Aggravation du malaise social particulièrement dans l’enseignement supérieur avec la persistance de la grève des professeurs notamment à l’Université de Kinshasa, situation critique redoutée à cause de la menace de l’année blanche qu’elle fait planer dans cet institut.

Lentement mais sûrement, on s’achemine vers une année blanche dans les universités concernées, ce qui créerait une distorsion dans l’harmonisation du calendrier académique sur toute l’étendue du territoire national. A qui va profiter finalement cette situation lorsqu’on sait que les professeurs grévistes, pour la plupart, ont leurs enfants à l’université dont certains sont en fin de cycle. A qui va profiter une telle situation ? Surtout pas aux parents qui ont investi tout leur capital financier dans l’instruction de leurs enfants espérant y récolter les dividendes demain. Mais à en croire certaines sources académiques, il est possible de récupérer le temps perdu le calendrier étant toujours en cours si et seulement si le gouvernement réagissait promptement aux desiderata des professeurs.
La crise dans le secteur de l’enseignement est à insérer dans un contexte général d’un malaise social qui ne fait que se corser davantage. Un peu partout, les différents corps des métiers oeuvrant dans le secteur public ne cessent de se plaindre de leurs conditions, avec à la clé, une augmentation de salaire réclamée à cors et à cris. C’est le cas de la fonction publique où la paie des agents de l’Etat s’effectue dans une cacophonie indescriptible mettant l’intersyndicale devant le fait accompli au mépris des accords passés quant à l’utilisation des fonds provenant des reliquats des fictifs. On parle de ce côté là, d’une grève imminente afin de protester contre la façon dont le gouvernement serait en train de gérer la paie. Autre tableau : les médecins du secteur public de la province du Nord Kivu sont entrés en grève pour réclamer leur prime de risque impayée, il y a deux mois de cela.
On peut bien étendre ces types des mécontentements à d’autres secteurs de la vie publique comme pour stigmatiser le malaise social de plus en plus perceptible et exacerbé du fait du récent renchérissement du prix d’essence à la pompe avec son corollaire qu’est la flambée des prix des biens de consommation courante. D’où, le gouvernement Gizenga est contraint de jouer la carte du concret pour réduire, tant soit peu, la misère de la population en prenant les mesures qui s’imposent. Un malaise qui se corse davantage au regard: des disparités sociales mieux symbolisées par l’opulence affichée d’une classe politique éprise du lucre dénigrant la misère criante d’une population en lutte constante pour sa survie.
La persistance de ces inégalités sociales découlant d’une mauvaise répartition du revenu national confisque par une clique des privilégiés soignés aux petits oignons, n’est pas de nature à mettre le gouvernement à l’abri de la critique.
D’où l’urgence de colmater les foyers de tension susceptibles de dégénérer a l’image d’un secteur aussi névralgique que l’enseignement supérieur et recherche scientifique. Comme quoi, la balle se trouve dans le camp du gouvernement...
(Ern.)AD/Uhuru
Last edited: 14/04/2008 17:07:54