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Des « Ninjas » du pasteur « Ntoumi » se manifestent fréquemment dans la province du Bas-Congo où ils commettent des exactions contre les populations sans défense. Après la signature des accords de paix entre leur chef et le pouvoir de Brazzaville, les milices du Pasteur Ntoumi démobilisées se sentent abandonnées. Pour vivre, certaines parmi elles passent la frontière pour aller se ravitailler et semer la loi à Luozi, territoire du Bas-­Congo en Rd Congo, en face de la région du Pool, leur fief... Les milices fidèles au Pasteur Ntoumi du Congo-Brazzaville, les Ninjas ou Nsiloulou, font de plus en plus leur apparition dans la province du Bas-­Congo, en Rd Congo. Ils arrivent régulièrement dans le secteur de Balari, dans le territoire de Luozi, qui partage une large frontière avec la région du Pool, leur bastion au Congo-Brazzaville. Souvent amaigris, barbus, yeux rougis et tenues militaires en haillons couleur verte sales, casquettes noires couvertes des feuilles d’arbres sur la tête, ils disent n’avoir plus envie de reprendre la guerre dans leur pays.

« Nous sommes pour la sauve garde des acquis du rapprochement opéré entre notre leader et le pouvoir de Brazzaville. Nous avons opté pour la paix, mais l’Etat congolais (Congo Brazzaville) ne s’occupe pas de nous, se plaignent-ils, sous couvert de l’anonymat.

C’est le samedi, jour de marché à Balari, qu’ils traversent le plus souvent la frontière entre les deux Congo. L’air visiblement affamés, bien que non armée  leur simple présence suffit à  semer la panique chez les villageois qui sont prêts à tout donner.  « Je ne les ai jamais vus rentrer bredouilles, ils emportent généralement des biens volés..., raconte C.M., un habitant du village Musanda, à 320 km de la ville de Matadi, le chef-lieu du Bas­-Congo. Selon les témoignages de nombreux villageois, ils emportent chez eux radios, télévisions, matelas, ustensiles de cuisine...

Ils font la loi

Ces exactions s’intensifient dans d’autres localités du Bas­Congo comme Kinkenge, Mongo-Luala et De la Kenge, où les populations sont, sans défense. Dès que les Ninjas surgissent dans leurs villages, les paysans disparaissent dans la nature. « A Balari, il n’existe aucun dispositif militaire ni policier pour les neutraliser. Pour une population de 10 mille âmes, il n y a qu’un policier qui se fait assister de trois civils...

S’offusque Zulu Bundu, un notable du secteur. Un autre villageois, Omer Lusikila, s’étonne qu’à travers toute cette circonscription, il n’existe aucune juridiction civile pour arbitrer les conflits entre paysans et Ninjas,  «  qui font tout ce que bon leur semble ». Administrateur adjoint du territoire de Luozi, Kenga Mbekele affirme avoir de la peine à voir ces miliciens  maltraiter ainsi et en toute quiétude ses administrés. Il dit avoir informé à maintes reprises ses chefs hiérarchiques pour qu’ils renfoncent la sécurité des populations dans cette partie de la province du Bas-Congo, mais en vain. Jusqu’à ce jour, mes informations n’ont jamais été    prises    en considération... », regrette-il. Ce qui exacerbe la colère des paysans locaux, qui sont des centaines à voir la ville voisine de Mindouli au Congo­Brazzaville ou Pointe-Noire où ils ont souvent de la famille et ou les Ninjas n’opèrent plus.

Appel à la Monuc

C’est après la fin de la guerre civile en République du Congo, en 2002, que les villages du Bas-Congo ont commencé à voir arriver des miliciens de Ntoumi. Après une série d’accords de paix avec le pouvoir de Brazzaville, dont la dernière date de 2006, Ntoumi avait été nommé en 2007 délégué général chargé de la promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre » auprès du président de la République du Congo. Mais pour des raisons diverses notamment de   sa sécurité, il avait dû renoncer, en septembre 2007, à s’installer dans la capitale pour prendre ses fonctions.

Depuis, certains de ses hommes appelés pourtant à être démobilisés et réinsérés dans la vie civile ou à intégrer les rangs de l’armée et la Fonction publique, se « ravitaillent » de l’autre côté de la frontière (RDC). Pour les populations du territoire de Luozi aujourd’hui victimes de leurs exactions, il n’y a qu’une solution. Il faut qu’on débarrasse notre contrée de la menace des Ninjas qui y sèment l’insécurité », réclament les villageois. Ces derniers souhaitent l’envoi sur place des Casques bleus de la Monuc (Mission des Nations unies au Congo) présents au Bas-Congo, pour assurer leur sécurité.

Dieudonné Mwaka Dimbi/Le Palmarès

Last edited: 14/04/2008 17:01:52

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