitution du 18 février 2006, le gouvernement rap­pelle que dans cette loi fon­damentale, il est prévu la création de trois ordres de juridiction, à savoir les juri­dictions de l’ordre judiciaire, de l’ordre administratif et la Cour Constitutionnelle. Les juridictions de l’ordre administratif et la Cour Consti­tutionnelle ainsi que celles, militaires, seront régies par des lois organiques.

La loi organique portant Code de l’organisation, du fonctionnement et des compétences des juridictions de l’ordre judiciaire proprement dit concerne les tribunaux de paix et de grande instan­ce, les cours d’appel ainsi que les parquets. Toutes ces juridictions seront pla­cées sous le contrôle de la Cour de Cassation, confor­mément à l’article 153 de la Constitution.

Quant à son conte­nu, ce projet de loi comporte 4 chapitres et 187 articles.

Pour ce qui est du projet de loi portant organisation, fonctionnement et procédu­re des juridictions de l’ordre administratif, le gouverne­ment a fait savoir qu’il s’est inspiré du modèle français, dans ce sens qu’il permet d’approcher la justice admi­nistrative des justiciables. C’est, indique-t-on, pour ten­ter de résoudre le problème de l’immensité de l’étendue du territoire national.

Les juridictions qui font partie de cet ordre ad­ministratif sont les tribunaux administratifs, les cours ad­ministratives d’appel et le Conseil d’Etat.

Parmi les grandes options de cette loi, il y a entre autres : l’introduction de la procédure de filtrage, qui consiste à éliminer dès le début de l’introduction du dossier, les recours jugés manifestement irrecevables ou infondés, c’est-à-dire qui ne relèvent pas de façon évidente de la compétence des juridictions administratives.

On a pris aussi comme options, l’introduc­tion de la procédure de ré­férer, en cas d’urgence, pour prendre des mesures utiles d’expertise ou d’instruction; l’institution de la médiation ou conciliation autorisant toute juridiction administra­tive, dans le sens de la tra­dition africaine, de tenter de trouver un arrangement à l’amiable entre parties avant de statuer sur le fonds du litige dont elle est saisie etc.

Avec 3 chapitres, le projet de loi portant organisation, fonctionnement, compétence et procédure des juridictions de l’ordre administratif contient 505 articles.

Affrontements inévitables !

De l’avis des ana­lystes, le débat sur ces lois risque d’être vraiment hou­leux, s’il faut s’en tenir à ce qui se raconte dans les milieux politiques. De chau­des joutes oratoires entre camps antagonistes se pro­filent à l’horizon. Ce qui expliquerait l’absence, durant deux semaines, de plénière, soulignent des sources qui pensent que la trêve a été mise à profit par le bureau de l’Assemblée nationale pour favoriser des concilia­bules susceptibles de favo­riser l’émergence rapide des points de vue convergents.

(Ern.)

Dom/Le Phare