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Le gouvernement de la République démocratique du Congo doit se rendre compte que l’épisode Bundu dia Kongo n’est pas terminé. Que cherche Ne Muanda Nsemi, le chef de Bundu dia Kongo, dans sa démarche politique? La question mérite d’être posée. Après les incidents du Bas-Congo, le gouvernement a retiré l’agrément au mouvement politico-réligieux Bundu dia Kongo. A la suite d’un débat houleux suscité par la question orale, l’Assemblée nationale n’a pas hésité de recommander au BDK de régulariser sa situation en se conformant à la loi. Quelle leçon tirer de la récente conférence de presse organisée par le gourou de BDK ?    Beaucoup d’observateurs estiment que Ne Muanda Nsemi ne veut pas se soumettre à la loi. En clair, il défie l’Etat.

Tout le monde a cru que le chef de BDK sauvé de justesse d’un retrait d’immunité parlementaire pour répondre de ses actes devant la justice avait tiré les enseignements des débats et des recommandations consécutifs à la question orale. Erreur. Malgré l’interdiction de son mouvement et les recommandations de l’Assemblée nationale. Ne Muanda Nsemi lance un véritable défi à l’Etat. Il réunit la presse, affirme que le massacre contre ses adeptes se poursuit, il avance de nouveaux bilans, dénonce l’impuissance de l’Assemblée nationale face à l’entêtement du gouvernement et menace de saisir la Cour pénale internationale -CPI-.

C’est ici que la question revient: que cherche Ne Muanda Nsemi? Hypothèse : Le chef de BDK cherche de l’argent pour se doter des moyens nécessaires devant lui permettre de poursuivre sa démarche en répandant sa philosophie qui a pour objectif ultime, la conquête du pouvoir, concrètement le gouvernorat du Bas-Congo. Avec le rebondissement intervenu suite aux déclarations du chef spirituel de BDK lors de son point de presse, le gouvernement doit certainement se rendre compte que l’épisode BDK n’est pas terminé.

Que peut être alors sa réaction ? Des analystes estiment que Ne Muanda Nsemi n’est pas encore totalement sauvé car il n’a bénéficié que d’un sursis, dans lequel cas, s’il ne veut pas se conformer à la loi, le gouvernement sera obligé de s’assumer. D’aucuns qualifient le comportement de Ne Muanda Nsemi de folie. Dans ce cas, pourquoi certains hommes politiques surtout ceux originaires du Bas-Congo le suivent-ils dans ses égarements, ne cessent de se demander des observateurs. Ceux qui le suivent, assurent d’aucuns agissent pour se construire une renommée. La réalité renseigne qu’au Bas­Congo, il y a des hommes politiques de gros calibre et des Leaders de valeur, des personnalités  capables de présenter les revendications de la population sans emprunter une démarche où se mêle la violence, tout le contraire du schéma cher au BDK.

Ces leaders là, qu’ils soient de la Lukaya, des Cataractes ou du Bas-Fleuve, rapporte-t-on, n’accepteront jamais un Leader auto proclamé et Ne Muanda Nsemi les trouvera toujours sur son chemin, pensent des observateurs. S’il est vrai que presque tout le monde a condamné une répression disproportionnée de la part de la police. Il n’est pas moins vrai que l’on a omis de s’imaginer une police qui partirait dans une mission de rétablissement de l’ordre avec des moyens inférieurs ou égaux à ceux des fauteurs de trouble.

C’est ici l’occasion d’interpeller le gouvernement. L’une des missions de l’exécutif est d’assurer la sécurité de la population en tout temps et en tout lieu et ne pas attendre que la situation pourrisse pour intervenir. Une situation qui a pour risque de donner le gouvernement pour une institution qui ne prend pas soin de ses administrés en les faisant tuer à volonté.

Sauvé momentanément de la levée de l’immunité, Ne Muanda Nsemi serait en train de se croire invulnérable tout en oubliant que l’Etat demeure ce qu’il est de la même façon qu’un sursis reste un sursis. Leçon à tirer : quand l’Etat se sent défié, il n’a pas d’autres solution que de prendre ses responsabilités.

(Ern.)

Kisungu Kas/AficaNews

Last edited: 15/04/2008 18:56:38

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