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Répondre aux objectifs de développement prioritaires de l’Afrique en ce qui concerne l’alimentation, les minerais et les mécanismes novateurs de financement : les principaux aspects ciblés par des mesures proposées par le Président de la Banque mondiale. Le Président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, a fait la proposition d’un train de mesures destinées à aider les pays africains à s’attaquer à la montée des prix des denrées alimentaires et des produits de base, à mettre en place de nouveaux moyens d’administrer les ressources procurées par le niveau élevé des prix de l'énergie et des minerais d'une manière qui profite davantage au plus grand nombre, et à générer les liquidités à long terme en mettant à contribution les fonds souverains.

Le discours intitulé « De la conduite des affaires économiques en des temps difficiles » a été prononcé par M. Zoellick au Center for Global Development, un groupe de réflexion indépendant basé à Washington, avant les Réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international prévues la semaine prochaine.

« Il faut de toute urgence contrer les menaces immédiates pour répondre à la crise mondiale actuelle », affirme  M. Zoellick.  « Nous devons jeter les bases qui nous permettront de créer les meilleures opportunités et de susciter l’espoir pour tous à long terme ».

De manière plus précise, sa courageuse proposition en appelle à : une « Nouvelle politique alimentaire mondiale » pour aider les pays africains à relever les défis posés par l’envolée des prix des produits alimentaires, et pour respecter la promesse faite de doubler les prêts accordés au secteur agricole à l'effet d'augmenter la productivité et d'accroître la disponibilité d'aliments en Afrique subsaharienne (portant le niveau des prêts de 450 millions de dollars cette année à 800 millions de dollars l’année prochaine). S'exprimant sur l’importance de constituer des marchés alimentaires locaux et de créer une nouvelle « révolution verte » en Afrique subsaharienne, M. Zoellick a déclaré : « Selon les estimations du Groupe de la Banque mondiale, 33 pays du monde entier pourraient être confrontés à des troubles sociaux par suite de la flambée des prix des aliments et de l'énergie. Dans ces pays, où l'alimentation représente entre la moitié et les trois-quarts de la consommation, il n'y a pas de marge de survie ». Il a également tiré sur la sonnette d’alarme, indiquant qu'il fallait, aujourd’hui plus que jamais, sortir de l'impasse des négociations multilatérales de Doha pour conclure un accord commercial mondial. Il a exhorté les États-Unis, l’Union européenne, le Japon et d’autres pays développés à fournir au Programme alimentaire mondial de l’Organisation des Nations Unies les 500 millions de dollars dont il a besoin pour mener ses opérations de secours alimentaires d’urgence.

La réaffirmation et au renforcement de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ou EITI) pour aider les pays en développement à tirer parti des opportunités offertes par le niveau élevé des prix de l’énergie et des minerais, tout en veillant à ce que les profits réalisés par les pays riches en ressources soient répartis entre tous les membres de leur population. Dans sa formulation initiale, l’initiative EITI encourageait les pays riches en ressources à publier et à vérifier les paiements des sociétés et les recettes tirées du secteur lucratif du pétrole, du gaz et d’autres ressources minières. EITI, la version renforcée, élargira cette méthode d’approche afin d’y intégrer des domaines tels que l’attribution des marchés, l’amélioration de la gestion économique et l’investissement rationnel des recettes pour promouvoir le développement durable. Il est particulièrement frappant de noter que 24 des 17 pays qui exécutent actuellement des initiatives EITI sont situés en Afrique subsaharienne.

La mise au point d’une « Solution à 1 % » destinée à financer des investissements sous forme de prise de participation en Afrique, un continent qui offre des opportunités et qui pourrait devenir un nouveau pôle de croissance comme la Chine, L’Inde et d’autres pays le sont aujourd’hui.

Expliquant les possibilités énormes qu'offre cette  formule novatrice, M. Zoellick a précisé : « Les actifs détenus par des fonds souverains pèseraient à l’heure actuelle 3 000 milliards de dollars. Si le Groupe de la Banque mondiale parvient à créer des plateformes d’investissement sous forme de prise de participation et des indices de référence pour attirer ces investisseurs, l’affectation ne serait-ce que de 1 % de ces actifs permettrait de mobiliser 30 milliards de dollars pour financer la croissance, le développement et la valorisation des opportunités en Afrique ».

Dans l’optique d’appuyer l’initiative EITI, la Banque mondiale met au point un mécanisme destiné à contribuer au renforcement des capacités des gouvernements à travers un décaissement plus rapide de l’aide que ne le permettent les opérations de prêts classiques, la formulation et la diffusion de bonnes pratiques, normes et codes, et la proposition de cadres relatifs aux questions budgétaires, juridiques et de réglementation. Le processus à suivre dans ce contexte sera dirigé par un comité consultatif composé de parties prenantes.

Le Gouvernement de la Guinée envisage de démarrer une action EITI en mai 2008, en collaboration avec la Banque mondiale et d’autres partenaires de développement.

BM/MMC

Last edited: 14/04/2008 13:10:39

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